Turquie : après le putsch avorté, l'état d'urgence prolongé de trois mois

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Le parlement turc a prorogé l'état d'urgence décrété en juillet dernier en Turquie à la suite du coup d'Etat avorté pour une troisième période de 90 jours à partir du 19 janvier courant.

Cette prorogation, approuvée par le parlement, est attribuée à la présence dans les institutions publiques de l'Organisation terroriste güleniste FETÖ (acronyme du mouvement de Fethullah Gülen) accusée d'avoir fomenté ce putsch pour le renversement du gouvernement en juillet dernier, a annoncé ce mardi 03 janvier, le vice-premier ministre et porte-parole du gouvernement Numan Kurtulmus.

Le pays mène « une course contre le temps » et « un délai de trois mois n'est pas suffisant pour lutter efficacement » contre l'organisation FETO, avait déclaré, en octobre dernier avant la deuxième prorogation, le président Erdogan relevant que « peut être que 12 mois ne suffiront pas non plus ».

Selon le ministère de la justice, depuis la proclamation de l'état d'urgence, le pouvoir a lancé une vaste purge dans les rangs des partisans de Fethullah Gülen et, depuis, plus de 40.000 suspects ont été placés en détention préventive pour liens présumés avec cette organisation.

Ce « grand ménage » a visé principalement les forces armées avec près de la moitié des généraux limogés, la justice, l'enseignement, les médias mais également tous les départements ministériels afin « d'épurer » l'administration des « güllenistes ».

La purge a aussi touché des maires d'une trentaine de municipalités du sud-est du pays pour liens présumés avec le PKK et FETO avec la nomination d'administrateurs à la tête de ces collectivités locales et un total de 11.285 enseignants soupçonnés de liens avec le PKK ont été suspendus à titre préventif.