Vraie fausse démission de Mezouar : Aveu d’échec ou posture politique ?

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Dimanche, les dés en sont jetés. Mezouar l’annonce : il veut partir. Aveu d’échec ou tout simplement posture politique pour désamorcer toute critique en interne ?  Les minutes d’un BP mouvementé

« Tout le monde s’attendait à une réunion portante sur l’évaluation des résultats électoraux du RNI. On tombait des nues lorsque Mezouar a d’emblée posé sur la table la question de sa démission du poste de président du parti ! » Au siège rbati du parti de la colombe, ce dimanche 9 octobre 2016, l’ambiance est lourde. Les membres du bureau politique, réunis en urgence, le voient : leur président est à bout.  « Il était déjà mal dans la nuit du vendredi à samedi au fur et à mesure que les résultats du scrutin tombaient », confie un cacique de la formation politique.

Dimanche, les dés en sont jetés. Celui qui est ministre des affaires étrangères l’annonce à ses pairs du BP : il veut partir. Aveu d’échec pour le leader d’un parti qui a perdu 10 sièges par rapport à la législature précédente ? Ou tout simplement posture politique pour désamorcer toute critique en interne ?  L’annonce de Mezouar fait en tout cas l’effet d’une douche froide. Un premier tour de table annonce la couleur. La démission du président du RNI est refusée. Et si démission il devait y avoir, elle devrait être collective et concerner également les membres du bureau politique. Mezouar insiste et évoque ses responsabilités en tant que président de la COP22, ce rendez-vous planétaire  qui se tient dans moins d’un mois à Marrakech. Il va jusqu’à proposer la constitution d’une commission tripartite qui dirigerait le parti jusqu’à l’élection d’un nouveau leader. Nouveau refus de l’instance exécutive du Rassemblement national des indépendants : Mezouar doit rester aux commandes d’autant que le congrès du RNI doit se tenir dans 2 mois à peine.  La réunion du Bureau politique est levée, Mezouar reste jusqu’à nouvel ordre aux commandes mais, comme en temps de crise, le Bureau politique est resté « ouvert ».

La vraie fausse démission de Salaheddinne Mezouar fait le buzz ce dimanche soir. Les principaux sites d’information de la place l’annoncent en début de soirée. Les radios en font leur ouverture lundi matin. Volontaire ou pas, l’exercice de communication prend. Moncef Belkhayt, l’ancien ministre RNI de la jeunesse et sports en rajoute une couche en twittant en direct de la réunion du bureau politique que « Mezouar a été, est et sera un grand président ». Sur les réseaux sociaux, les moins sceptiques saluent la démission d’un leader « qui a le courage de partir à cause du mauvais score de son parti ».  Les autres leaders, ceux dont les formations politiques ont essuyé une défaite, sont invités à en faire autant. Bref la Toile s’enflamme alors que le président du RNI est bel et bien resté à son poste de président du rassemblement national des indépendants.

Après la démission refusée de Mezouar, reste la question essentielle. Le RNI fera-t-il partie de la prochaine coalition gouvernementale que dirigera logiquement le PJD ? Pour l’heure, le parti de la colombe n’a reçu aucune offre politique. « Attendons d’abord que le chef de gouvernement soit désigné par SM le Roi ! », lance un ténor du parti fondé par l’ancien premier ministre Ahmed Osman. Selon nos informations, l’écrasante majorité des membres du bureau politique du RNI serait pour une participation au gouvernement présidée par le PJD. « L’opposition n’a jamais fait de bien à un parti comme le nôtre », conclut réaliste  ce Rniste de la première heure.

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