Le premier grand confinement des musulmans date de l'an 18 hégire

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Alors que les autorités marocaines ont pris des mesures radicales de protection de la population : fermeture des frontières, confinement, interdiction des rassemblements dont la fermeture des mosquées et ceci conformément aux conseils de la communauté scientifique et virologues du monde entier, pour contenir la propagation d'un virus mortel dont la transmission se fait par l'homme, des voix s'élèvent ne jurent que par Dieu tout puissant. 

En islam comme dans toute religion, la colère de Dieu est annoncée comme étant une punition collective, pour châtier l'humain égaré, et bien entendu seule sa miséricorde, qu'il faut implorer par des prières, est salvatrice.

Derrière le combat contre le coronavirus, la dialectique entre la raison et la foi religieuse :

Il y'a quelques jours, le salafiste Abou Naim, à la longue barbe rouge, habitué des fatwas takfiristes a franchi un pas de plus, offusqué de la fermeture des mosquées, dans une vidéo largement visionnée sur les réseaux sociaux, dans laquelle il a décrété (l’excommunication de l'Eat et de ses institutions)), depuis il est au trou.

Dans la soirée du samedi dernier, on a pu voir sur les réseaux sociaux des images de manifestations et rassemblements, qui se seraient déroulés à Fes, Tétouan et Tanger, avec des invocations à Allah et son prophète SAW, aux fins de protection contre le coronavirus. Alors que ces rassemblements sont producteurs potentiels de contamination, pour les grands et les petits, la foi en Dieu dans sa version d'extrémiste et ignare l'emporte sur le reste.

D'abord, c'est le fruit d'un système éducatif de notre société musulmane où Dieu est omniprésent. Le musulman est fataliste, tout est le fait de Dieu y compris le malheur qui peut le frapper, aucune place pour la nature, y compris les catastrophes naturelles, tremblement de terre, sécheresse et pluies diluviennes, ne sont que la punition divine et collective de nos égarements et de nos péchés.

 Le premier grand confinement des musulmans date de l'an 639/ 18 année hégire :

Au temps fort de la conquête arabo-musulmane en Syrie et en Palestine, les soldats musulmans ont dû faire face à une grande épidémie ; ((la peste d'Emaüs)) en arabe " ????? ?????" du nom de la ville Emaus en Palestine, considérée à ce moment comme le foyer de l'épidémie au proche orient.

 Les historiens évoquent 25 000 morts de soldats musulmans. Ils ont dû stopper leurs offensives contre les Bysantins. Le Calife Omar, après consultation des chefs militaires et les chefs de la tribu Quraych, s'appuyant sur l'interdiction faite par le prophète Mohamed saw, de pénétrer dans une ville infectée par une épidémie, il décida le retrait des armées musulmanes de la Syrie, ces derniers vont rester confinés dans le désert, jusqu'à la fin de l'épidémie de la peste. Cette décision de retrait et d'isolement collectif fera jurisprudence pour l'empire musulman durant ses conquêtes futures pour faire face à la peste et autres épidémies.

Nos islamistes feraient mieux de s'inspirer de la vie des compagnons du prophète et de l'histoire glorieuse des conquêtes musulmanes, au lieu de s'aveugler au point de mettre la vie des marocains en danger. Ceux qui appellent aux manifestations se mettent hors la loi, et devront assumer les conséquences de leur irresponsabilité.

Le centre hospitalier de Nice vient d'annoncer que les patients atteints du coronavirus seront soignés à la chloroquine, le Maroc a pris tout le monde de court en achetant le stock de la chloroquine auprès du laboratoire de fabrication de Sanofi à Casablanca. C'est le traitement espoir dont tout le monde parle en ce moment, y compris l'administration américaine Il nous faut saluer, les efforts des autorités marocaines qui multiplient les efforts de protection des marocains, reste à trouver des solutions d'approvisionnement et d'aide alimentaire aux couches populaires les plus déshéritées, celles, déjà confinées par la survie de l'économie informelle, qui vivent le jour le jour, et dont le confinement est synonyme de détresse humaine.

Hamid SOUSSANY   

Nice le 22 mars 2020