Les dix commandements à l’a une du coronavirus

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Dans la Thora, il ne s’agit que de dix paroles (décalogues) dites par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. L’Evangile en a fait des commandements qu’on ne peut accueillir présentement que par des « Amen » et des « Allelujah ». Jugez-en vous-même (mais sans sarcasme) selon un seul exemple, le dixième commandement : « Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, rien de ce qui lui appartient. » 

Quant aux dix commandements présentés ci-dessus, ils ne sont en aucun  cas une parodie des premiers  ni une version new look, car ils puisent leur source référencielle dans ce phénomène total (au sens de Marcel Mauss) qui a dévasté le monde entier et mis à nu les failles de ses politiques socio-économique et sanitaire ainsi que les dérives d’une globalisation dérégulée, anti-sociale et à visage inhumain. Ce phénomène est la pandémie baptisée « Le coronavirus covid 19. »

Lesdits nouveaux commandements observez-les strictement, sinon la mort humiliante vous fauchera à tout moment. A bon lecteur salut s’il apprend à vivre avec le virus qui, disent les sachants, en a encore pour longtemps, sous des formes multiples et variées: nouveaux foyers et  épicentres, rebonds  et une probable nouvelle vague, autrement dit le virus est donc  toujours ici et là en embuscade !

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Sont bannis proximité, promiscuité, salamaleks, bises, câlins, étreintes, embrassades, empoignades, bains de foule et hammams… En somme, votre chaleur méditerranéenne laissez-la tomber à l’eau profonde ou mugissante. Et donc distancez-vous, dispersez-vous.

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Taisez-vous autant que faire se peut, sinon de  vos bouches salivées jaillira le funeste virus infectant, à charge pour les infectés de le transmettre à d’autres qui, à leur tour, le relayeront en vertu d’une implacable chaîne exponentielle et mortifère. Et même vos visages, hermétiquement voilés, ne les touchez plus, comme si de vous ils ne font plus partie.

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 Votre prochain, éloignez-vous de lui autant que vous pouvez, contrairement à ce que vous ordonnent les livres saints. Car -reconnaissons-le - chacun est devenu pour l’autre à l’aune du coronavirus une bombe anti-personnelle ou à retardement.

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Dans votre confinement, avec l’ennui, la monotonie et la langueur, devenez téléphages, moulins à prières et ayez l’esprit de finesse et le caractère bien trempé dans la résilience, sinon démerdez-vous autrement. Par  exemple, le silence assourdissant autour de vous pulvérisez-le par une musique plus assourdissante, celle de la techno; ou si vous êtes un peu spirituel, cherchez la nirvana chez les hindous ou l’ataraxie chez les grecs, ou bien alors  faites dans la hadra soufi, c’est-à dire la dance extatique jusqu’à l’évanouissement pour ne  revenir à la conscience que par l’eau de rose sur vos faces aspergée et puis tomber ainsi amoureux de  Dieu l’Unique, Créateur des êtres, de la terre et des cieux.

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Si un individu vous cherche noise, ou veut-vous gifler sur l’une ou l’autre joue, barrez-vous à toute allure sans vous retourner. Et s’il s’engage vers vous dans une course poursuite, appelez au secours ou cherchez protection auprès de quelques témoins ou agents de sécurité.

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Ne faites ni l’amour illicite ni la guerre. Car des deux vous ne sortirez point sains et saufs, vu l’intensité des corps-à-corps et des collisions et frottements.

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Gare à vous ! les escapades amoureuses ne les commettez plus. Car elles sont péchées de la chair et porteuses de l’infâme virus. Donc abstinence, abstinence ! C’est le maître-mot et votre seule et unique issue. Mais en cas d’urgence libidinale, rabattez-vous sur vos femmes légales et ne les battez point sous quelque prétexte que ce soit, autrement c’est le confinement carcéral qui vous attend.

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Si par autorisation réglementaire, vous quittez votre pré carré, faites barrière sanitaire de vous-mêmes et tout autour de vous. En un mot, barrièrez-vous.

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Vous les musulmans, faites vos ablutions correctement, mais sans oublier de vous laver les mains au gel alcoolique cinq fois par jour ou plus. Nécessité oblige.

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Quant au port du si mal nommé, le masque, faites comme les musulmans qui n’ont aucune peine à s’en accommoder, puisqu’ils sont les descendants de peuples sahariens, tels les Touareghs et leurs lointains coreligionnaires les Almoravides  dont le nom premier est les  Moulathamoun, les Voilés (nous y voilà) et qui tous se protégeaient ainsi de la chaleur torride et des tempêtes de sable. Force donc est de reconnaître qu’ils ont pris sur nous, les Occidentaux, une  immense longueur d’avance, dont on peut dire qu’elle est inattrapable, même si on comptabilise, parmi nous, les porteurs de casques intégraux. 

*

Enfin, c’est à hurler de rage en demandant : c’est pour quand le vrai déconfinement et le vrai vaccin et plus encore la fin du cauchemar du si mal couronné, le coronavirus. Les séquelles à vie sont fort probables, et comment ne le seront-elles pas alors que les survivants auront beaucoup à faire pour qu’ils se libèrent de leur état d’effrayés, d’hallucinés et de crucifiés vifs ? Etat qu’ils ont vécu dans leur chair et leur être. La grande Catharsis (Kawthar dit le Coran) sera bel et bien à l’ordre des jours et de l’indispensable travail sur soi pour réémerger et renaître à la vie qui mérite d’être vécue et qui contre la pollution des cœurs et des esprits et contre la mal-vie fait sens et bon accueil aux valeurs et vertus qui, élevant vers le haut, convergent et purifient.

Brève variation sur le même thème

Sous un saule pleureur d’un feuillage exubérant, un flic, vers le coucher du soleil, prend un jeune couple en flagrant délit de flirt poussé. Il leur demande papiers d’identité qu’ils n’ont pas sur eux. Refusant  de  le  suivre au poste de police pour répondre de leur double délit et du non-respect du confinement et du port du voile, il leur dit sur un ton solennel qu’ils sont nés sous une belle étoile puisque tombés sur un flic super gentil et compréhensif, et qu’il en a marre de faire des  PV d’infraction à longueur de journée; mais il pose comme condition pour les libérer de lui raconter quelques blagues salaces, car il n’y a qu’elles qui le font rire et broyer un peu du rose. Réajustant sa distance réglementaire, il leur fait signe de commencer. Alors le jeune homme se met à l’ouvrage, mais à chaque blague son entendeur reste de marbre en s’exclamant « pas assez salace, pas assez ! » A un ultime essai, le blagueur avertit qu’il va raconter un truc qui relève plutôt de son propre vécu.

Pas plus qu’hier, cher agent, il m’est  arrivé de voir en plein sommeil mon phallus se métamorphoser en serpent à sonnette qui a rampé depuis ma chambre pour aller se lover dans le giron de la belle voisine d’en face. Soudain, je vois surgir un poids lourd en passe de traverser la rue, alors, effrayé, je tire vers moi mon reptile et me réveille en sursaut constatant que je me masturbais en vrai…

Le flic se met à pouffer de rire en vociférant à maintes reprises et levant son pouce « I like ».  Des badauds se mettent à lui emboiter la voix et le geste et ne s’engage à les disperser  qu’après avoir remercié le conteur et promis  qu’il se souviendra de lui à ses moments tristes, puis il demande à la fille pourquoi elle ne souffle mot, à quoi elle répond sèchement  qu’elle est une personne pieuse et pudique et qu’elle tolère les excès de son fiancé par amour. Elle pousse celui-ci devant elle et revendique le départ. Le flic décrète que ce ne sera possible que si le fiancé lui promet de le rencontrer au poste  Bablhad demain à onze heures du matin pour qu’il lui raconte d’autres blagues salaces en présence de quelques collègues choisis qui en ont grandement besoin. Alors le sollicité donne son accord de principe froidement et annonce que les prochaines blagues seront autour de ses deux dernières créations : orgasmer en self-service et comment faire l’amour à distance ? Le flic, très ravi et affable se met à crier son impatience à savoir comment faire l’amour à distance, puis à gorge déployée il rit et scande « la hayaa fi addine ». Enfin il les prie de partir car il a à faire. Les deux jeunes légèrement séparés remettent leur voile, prennent le chemin du retour, chacun vers sa demeure familiale. La fille s’assure que le rendez-vous pris c’est de la foutaise, chose que confirme son mec. Elle lui fait remarquer qu’elle n’est sa fiancée que lorsqu’il est coincé. Il lui promet pour la énième fois qu’il demandera sa main dès que le coronavirus sera vaincu par KO. Et c’est pour quand ? dit-elle. Donne-moi une fourchette. Il répond un peu agacé : c’est lorsque je ferai avec tout le monde le V de la victoire. Alors elle s’est mise à chantonner : ghada nasqueke al kamoun, ghadda nasqueke, et lui de faire un pasodoble qu’il a appris lors d’un séjour andalou.