Maroc : un Etat homophobe

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L’homosexualité continue à être considérée comme un crime dans de nombreux pays du monde. L’association internationale des lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et intersexués vient de publier, le mardi 16 mai, la 12ème édition de son rapport « State Sponsored Homophobia » dans lequel elle fait un état des lieux de la situation des personnes homosexuelles dans plusieurs pays

Dans un long rapport de 196 pages, l’association internationale des lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et intersexués (ILGA), une fédération regroupant 1 100 organisations de 110 pays, est revenu sur les pays qui continuent toujours à pénaliser l’homosexualité.

Si aujourd’hui 124 pays ,122 membres de l’ONU en plus de Taïwan et du Kosovo, ne sanctionnent plus les relations entre deux adultes du même sexe, 72 autres pays sur les 108 objets de ce rapport, continuent toujours de considérer l’homosexualité comme un crime. Le document fait savoir que dans 45 d’entre eux, dont 26 en Afrique, 13 en Asie, 6 en Amérique et 2 en Océanie, les femmes et les hommes sont punis pour homosexualité par la loi. Par contre dans des pays, comme le Kenya, le Ghana, la Mauritanie ou encore la Namibie, les sanctions sont encore plus sévères vis-à-vis des hommes.

Concernant le Maroc, le rapport note que l’homosexualité est toujours pénalisée. Elle est considérée comme un délit et est punissable de six mois à trois ans de prison comme le stipule l’article 489 du code pénal : « Est puni de l'emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 200 à 1.000 dirhams, à moins que le fait ne constitue une infraction plus grave, quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ».

Le rapport précise également que l’atteinte à la pudeur est répréhensible en fonction de l’article 483 du code pénale : « Quiconque, par son état de nudité volontaire ou par l'obscénité de ses gestes ou de ses actes, commet un outrage public à la pudeur est puni de l'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams. L'outrage est considéré comme public dès que le fait qui le constitue a été commis en présence d'un ou plusieurs témoins involontaires ou mineurs de dix-huit ans, ou dans un lieu accessible aux regards du public ».

Même si plusieurs ONG œuvrent depuis des années pour la dépénalisation de l’homosexualité au Maroc. La loi, elle, reste intransigeante sur ce point. Dans l’espoir de voir les choses changer, les homosexuels au Maroc continuent à vivre dans la plus grande discrétion, parfois même au péril de leurs vies.