Rabat : Appel à l'introduction de l'éducation sexuelle dans les curricula scolaires

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Rabat - Les participants à un colloque sur "l'éducation sexuelle et reproductive au continent africain" ont plaidé, mercredi à Rabat, en faveur de l'intégration de l'éducation sexuelle dans les programmes scolaires en Afrique.

Lors de cette rencontre de deux jours, organisée par l’Association marocaine de planification familiale (AMPF) et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) en collaboration avec la Faculté des sciences de l’éducation de Rabat, le intervenants ont souligné que l’implémentation de l’éducation sexuelle dans les pays d’Afrique nécessite une prise en compte des spécificités socioéconomiques, culturelles, institutionnelles ainsi que des conceptions individuelles des jeunes sur la sexualité.

La présidente de l’AMPF, Latifa Jamai, a relevé l’absence d’un corpus littéraire de référence qui rend cette intégration difficile, notant qu'il s'agit aujourd'hui de promouvoir le débat scientifique autour de cette thématique en se basant sur des normes pédagogiques, sociologiques et médicales, compte tenu surtout du droit à l’information.

Elle a dans ce contexte indiqué que le but de ce colloque est de mieux faire comprendre la situation et les dynamiques africaine, mais aussi d'offrir aux jeunes étudiants, à la société civile et à toute personne voulant faire de l’éducation sexuelle un sujet de recherche, une plateforme riche de documentation pour un éventuel débat scientifique.

"L'association est soucieuse de donner un aspect scientifique à cette question et œuvre à créer, en partenariat avec l'UNFPA, un observatoire scientifique afin d’approfondir la réflexion sur l’introduction d'une telle discipline dans les programmes d'enseignement.

De son côté, le représentant de l'UNFPA au Maroc Luis Mora a fait observer que la jeunesse devient de plus en plus vulnérable, car elle fait face à plusieurs obstacles qui la privent d’un passage sain de l’adolescence à l’âge adulte.

"Basée sur les droits humains et axée sur l'égalité des genres, l'éducation complète à la sexualité adopte une vision holistique du comportement sexuel", a expliqué le responsable onusien, ajoutant qu’en milieu scolaire ou extrascolaire, elle vise à apporter aux enfants et aux jeunes, les connaissances, compétences, attitudes et valeurs qui leur permettront d’avoir une vision positive de leur sexualité.

M. Mora a aussi indiqué que ce colloque vient stimuler les projets collaboratifs et innovants en la matière, par le débat scientifique, la réflexion structurée et le partage d’expérience et de bonnes pratiques.

Pour sa part, le doyen de la FSE Abdellatif Kidai a souligné que "la santé sexuelle et reproductive a été considérée comme l'une des questions les plus complexes, compte tenu de son importance pour la société, les familles et les couples, du fait qu’elle soit liée notamment à la santé de la mère et de l’enfant". L'éducation complète à la sexualité, dans un total respect de la religion et de la culture, pourrait selon lui aider à éliminer les obstacles qui empêchent les jeunes de jouir d'une bonne santé reproductive.

Organisé sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, ce colloque auquel ont pris part des représentants de la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF) et de l'ONU, ainsi qu'un parterre d'ambassadeurs et d'acteurs nationaux et étrangers, témoigne d'une volonté de placer les problèmes de la santé avec toutes ses composantes au rang des priorités.

Créée en 1971, l’AMPF, reconnue d’utilité publique en 1972, est un acteur d’influence en ce qui concerne les questions de santé et de droits sexuels et reproductifs applicables au contexte national. Elle fonde son travail sur une assise statutaire conforme à la législation nationale et aux procédures fixées par l’IPPF.