Sahara : L’inédit dans la position tanzanienne

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« Dans un esprit de réconciliation et de recherche d'une solution durable, la Tanzanie comprend la position établie du Maroc et accueille favorablement ses efforts sérieux et crédibles »

La Tanzanie accueille favorablement les efforts ''sérieux et crédibles'' du Maroc pour parvenir à ''une solution durable'' à la question du Sahara, indique le communiqué conjoint rendu public mardi à l'occasion de la visite officielle effectuée par le Roi Mohammed VI en République unie de Tanzanie du 23 au 25 octobre.

Certes, le président Tanzanien, John Pombe Joseph Magufuli, a repris dans ce communiqué la ritournelle consacrée par le lexique onusien en exprimant « le soutien de son pays aux efforts déployés par les Nations-unies pour parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable » à la question du Sahara.

Il y a toutefois un passage inédit dans le positionnement diplomatique de Dar Es Salam sur la question du Sahara. En précisant que "dans un esprit de réconciliation et de recherche d'une solution durable, la Tanzanie comprend la position établie du Maroc et accueille favorablement ses efforts sérieux et crédibles et est prête à contribuer à la mise en œuvre des résolutions pertinentes de l'Organisation des Nations Unies sur cette question", le chef de l’Etat tanzanien ouvre une page nouvelle dans l’appréciation du dossier que la diplomatie de son pays avait observée jusque-là. Cette position constitue, en effet, une position médiane et exprime la prédisposition de la Tanzanie à agir en vue d’une solution autre que celle prônée par Alger.

Pour bien saisir la portée de cette déclaration, il faut revenir à l’histoire de ce pays qui a campé dans le bloc socialiste tout au long du règne (1964 – 1985) de Julius Nyerere, un historique de l’indépendance du pays. De ce fait, sa position a toujours été d’un soutien inconditionnel à celle du Polisario et de l’Algérie, même après le retrait de Nyerere en 1985, l’instauration du multipartisme en 1992 et l’ouverture sur le libéralisme qui en a découlé.

C’est d’ailleurs à Julius Nyerere que l’OUA, ancêtre de l’Union Africaine, avait confié le pilotage du comité des sages pour trouver une solution au conflit du Sahara. Cette solution ne pouvait à l’époque se concevoir qu’en conformité avec les résolutions et la politique de ce qu’était alors la majorité au sein de l’organisation panafricaine à l’égard de ce dossier. Position qui avait amené Rabat à quitter l’OUA après l’admission de la RASD en 1984.

C’est à lui encore, à Freetown en septembre 1980 lors de la réunion de la commission ad hoc de l’OUA, que Hassan II avait réservé la primeur de sa décision d’accepter, au Sommet de Nairobi, l’organisation du référendum, que le défunt souverain avait qualifié par la suite de référendum confirmatif. Pour rappel, cette information avait été transmise par Maati Bouabid, alors premier ministre du Maroc.  

 

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