Israël : Eisenkot en position pour être chargé de former le prochain gouvernement, les arabes israéliens lui apportent leur soutien

Israël : Eisenkot en position pour être chargé de former le prochain gouvernement, les arabes israéliens lui apportent leur soutien

Gadi Eisenkot (à gauche), ancien chef d'état-major de Tsahal et dirigeant du parti Yashar, et Yousef Jabareen (à droite), chef de file de la Liste commune, alliance politique dirigée par des Arabes israéliens (Photo AFP)

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En Israël, les consultations pour la formation du prochain gouvernement tournent à l’avantage de Gadi Eisenkot, soutenu par les formations arabes et bénéficiant du retrait d’un appui clé à Benjamin Netanyahu. Mais derrière cette nouvelle configuration parlementaire se profilent de profondes divergences qui compliquent la constitution d’une majorité.

Gadi Eisenkot, rival de Benjamin Netanyahu, apparaît jeudi en position de force pour être chargé de former le prochain gouvernement israélien, après que le Premier ministre sortant a été privé d'un soutien ultra-orthodoxe clé.

Dans la foulée des élections législatives du 27 octobre qui se sont achevées sans majorité, le président israélien Isaac Herzog reçoit cette semaine les différentes forces politiques pour des consultations.

Le chef de l'État a jusqu'au 11 novembre pour choisir la personne qu'il estime la mieux placée pour rassembler une majorité autour de son projet, généralement celle qui a obtenu le plus grand nombre de recommandations par les différents partis.

Jeudi matin, le parti du Judaïsme unifié de la Torah (JUT), formation ultra-orthodoxe qui soutient M. Netanyahu depuis trois décennies, a refusé de le recommander auprès de M. Herzog, préférant s'abstenir.

Ce désaveu, qui s'explique par des tensions autour de la délicate question de la conscription des étudiants religieux à laquelle s'opposent farouchement les partis ultra-orthodoxes, affaiblit les chances de Benjamin Netanyahu de recevoir le mandat pour former le prochain gouvernement.

À l'opposé, M. Eisenkot, ex-chef d'état-major qui dirige un large bloc d'opposition, a reçu l'appui précieux de la liste à majorité arabe israélienne Raam.

"Nous tendons la main pour soutenir les efforts (de Gadi Eisenkot) pour former un gouvernement", et "nous ferons ce que nous pourrons pour écarter le gouvernement de Benjamin Netanyahu", a déclaré le chef de Raam, Mansour Abbas, après sa rencontre avec le président israélien.

La Liste unifiée précise qu'elle fera part "ce soir" au président Isaac Herzog "de sa décision de recommander que Gadi Eisenkot soit chargé de former le gouvernement", en "réponse à la demande populaire visant à empêcher le retour au pouvoir (du Premier ministre sortant) Netanyahu et de son gouvernement".

Difficultés à venir

Il faut au moins 61 députés pour avoir la majorité à la Knesset, le Parlement israélien. Lors du scrutin la semaine dernière, le camp de M. Netanyahu a obtenu 53 sièges, contre 48 pour le bloc de M. Eisenkot.

Avec l'abstention du JUT, le nombre de soutiens attendus pour le Premier ministre sortant tombe à 46, tandis que M. Eisenkot, qui a reçu l'appui de la liste arabe Raam, totalise au moins 56 recommandations attendues.

Seule la Liste unifiée, principale formation politique arabe forte de 11 sièges, n'a pas encore annoncé son choix. Mais elle a plusieurs fois proposé de travailler avec le bloc anti-Netanyahu.

M.Herzog a prévu d'achever ses consultations jeudi soir mais n'a pas exclu de les prolonger.

Le candidat qu'il désignera aura 28 jours pour tenter de former un gouvernement, une durée qui peut être prolongée de 14 jours. En cas d'échec, une autre personne sera désignée. Et si l'impasse se confirme, de nouvelles élections seront organisées.

Si sur le papier le camp anti-Netanyahu part favori, en réalité plusieurs de ses dirigeants s'opposent à toute alliance avec les partis arabes.

Tendre la main aux Palestiniens d'Israël, comme sont aussi désignés les Arabes israéliens représentant environ 20% de la population, vivant dans la ségrégation, risque en effet de braquer l'électorat juif.

Même s'il est désigné pour former un gouvernement, M. Eisenkot sera donc confronté à un casse-tête pour trouver une majorité sans voir son bloc d'opposition éclater en cas d'alliance formelle avec les formations arabes.

Union nationale ?

Une option serait qu'il constitue un gouvernement de minorité appuyé indirectement par les voix des formations arabes à la Knesset. Mais même cette option est rejetée par l'un des piliers du bloc d'opposition, le nationaliste Avigdor Liberman.

M.Netanyahu est conscient de ces hésitations et c'est ce qui explique ses attaques répétées contre les partis arabes, qu'il présente comme des "soutiens du terrorisme" qui voudraient "islamiser Israël".

Le chef du gouvernement sortant a par ailleurs persisté dans ses prétextes de fraude électorale massive contre ces formations, accusées d'avoir acheté des voix avec de l'argent du Qatar.

Les autorités électorales ont nié toute atteinte susceptible de modifier le résultat du scrutin et l'opposition accuse Benjamin Netanyahu de vouloir discréditer le scrutin pour s'accrocher au pouvoir.

Selon des médias, le président Herzog œuvre en coulisses à la formation d'un gouvernement d'union nationale réunissant les partis juifs sionistes, ce qui exclut les formations arabes et ultra-orthodoxes.

Plusieurs membres de l'opposition ont conditionné une telle union à un retrait de M. Netanyahu. Ce dernier se dit lui ouvert à une large coalition avec l'opposition, à condition de la diriger. (Quid avec AFP)

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