ONU : Trump renvoie la fin de guerre avec l’Iran à novembre, Guterres évoque le nettoyage ethnique en Cisjordanie

ONU : Trump renvoie la fin de guerre avec l’Iran à novembre, Guterres évoque le nettoyage ethnique en Cisjordanie

Le président américain Donald Trump s’adresse à la 81e Assemblée générale des Nations unies au siège de l’ONU à New York, le 22 septembre 2026. (Photo Angela Weiss / AFP)

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À la tribune de l’ONU, Donald Trump a réaffirmé les priorités de sa politique étrangère, mêlant menaces contre l’Iran, défense de la puissance américaine et rejet d’une régulation mondiale de l’intelligence artificielle. Dans son dernier discours d’ouverture d’une Assemblée générale en tant que secrétaire général, Antonio Guterres a, de son côté, alerté sur les conflits, les dérèglements climatiques et les risques liés à l’IA, tout en dénonçant les actions susceptibles de conduire à un « nettoyage ethnique » en Cisjordanie occupée.

Donald Trump a développé mardi à l'ONU son argumentaire habituel, et menacé d'anéantir" l'Iran si besoin, mais le président américain, a affirmé que « les États-Unis ne permettront plus à aucune menace contre l’Amérique de s’implanter où que ce soit dans l’hémisphère occidental — et si nécessaire, nous utiliserons notre puissance militaire inégalée pour garantir les intérêts nationaux vitaux des États-Unis… Nous réaffirmons la puissance américaine, y compris la puissance militaire américaine là où cela s’avère nécessaire, dans notre région et dans le monde entier afin de bâtir un avenir plus sûr pour tous. »

Enlisé dans le conflit avec Téhéran, Donald Trump a menacé l'Iran, mais ajouté: "Je crois que nous passerons un accord juste après les élections" législatives prévues aux Etats-Unis en novembre.

Evoqué dans le sillage de Hamas, Trump a a jouté que « le Guide suprême iranien a célébré ce massacre (du 7 octobre) et l'a qualifié de « service rendu à l'humanité ». Ce même régime, a-t-il poursuivi, a massacré plus de 72 000 de ses citoyens cette année ; récemment, 10 000 personnes ont été tuées pour avoir manifesté. Imaginez un instant si un régime aussi abject était un jour habilité à perpétrer des attentats terroristes de grande ampleur depuis son bouclier nucléaire. C'est la réalité à laquelle nous avons dû faire face – une réalité que beaucoup trop de gens ont préféré ignorer. »

Sur le conflit entre la Russie et l'Ukraine, le président américain a -encore une fois- assuré qu'un accord serait trouvé "plus tôt qu'on ne le pense."

"Quand d'autres parlent de paix, je fais la paix. Quand d'autres ignorent les menaces, j'y fais face. (...) Quand d'autres ont promis la force, je l'ai utilisée pour faire de l'Amérique le plus puissant pays du monde", a assuré le républicain de 80 ans.

C'est sur un ton relativement mesuré que le chantre de l'"Amérique d'abord" a affirmé les ambitions géopolitiques américaines, en menaçant d'utiliser la "puissance militaire" pour défendre les intérêts de Washington en Amérique du sud, en annonçant la construction prochaine de deux bases au Groenland, ou en prédisant que le gouvernement communiste de Cuba allait "tomber".

"Super intelligence"

Donald Trump a aussi défendu sans hésitation le développement de l’intelligence artificielle, annonçant que les documents officiels américains allaient abandonner cette terminologie au profit de "super intelligence".

Il s'est aussi opposé à tout "projet mondialisé" de régulation de cette technologie, qui inquiète beaucoup ses concitoyens.

Le président américain a repris ses critiques contre la gouvernance internationale, en appelant tous les Etats membres à se retirer de la Cour pénale internationale, et fustigeant entre autres l'Unesco.

Le champion de "l'Amérique d'abord" poursuit son programme mardi avec une cérémonie de signature officielle de l'accord sur le Groenland, épilogue d'une saga diplomatique ayant viré par moments à la crise ouverte avec les Européens face aux revendications américaines sur ce vaste territoire arctique.

Le président américain aura aussi un tête-à-tête avec la présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez, qui gouverne sous forte pression américaine depuis la capture de Nicolas Maduro par Washington en janvier.  « Nous travaillons avec les dirigeants vénézuéliens pour construire un meilleur futur pour les Vénézuéliens », a-t-il déclaré.

Trump doit aussi rencontrer dans la journée le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

A la tribune de l'ONU, la journée s'était ouverte par le dernier discours, très sombre, du secrétaire général Antonio Guterres, dont le second mandat de cinq ans arrivera à échéance en décembre.

Il a accusé les géants pétroliers d'avoir traité l'atmosphère comme "une décharge à ciel ouvert".

A la veille d'un Conseil de sécurité sur l'Intelligence artificielle, il a aussi exhorté les Etats-Unis et la Chine à "coopérer", quelques jours après avoir plaidé pour une "coordination mondiale".

"Nettoyage ethnique"

Le chef de l'ONU a aussi remis un coup de projecteur sur la situation des Palestiniens, évoquant "le spectre d'un nettoyage ethnique" en Cisjordanie occupée où les violences de colons extrémistes israéliens se sont intensifiées ces derniers mois.

Citant la guerre en Ukraine et la situation au Moyen-Orient, le Portugais de 77 ans avait récemment fait le constat amer que "chaque jour, les choses empirent un peu". "Il n'y a aucune amélioration nulle part", avait-il insisté, lâchant même qu'il n'avait "aucun pouvoir".

S'exprimant après M. Guterres, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s'est engagé à empêcher les "ennemis de la démocratie", tant étrangers que nationaux, d'influencer les prochaines élections au Brésil, alors que la tension monte avec Washington au sujet d'une ingérence présumée dans ce scrutin.

Le chef de l'Etat de gauche brigue un nouveau mandat à la présidentielle d'octobre face au candidat de droite Flavio Bolsonaro, allié de Donald Trump. Les sondages pronostiquent un second tour serré entre les deux.

Emmanuel Macron, qui prendra la parole pour la dernière fois en tant que président, aura lui forcément à cœur de défendre l'engagement de la France en faveur du multilatéralisme.

"Le temps n'est pas venu du bilan, ni en matière nationale, ni en matière internationale", a prévenu la présidence française. (Quid avec AFP)