Intérieur : 58,7 milliards de dirhams pour accélérer le développement territorial en 2027

Intérieur : 58,7 milliards de dirhams pour accélérer le développement territorial en 2027

Abdelouafi Laftite lors de la présentation devant la Commission de l'intérieur examine le projet de budget du ministère de l'Intérieur (Photo MAP)

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Présenté jeudi 5 novembre à la Chambre des représentants par Abdelouafi Laftit, le projet de budget 2027 du ministère de l’Intérieur prévoit une enveloppe de 58,7 milliards de dirhams. Il vise, selon le ministre, à accélérer le développement humain et territorial, renforcer la régionalisation et poursuivre la modernisation administrative.  Dans cet article, les principaux segments du bidget.

Devant la Commission de l’Intérieur, des collectivités territoriales, de l’habitat, de la politique de la ville et des affaires administratives, le ministre a inscrit ce projet dans les orientations du programme gouvernemental et les Hautes Orientations Royales. Celles-ci portent notamment sur le renforcement de la souveraineté stratégique dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de l’alimentation et du numérique.

Le budget doit également accompagner la nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré, tout en poursuivant les réformes institutionnelles et les projets de modernisation engagés ces dernières années.

Des compétences clarifiées et davantage de moyens pour les régions

La régionalisation avancée et la déconcentration administrative figurent parmi les priorités présentées par Abdelouafi Laftit. Le ministère poursuit la mise en place des mesures juridiques et institutionnelles nécessaires, l’appui financier et technique aux instances territoriales ainsi que l’amélioration de leurs méthodes de gestion et de gouvernance.

La généralisation des mécanismes de déconcentration doit permettre de poursuivre le transfert progressif des compétences et du pouvoir de décision vers les territoires.

Pour accompagner les programmes de développement territorial intégré, la loi organique relative aux régions a été modifiée afin de clarifier et de redistribuer leurs compétences propres et partagées. Cette réforme réaffirme le rôle de la région comme principal moteur du développement économique.

Elle renforce aussi ses capacités financières : le plafond annuel des transferts de l’État vers les budgets régionaux passera de 10 à 12 milliards de dirhams à partir de 2027.

L’INDH mobilisée contre les déficits et la précarité

Le ministre a dressé un bilan qu’il juge positif des quatre programmes de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) à fin juin 2026.

Dans le cadre du programme de rattrapage des déficits en infrastructures et services de base, environ 698 millions de dirhams ont été programmés pour les structures sociales de base dans les territoires les moins équipés. »

L’accompagnement des personnes en situation de précarité a mobilisé une enveloppe de 500 millions de dirhams. Les catégories concernées comprennent notamment les enfants abandonnés, les enfants de la rue, les jeunes sans-abri, les personnes en situation de handicap, les femmes en situation de précarité et les personnes âgées sans ressources.

En matière d’insertion, 3.295 jeunes, filles et garçons, ont bénéficié de formations, tandis que 828 autres ont été accompagnés dans le cadre de programmes d’insertion professionnelle.

Terres collectives et services administratifs : deux chantiers de modernisation

La valorisation des terres collectives constitue un autre levier du développement économique et social. Le ministère a actualisé sa stratégie pour la période 2026-2030 afin de soutenir les projets générateurs de revenus, favoriser l’emploi et renforcer les capacités, en accordant une attention particulière aux jeunes et aux femmes.

Dans ce cadre, 340 projets et activités génératrices de revenus ont été programmés en 2026 au profit de 26.500 membres des communautés soulaliyates.

Parallèlement, le ministère poursuit la dématérialisation des procédures et formalités administratives au sein des collectivités territoriales. L’objectif est de moderniser la gestion, de renforcer la gouvernance et de faciliter l’accès des citoyens et des entreprises aux services administratifs, tout en réduisant les délais de traitement.

Sécurité : maintenir la vigilance et renforcer la proximité

Abdelouafi Laftit a également rappelé que la préservation de la sécurité et de la stabilité du Royaume, ainsi que la protection des citoyens et de leurs biens, constituent une responsabilité fondamentale du ministère, exercée conformément aux Hautes Orientations Royales.

Il a souligné que « la stabilité, la quiétude ainsi que le plein exercice des droits politiques, économiques et sociaux dont jouit le Royaume sont le fruit d'un travail soutenu, d'une vigilance constante et d'une mobilisation continue sur le terrain ».

Cet acquis doit être consolidé en permanence et relève d’une responsabilité collective, a-t-il insisté, précisant que « cette stabilité, aussi solides que soient ses fondements, ne signifie nullement la disparition des menaces ».

Le ministre a notamment averti que « la menace terroriste demeure persistante et requiert le maintien du plus haut niveau de vigilance, dans la mesure où l'absence d'actes terroristes ne saurait être synonyme d'absence de desseins visant à attenter à la sécurité du Maroc ».

L’action des services du ministère repose donc sur l’anticipation des risques, avant qu’ils ne se traduisent par des actes menaçant les personnes ou les installations. Cette démarche s’exerce dans le strict respect de la loi et sous la supervision des autorités judiciaires compétentes.

Le sentiment de sécurité demeure également au centre de cette action. Il passe par la maîtrise des phénomènes criminels, l’efficacité des interventions, la proximité avec les citoyens et le traitement rapide de leurs plaintes et préoccupations.