Futsal : Quatre éditions, quatre titres, le Maroc a prolongé son règne continental en 2026

Futsal : Quatre éditions, quatre titres, le Maroc a prolongé son règne continental en 2026

Vainqueurs de l’Angola (5-2), mercredi 21 octobre à Rabat

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Vainqueurs de l’Angola (5-2), mercredi 21 octobre à Rabat, les Lions de l’Atlas ont remporté leur quatrième Coupe d’Afrique des nations consécutive. Ce sacre récompense la continuité du travail mené par Hicham Dguig et un collectif dont Soufiane El Mesrar et Youssef Jouad incarnent deux générations complémentaires.

Une finale à maîtriser

Quatre éditions, quatre titres. Après 2016, 2020 et 2024, le Maroc a prolongé son règne continental en 2026. Face à l’Angola, la sélection nationale a confirmé son statut, tout en mesurant les exigences d’une domination que ses adversaires cherchent désormais à contester avec une connaissance précise de son jeu.

La finale n’a pourtant pas été une simple formalité. Hicham Dguig a relevé un excès d’enthousiasme durant la première période, avant que ses joueurs ne retrouvent la maîtrise nécessaire pour faire la différence. « L’équipe a, toutefois, retrouvé son équilibre en seconde période, faisant preuve d’une grande efficacité offensive qui lui a permis de sceller sa victoire », a déclaré le sélectionneur après la rencontre.

Le technicien a salué la qualité de l’opposition angolaise, portée par des joueurs talentueux, techniquement solides et évoluant dans le championnat portugais. Sans pression particulière, l’Angola a présenté une résistance digne de cette finale. Pour Dguig, les deux seuls buts encaissés par le Maroc pendant toute la compétition constituent néanmoins un bilan positif au regard des adversaires rencontrés.

Dguig, la continuité et le mouvement

Derrière cette quatrième couronne se dessine une méthode patiemment installée. Discipline tactique, maîtrise technique, intensité et solidarité composent l’identité d’une sélection qui a appris à gagner, puis à défendre son rang. Mais durer oblige aussi à évoluer : les succès accumulés exposent davantage le jeu marocain au regard de ses concurrents.

« les adversaires connaissent désormais parfaitement notre approche tactique, ce qui nous oblige constamment à renouveler notre style de jeu », a souligné Hicham Dguig. Le constat résume le défi du sélectionneur : préserver les fondations du collectif tout en trouvant les ajustements capables de surprendre des équipes mieux préparées.

Son travail dépasse ainsi l’organisation des rencontres. La confiance, la gestion des grands rendez-vous et l’exigence quotidienne accompagnent la préparation tactique. Cette construction mobilise les joueurs, l’encadrement et la Fédération royale marocaine de football.

Dguig insiste sur la patience et la constance nécessaires pour rester au sommet. À ses yeux, la suprématie africaine demeure essentielle pour briller au niveau international. La couronne continentale s’inscrit donc dans une progression dont les ambitions dépassent désormais l’Afrique.

El Mesrar, un capitaine dans la durée

Cette trajectoire collective se lit dans celle de Soufiane El Mesrar. Né le 5 juin 1990 à Kénitra, le capitaine marocain a d’abord pratiqué le football, notamment au Kénitra Athletic Club, avant de rejoindre le Dynamo de Kénitra en 2010. Il y travaille avec Hicham Dguig, puis intègre la sélection nationale dès l’année suivante.

De sa première Coupe du monde, en Thaïlande en 2012, aux quatre sacres africains, le numéro 10 a accompagné la transformation des Lions de l’Atlas. En 2021, son triplé contre le Venezuela en huitièmes de finale contribue à envoyer le Maroc en quarts du Mondial, où son parcours s’arrête face au Brésil.

Gaucher polyvalent, El Mesrar pèse autant par sa lecture du jeu et ses combinaisons que par sa finition. Son expérience apporte aussi du calme au groupe et des repères aux plus jeunes.

Sa carrière française a enrichi ce parcours : Montpellier Méditerranée Futsal en 2018, puis l’ACCS Asnières Villeneuve 92, avec lequel il devient champion de France en 2021. À l’Étoile lavalloise, il contribue au doublé championnat-Coupe de France en 2023 et reçoit les distinctions de meilleur buteur et de meilleur joueur de première division.

Jouad, l’élan d’une autre génération

À 26 ans, Youssef Jouad illustre une autre force du collectif : sa capacité à faire grandir des talents capables d’assumer les grands rendez-vous. Désigné meilleur joueur de cette CAN et buteur en finale, l’ailier combine vivacité, technique et efficacité, avec une participation active aux tâches défensives.

Formé au Sporting Casablanca, il rejoint le Feth Settat en 2019, remportant la Coupe du Trône cette année-là et le championnat en 2020. Au Chabab Mohammédia, où il évolue avec son frère Mohamed, également international, il participe ensuite à trois titres de champion et à une Coupe du Trône entre 2021 et 2023. Il est également élu meilleur joueur du championnat marocain lors des saisons 2021-2022 et 2022-2023, confirmant sa place dans le futsal national.

International depuis 2020, Jouad se révèle au Mondial 2021 en Lituanie. À 21 ans, il inscrit le premier but marocain lors du succès contre les Îles Salomon (6-0). Suivent trois Coupes arabes, de 2021 à 2023, la Coupe des confédérations 2022 et la CAN 2024.

Passé au GOAL FC en 2024, il contribue, malgré une blessure initiale, au parcours jusqu’à la finale du championnat français en juin 2025, avant de revenir au Maroc. Son triplé contre l’Algérie (4-0), en ouverture de cette CAN, lui vaut le titre d’homme du match.

Des récompenses et un horizon mondial

Les distinctions ont prolongé la célébration marocaine à Rabat. Outre le trophée de Jouad, Youssef Bensalam a reçu celui du meilleur gardien, récompensant ses interventions décisives. La sélection a également obtenu le prix du fair-play. L’Angolais João Campangula a, lui, terminé meilleur buteur du tournoi.

Sixième au classement mondial de la FIFA, le Maroc possède désormais des références qui dépassent ses titres africains. Ses quarts de finale aux Coupes du monde 2021 et 2024 témoignent de sa capacité à se confronter aux grandes nations. L’élimination contre le Brésil en 2024 a laissé une déception profonde chez El Mesrar, sans effacer cette progression.

La suite engage la formation, le renouvellement des talents et la préparation internationale. Entre l’expérience du capitaine, l’affirmation de Jouad et la continuité portée par Dguig, les Lions disposent d’appuis solides. Leur quatrième couronne élève encore les attentes : conserver leur emprise africaine tout en préparant le prochain cap mondial.