Faux arguments

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Les d?bats techniques cachent le mal, le d?ficit politique. La clart? n?est pas de mise et les alliances sont toujours incompr?hensibles du point de vue de l??lecteur

Depuis 1992 et ? chaque veille de scrutin, se pose la question des listes ?lectorales. Les contestataires en font une condition sine-qua non de la sinc?rit? des ?lections. Ces listes ont ?t??nettoy?es lors des derni?res l?gislatives. Le r?sultat c?est qu?on a perdu des centaines de milliers d??lecteurs inscrits alors m?me qu?une campagne d?incitation avait eu lieu et que des citoyens y ont r?pondu en se d?pla?ant. On estime ? cinq millions les marocains en ?ge de voter qui n?ont pas fait la d?marche de s?inscrire.

Une proposition est dans l?air depuis l?introduction de la carte nationale biom?trique. L?id?e c?est d?en faire la base des listes ?lectorales. Non dit le Minist?re de l?Int?rieur, parce que des mineurs ont leur CIN, des juges, des agents d?autorit? arm?s en disposent, ainsi que ceux qui sont priv?s de leurs droits civiques par une d?cision de justice. L?argument appara?t s?rieux, mais il est totalement fallacieux. La liste des priv?s de droits civiques existe chez le Minist?re de la Justice, les professions concern?es sont toutes fich?es ? la fonction publique et l??ge est inscrit dans la carte nationale. Tous les programmeurs informaticiens de la DGSN sont capables de r?gler rapidement la question.

En fait, les autorit?s n?ont pas envie de se retrouver avec un nombre d?inscrits qui diminuerait automatiquement le taux de participation et pourrait r?duire encore plus, la repr?sentativit? des instances ?lues. A la limite c?est un souci que l?on peut entendre, mais encore faut-il qu?il soit clairement exprim?. On peut le justifier par le fait que l?inscription sur les listes ?lectorales est un acte citoyen qui ne peut-?tre que volontaire, parce qu?il exprime en soi une position politique et que l?inscription forc?e est une atteinte aux droits de ces citoyens. On aurait alors un vrai d?bat sur la libert? d?expression de choix politiques, plut?t qu?une discussion technique avec de faux arguments.

L?autre histoire c?est celle du seuil. Les 3% n?ont qu?un seul impact, c?est priver les listes arriv?es en t?te d?une prime. En clair, cela va enlever quelques si?ges au PJD, par rapport aux 6% et beaucoup plus que si ont avait adopt? les 10%. L? aussi l?argument des petits partis n?est utilis? que pour amuser la galerie. Sur les 30 partis pr?sents en 2011, dix-huit ont eu des ?lus, mais seuls huit ont eu assez de si?ges pour constituer un groupe. Les autres ont eu entre 1 et 3 si?ges gr?ce ? des individus qui ont chang? de couleur entre temps. La majorit? des partis varient sur la question entre deux scrutins. L?USFP r?clamait 10% pour ??rationaliser la vie politique??, c?est lui qui a men? la fronde, esp?rant sauver un groupe.

Tous ces d?bats techniques cachent le mal, le d?ficit politique. La clart? n?est pas de mise et les alliances sont toujours incompr?hensibles du point de vue de l??lecteur?; parce qu?elles ne reposent pas sur des convergences d?id?es mais de simples postures souvent opportunistes. Si on veut mobiliser les citoyens, il faudra rompre ce cercle vicieux. ??L?enculage de mouches?? actuel n?aura que l?effet contraire.

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