Les Campus ne peuvent rester des zones de non droit

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Du haut du pupitre du parlement, Mohamed Hassad, ministre de l’intérieur, vient d’annoncer la publication prochainement d’une décision interministérielle, à travers laquelle, les forces de l’ordre seront autorisées à intervenir en cas de menaces pesant contre la vie des étudiants.

Ce n’est qu’un retour à une ancienne circulaire tripartite vielle de près d’une vingtaine années. A l’époque, les ministres de l’enseignement supérieur, de la justice et de l’Intérieur avaient, sur fond de violences des factions estudiantines islamistes, donné jour à un document incitant les autorités à assumer leurs responsabilités pour la préservation du calme au sein de l’université.

Ce qui est nouveau, par contre, c’est le contexte, actualisé, par un autre décès en pleine université. Mohamed Hassad, ministre de l’intérieur, vient d’annoncer la publication prochainement d’une décision autorisant les forces de l’ordre à intervenir à l’intérieur des campus en cas de menaces pesant contre la vie des étudiants.

La décision qui a sanctionné une réunion de Hassad, avec Lahcen Daoudi, ministre de l’enseignement supérieur stipule qu’ « il est du droit des autorités publiques d’intervenir au sein des universités pour préserver les vies et les biens », a souligné le ministre, ajoutant qu’ « il est temps de mettre en œuvre les règlements internes … ».

Et d’ajouter que «ce n’est point un feu vert pour les autorités, mais plutôt un appel à une coordination mutuelle entre les autorités locales compétentes et les universités, afin d’y faire régner une ambiance de tolérance et de savoir ».

Les mesures permettant de combattre la violence au sein des universités ne devraient pas être uniquement, selon le ministre de l’intérieur, à caractère sécuritaire. Elles devraient également être accompagnées par d’autres mesures, à même de réduire le taux de violence au sein de l’enceinte universitaire. Il a rappelé, dans ce cadre, le rôle d’encadrement syndical et politique de l’Union national des étudiants du Maroc (UNEM), qui avait « constitué une école pour tous ».

Depuis des décennies déjà, l’université marocaine avait souvent vécu, au rythme de la violence qui mène  parfois à la mort de quelques étudiants. Certaines victimes ont été décédées, du fait de l’intervention des forces de l’ordre (Zoubida Khalifa, Adel Ajraoui 1988), d’autres victimes d’assassinats planifiés  par les factions islamistes (Maâti Boumli -1991- et Mohamed Ayt Ljid Benaissa -1993-) et un autre étudiant islamiste de Meknès décédée récemment lors d’affrontements survenus entre les étudiants de la gauche radicale et ceux des islamistes du PJD au sein de l’enceinte de l’université de Fès.