Trump ferait-il le bonheur de Bouteflika au Sahara ?

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C’est la position qu’Alger prêterait aux républicains sur la question du Sahara qui est considéré comme « un point de satisfaction ». Ce qui ne correspond pas tout-à-fait à la réalité

Le président algérien a adressé un message de félicitations au président élu des USA que le site algérien TSA qualifie d’enthousiaste et rapporte cet enthousiasme au fait que les républicains ont toujours une meilleure attitude que les démocrate à l’égard de l’Algérie. L’une des raisons avancées est la manne pétrolière du pays de Bouteflika qui a toujours fait « saliver » les républicains très liés aux lobbies pétroliers.

Mais c’est surtout la position que le site prête aux républicains sur la question du Sahara qui est considéré comme « un autre point de satisfaction ». « Le lobbying marocain sur ce dossier ne cessera pas et l’élection de Trump ne garantit pas non plus un réel changement de position des États-Unis, écrit-il. Cela dit, Hilary Clinton, avant même d’être élue, est déjà « dévouée » au Maroc. En effet, la candidate malheureuse à cette élection est fortement impliquée avec le royaume de Mohamed VI : la fondation qu’elle dirige avec son mari et ancien président US, Bill Clinton, a reçu plusieurs millions de dollars de financements de la part du Rabat, d’après des emails révélés par Wikileaks ».

« Ainsi, il est aisément compréhensible, ajoute l’auteur de l’article, que l’Algérie préfère un président américain sans parti-pris aussi flagrant. Surtout, Donald Trump assure vouloir se concentrer sur les affaires intérieures de son pays. En d’autres termes, l’on devrait assister à un « retrait » partiel des États-Unis de la scène internationale. Le Maroc risque de perdre un soutien et un allié de taille, qui, par sa neutralité bienveillante sur le dossier du Sahara occidental, favorise le statu quo marocain. »

C’est un point de vue comme un autre, mais il y a dans ce texte beaucoup de méprises pour ne pas parler d’ignorance. Rien que sous la présidence d’Obama, le Maroc a vécu deux chaudes alertes qui ont failli aboutir à une glaciation des relations entre les deux pays. Une première fois quand la représentation permanente américaine à l’ONU a présenté une résolution tendant à étendre les prérogatives de la MINURSO à l’observation des droits de l’homme et une deuxième fois lorsque la même représentation, à la dernière session du Conseil de sécurité, a voulu faire adopter une résolution qui obéit aux options de Christopher Ross dont personne n’ignore la proximité, pour ne pas dire autre chose, avec Alger. L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU ne cherchait pas moins qu’a faire dévier le processus onusien de son cour actuel qui voit dans l’autonomie proposée par le Maroc une option sérieuse et crédible. Enfin, jamais le Maroc n’a autant souffert sur la scène internationale que quand le démocrate Jimmy Carter était aux commandes de la Maison Blanche (1977-1981). Par contre, il a eu moins de difficulté avec l’ancien secrétaire d’Etat, James Baker, quand il était en charge du dossier auprès du secrétaire général des Nations Unies. Pourtant, ce Texan est réputé pour être très proche des producteurs du pétrole.

L’évocation sélective du soutien apporté par le Maroc à la fondation Clinton omet juste de dire que l’Algérie de son côté a versé 12 millions de dollars à la même fondation. Mais il faudrait peut-être aussi que l’on revienne à Myriam Whitcher, l’attachée de presse de Donald Trump pendant la campagne, qui a affirmé dans une interview accordée à Al Akhbar, que son patron considère le Polisario comme une organisation terroriste. Elle précise même qu’il n’y a pas pour lui de différence entre Daesh et le Polisario qui veut déstabiliser la région et porter atteinte aux intérêts du Maroc.

Répondant à une question sur l’appréciation négative du Maroc par Donald Trump, l’attachée de presse a démenti qu’il ait accusé le Maroc de pays terroriste. Au contraire, elle a affirmé que Trump aime le Maroc où il compte beaucoup d’amis et que le pays accueille des millions de touristes, ce qui est un signe de son ouverture sur le monde, alors que « le Polisario n’est qu’un ramassis de terroristes manipulés par des personnes mauvaises ». Par conséquent, estime Trump, il faut redoubler de vigilance, car Daesh est présent partout.

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