Sexualité : La crispation marocaine

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La sexualité des Marocains est un sujet de crispation et on doit de rester vigilants et néanmoins optimistes car certainement, nous ne sommes qu’à une étape de la conscientisation de la chose sexuelle

Il est vrai que les choses vont de plus en plus vers une normalisation des pratiques sexuelles en dépit de la montée des conservatismes notamment islamistes. Les nouvelles générations en tout cas, certes ne l’assument pas, mais tendent à une plus grande confiance en eux-mêmes et prennent de plus en plus conscience de la séparation à faire entre la pratique de l’acte sexuel « hors-mariage » et le fait que celui-ci ne soit pas encore légalisé et souffre encore de l’interdit, une frontière à ne pas dépasser aux yeux du pénal et au regard de la société.

Celle-ci reste dans sa globalité sexiste et machiste. Il n’empêche qu’en se baladant dans les grandes villes marocaines, il est possible de constater que les hommes sont plus respectueux, plus galants, lorsqu’il s’agit de prendre en compte les sentiments de leur « petite copine ».Ils sont plus obtempérant à l’égard de leur fragilité, et les prennent même quelques fois par la main ou par l’épaule, et ce malgré les réticences  des conservateurs qui peinent à trouver une légitimité à ces couples et qui piétinent leur estime sans foi ni loi.

Il ne faut pas être manichéen lorsqu’on est féministe. Aujourd’hui, la femme n’est plus seule à prendre ses responsabilités lorsqu’il s’agit de braver l’interdit des lois qui pénalisent l’acte sexuel hors des liens du mariage. Auparavant, la justice était plus laxiste envers les hommes, aujourd’hui non.

Et c’est ce qui fait qu’au sein d’un couple, on se retrouve plus souvent à deux, plutôt qu’en face de ses propres obligations et devoirs. Les femmes elles aussi, qui d’ailleurs auparavant avaient pour seul capital leur virginité, une virginité qu’elles n’hésitaient pas à monétiser dans le cadre du mariage, ont pu trouver le moyen de libérer leurs sentiments, de trouver en elles la force nécessaire pour déclarer leur flamme et se donnent de plus en plus dans leur relation de couple, et dans autre chose que de l’amitié spartiate ou dans de l’amour chaste et tout simplement puritain ou rigide.

Evidemment qu’il ne sert à rien d’expier ainsi les choses, et oublier de parler de cette sexualité parfois méconnue et mal apprise, car pas assez verbalisée et appréhendée. Le bricolage spatio-temporel, la solitude au sein du couple, la préservation encore acharnée de l’hymen, les problèmes de gérance des sentiments, sont autant de problèmes liés au « couple moderne » au Maroc.

Le débat entre conservateurs et modernistes ne fait que commencer. L’Occident brûle de voir les libéraux gagner. Quant à nous, Marocains, sommes-nous assez fiers de notre culture pour essayer sans relâche, de l’élever, de la moderniser et de la connaître pleinement, pour se l’approprier et s’en affranchir un jour, s’en libérer, connaître à notre tour, vivre à notre tour, la déréglementation des mœurs, ou en tout cas l’appropriation de notre intimité, de notre vie privée ?