Actu
Culture en scène : théâtre, musique andalouse et rythmes du monde animent le Maroc
La pièce "Al-Hob Al-Hafi" ("Barefoot Love"), interprétée par la troupe marocaine Les Caméléons.
Introspection théâtrale, célébration du patrimoine musical et effervescence des musiques actuelles, plusieurs rendez-vous culturels ont marqué l’actualité. À Casablanca, le FITUC a proposé une réflexion sur les tourments de l’amour avec la création "Al-Hob Al-Hafi", tandis que Rabat s’apprête à accueillir la neuvième édition du Festival régional de Tarab Al Ala. Dans la métropole économique, Jazzablanca a, de son côté, offert une soirée où se sont croisés rap, musiques latines, jazz expérimental et soul.
Le FITUC explore les fractures de l’amour à travers la comédie noire
La 38e édition du Festival international de théâtre universitaire de Casablanca (FITUC) a accueilli au Complexe culturel L’Hermitage la pièce "Al-Hob Al-Hafi" ("Barefoot Love"), interprétée par la troupe marocaine Les Caméléons. Écrite et mise en scène par Amine Boulhnach, cette création de 60 minutes suit un jeune homme prisonnier d’un amour non partagé, confronté aux voix contradictoires qui habitent son esprit : l’intellectuel, l’homme de religion, le clown et l’homme rude.
À travers une mise en scène alternant univers imaginaire et réalité, le spectacle met en lumière les conflits psychologiques du protagoniste et interroge les représentations de l’amour, de la masculinité et des émotions. Fidèle à l’esthétique du théâtre de l’espace vide, il privilégie le jeu des acteurs, enrichi par la musique, la danse contemporaine, l’expression corporelle et un travail soigné sur les lumières et les effets sonores.
Selon Amine Boulhnach, la comédie noire permet d’aborder avec légèreté des blessures affectives profondes tout en rappelant que l’amour ne devrait jamais conduire à l’effacement de soi. Pour le comité d’organisation du FITUC, cette œuvre illustre la vitalité du théâtre universitaire et sa capacité à traiter des préoccupations contemporaines des jeunes générations.
Le Tarab Al Ala célébré comme un patrimoine vivant à Rabat
Le ministère de la Culture, de la Jeunesse et de la Communication organisera, du 20 au 22 juillet à Rabat, la neuvième édition du Festival régional de Tarab Al Ala sous le thème "Tarab Al Ala, patrimoine vivant et renouvelé".
Inscrit dans le cadre des célébrations du 27e anniversaire de la Fête du Trône, l’événement ambitionne de renforcer la transmission de la musique andalouse marocaine auprès des jeunes générations, de soutenir la recherche scientifique consacrée à ce patrimoine et de favoriser les échanges entre chercheurs, musiciens et passionnés.
Le Théâtre Mohammed V accueillera la cérémonie d’ouverture, tandis que la salle Bahmini recevra les principales soirées musicales réunissant orchestres, chanteurs et instrumentistes issus des différentes écoles de cet art. Un colloque scientifique se tiendra également à la salle Mohamed El Fassi autour des enjeux de la documentation et de la sauvegarde de cette tradition musicale. Plusieurs figures ayant contribué au rayonnement du Tarab Al Ala seront par ailleurs mises à l’honneur.
Jazzablanca fait dialoguer rap, musiques latines, jazz et soul
À Casablanca, la 19e édition de Jazzablanca a confirmé son ouverture à des univers musicaux variés. Sur la scène Casa Anfa, le rappeur Ino Casablanca a retrouvé son public dans une ambiance électrique, portée par des morceaux mêlant influences maghrébines, latines et électroniques.
La soirée s’est poursuivie avec le duo cubain Gente de Zona, qui a fait vibrer des milliers de festivaliers au rythme de ses succès internationaux, de "Bailando" à "La Gozadera", tout en rendant hommage à Celia Cruz. Les artistes ont entretenu une forte proximité avec le public en multipliant les échanges et les invitations à monter sur scène.
Sur la Scène 21, une atmosphère plus intimiste s’est installée avec le musicien britannique Shabaka, dont les improvisations entre saxophone, flûtes, clarinette et textures électroniques ont captivé les amateurs de jazz. La soirée s’est achevée avec Thee Sacred Souls, dont la soul élégante, nourrie d’influences classiques et contemporaines, a offert une conclusion tout en douceur à une programmation marquée par la diversité des esthétiques musicales.