Actu
Les villes de la région MENA appelées à devenir des moteurs de l’emploi et de la croissance
Rabat est l’une des villes de la région MANA qui a connu le développement le plus harmonieux et les plus rapide. Toujours en chantier, la capitale du Royaume est appelée à devenir l’un des centres phares de la région
Les villes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) disposent d’un potentiel considérable pour stimuler la création d’emplois et soutenir une croissance économique durable, à condition d’adopter des politiques urbaines mieux adaptées aux besoins des entreprises et des populations, souligne un nouveau rapport publié par le Groupe de la Banque mondiale.
Des villes au cœur du défi de l’emploi
Intitulé « Des villes qui fonctionnent : réaliser le potentiel d’emploi des villes de la région MENA », le rapport intervient à un moment où la région devra faire face à une forte pression démographique. D’ici à 2050, près de 300 millions de jeunes y seront à la recherche d’un emploi, alors que le chômage des jeunes demeure parmi les plus élevés au monde.
Avec plus de 60 % de la population vivant déjà en milieu urbain, les villes sont appelées à jouer un rôle déterminant dans la création d’emplois et le développement économique. L’étude, fondée sur l’analyse de 615 villes de la région et de plus de 8.000 villes à travers le monde, montre que les centres urbains de la région affichent une productivité relativement élevée, tout en restant en retrait de 17,6 % par rapport aux villes les plus performantes de taille comparable.
Des freins structurels persistants
Selon la Banque mondiale, plusieurs contraintes limitent encore le potentiel des villes de la région. Les entreprises rencontrent des difficultés d’accès au foncier, à l’électricité, à l’eau ou aux infrastructures de transport, tandis que les problèmes de logement réduisent la mobilité de la main-d’œuvre, notamment celle des jeunes et des travailleurs peu qualifiés.
Le rapport met également en évidence la faible participation des femmes au marché du travail. Les difficultés liées aux transports, aux services de garde d’enfants et à la sécurité constituent autant d’obstacles à leur insertion professionnelle. À cela s’ajoute une présence limitée de grandes entreprises privées et d’investisseurs étrangers, pourtant reconnus comme des moteurs de création d’emplois et de gains de productivité.
Quatre leviers pour accélérer la croissance
Pour transformer le développement urbain en véritable moteur économique, la Banque mondiale recommande de renforcer la densité productive des villes grâce à des infrastructures et des services performants, d'améliorer leur connectivité aux marchés nationaux et internationaux, de rendre les territoires plus attractifs pour les investissements et les talents, et de développer les partenariats entre les secteurs public et privé.
La directrice régionale des Infrastructures à la Banque mondiale, Almud Weitz, estime que les politiques urbaines ne doivent pas se limiter à l’aménagement des villes, mais créer un environnement favorable à l’innovation, à la compétitivité des entreprises et à l’accès des jeunes et des femmes au marché du travail. Des villes mieux planifiées, mieux connectées et dotées de services fiables, conclut le rapport, pourraient devenir de puissants leviers d’une croissance plus inclusive et plus résiliente.