Plus tu la grossis plus elle rapetisse ! Par Mohamed Benabdelkader

Plus tu la grossis plus elle rapetisse ! Par Mohamed Benabdelkader

Le communiqué du Cabinet royal s’inscrit dans une lecture politique éclairée qui considère qu’une page de trente-cinq années vient désormais de se tourner.

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Comment transformer un memento diplomatique en avantage stratégique ? Revenant sur le veto russe au Conseil de sécurité et la non-reconduction du mandat de la MINURSO, l’analyste et ancien ministre Mohamed Benabdelkader voit dans la réaction marocaine l’illustration d’un adage popularisé par Hassan II : « Plus tu la grossis, plus elle rapetisse. » Une lecture fondée sur l’audace et la promptitude à saisir les ruptures pour changer les règles qui ont jusque-là structuré le conflit, modifiant les conditions mêmes dans lesquelles se déroule la confrontation

Mohamed Benabdelkader

En dialecte marocain, il existe un dicton populaire qui dit, en substance : Plus tu la grossis plus elle rapetisse ! (كبرها تصغر) une formule en apparence paradoxale qui revient à dire que plus on ose affronter un problème dans toute son ampleur, avec détermination et audace, plus on parvient à en réduire la portée et à en maîtriser les effets. C’est une invitation à la fermeté face aux difficultés, même lorsqu’elles semblent insurmontables. Elle incite à ne pas se laisser intimider par l’ampleur d’un défi, à l’affronter sans hésitation à élever l’enjeu pour le ramener à sa juste mesure en faisant preuve d’une volonté résolue.

Bien souvent, l’hésitation contribue à entretenir la difficulté, tandis que la fuite tend à en amplifier la portée. À l’inverse, une confrontation assumée permet parfois de ramener le problème à sa juste dimension et de le rendre, par conséquent, plus aisément surmontable. Dans les situations de crise, cette posture peut conduire un acteur à adopter une stratégie de maximalisation, consistant à exploiter pleinement les potentialités d’une conjoncture donnée, à mobiliser l’ensemble des ressources et des leviers dont il dispose et à porter ses revendications à leur niveau d’intensité le plus élevé. Il s’agit, en quelque sorte, de pousser la situation jusqu’à son point de tension maximal, non pas nécessairement dans une logique d’escalade pour elle-même, mais afin de faire apparaître les contradictions sous-jacentes, de mettre au jour les causes profondes du blocage et de contraindre les protagonistes à sortir des cadres qui ont jusque-là entretenu l’impasse.

Cette démarche revient à grossir momentanément les enjeux, à radicaliser le positionnement dans le sens de pousser à l’extrême une idée ou une revendication, de toucher à l'essence et à l’origine de la situation, mais aussi à déplacer les lignes de la confrontation, dans l'espoir de rendre possible une recomposition des termes du problème et, éventuellement, l'émergence d'une issue nouvelle.

Ainsi parla Hassan II

L’expression Plus tu la grossis, plus elle rapetisse s’est largement popularisée après avoir été employée par feu Hassan II. C’était à l’occasion de l’une des causeries religieuses du mois de Ramadan (Dourous Hassaniya), au début du mois du mois sacré de 1979, qui coïncidait cette année-là avec le mois d’août. Le Roi intervint de manière inattendue, avant même que le cheikh Mekki Naciri ne commence son exposé. Il évoqua alors les informations faisant état d’un éventuel retrait de la Mauritanie de la partie du Sahara appelée « Tiris al-Gharbiya » (Oued Eddahab).

Il établit un lien entre cette situation et le verset coranique : « Il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle est un bien pour vous » (Coran, sourate Al-Baqara, verset 216), avant d’en proposer une traduction en darija marocaine : « Kabbérha tsghar » (Plus tu grossis le problème, plus il rapetisse). Il ajouta que cette formule constituait l’un des fondements de sa politique intérieure et extérieure. Le message était sans équivoque : le Maroc entendait agir avec détermination pour reprendre le territoire et ne pas y renoncer. L’armée marocaine entra à Dakhla le 11 août 1979, tandis que le renouvellement de l’allégeance (la Bay'a) eut lieu à Rabat le 14 août de la même année. La formule acquit dès lors une grande notoriété dans la conscience collective des marocains et resta étroitement associée à cet épisode historique.

L’idée est que toute situation qui paraît, au premier abord, particulièrement difficile ou déplaisante peut, lorsqu’on l’affronte avec détermination, fermeté et constance, perdre de son ampleur et se transformer en une issue favorable, voire en une opportunité porteuse de bien. Ce qui s’est produit au Conseil de sécurité dans la nuit du 30 octobre 2026 rappelle à la mémoire la sagesse de cette formule populaire marocaine Kabbérha tsghar !

La Russie a opposé son veto au projet de résolution américain sur le Sahara marocain. Ce texte avait obtenu 11 voix pour et prévoyait de proroger la MINURSO d’un an, de la renommer (en retirant le « R » de « référendum ») et de faire du plan d’autonomie marocain la base exclusive des négociations. Un contre-projet russe de simple prolongation du mandat a ensuite été rejeté à son tour. Le mandat de la MINURSO a donc expiré le 31 octobre sans renouvellement, une première dans l’histoire de la mission depuis 1991.

Impasse diplomatique nouvelle perspective

Le Cabinet Royal a immédiatement publié un communiqué le 30 octobre qui présente cette non-reconduction non comme un échec, mais comme une évolution importante et « un pas significatif vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain aux Nations Unies ». Il y voit une rupture permettant le passage d’une logique de gestion à une transformation profonde des paramètres. Une crise de vide juridique sans précédent, mais qui pourrait, selon le message porté par le communiqué du cabinet Royal, se révéler paradoxalement bénéfique, certes une difficulté mais porteuse d’opportunités.

Concrètement, Rabat annonce que la présence de la mission (personnel, véhicules, matériel, symboles) dans les provinces du Sud devrait cesser dans les prochains jours, et évoque la fin de la saisine périodique du Conseil de sécurité, des rapports du Secrétaire général et des briefings de l’envoyé personnel. Ainsi, ce qui pouvait apparaître comme une impasse diplomatique se transforme en une nouvelle perspective : « Kabbérha tsghar » plus le problème paraît grand et compliqué plus il finit se réduire et se simplifier.

Le communiqué du Cabinet royal s’inscrit dans une lecture politique éclairée qui considère qu’une page de trente-cinq années vient désormais de se tourner. Il affirme, dans cette perspective, que le dossier du Sahara devrait être retiré de l’ordre du jour du Conseil de sécurité, entraînant la cessation des réunions, des rapports et des briefings périodiques qui lui sont consacrés. Ainsi, ce qui pouvait apparaître, au premier abord, comme une crise diplomatique, caractérisée par des vetos croisés et une situation d’incertitude juridique, est présenté par la lecture officielle marocaine comme une occasion de refermer le chapitre de l’internationalisation du conflit à travers la MINURSO et de soustraire progressivement le dossier à l’agenda récurrent du Conseil de sécurité.

Cette interprétation fait écho à la formule popularisée par Hassan II en 1979 : « Kabbérha tsghar » plus tu grossis le problème, plus il rapetisse. Au-delà de sa dimension proverbiale, cette expression renvoie à une véritable conception de l’action politique et stratégique : ne jamais se laisser intimider par l’ampleur d’un obstacle, mais l’affronter avec suffisamment de détermination et d’audace pour en inverser la dynamique et, lorsque les circonstances le permettent, convertir une difficulté en opportunité.

Dans cette perspective, ne pas parvenir à obtenir la suppression de la lettre « R » de l’acronyme MINURSO de manière à effacer la référence explicite au référendum, parvient paradoxalement à envisager un objectif beaucoup plus ambitieux : non plus simplement modifier l’appellation de la mission, mais remettre en question son existence même et ouvrir la voie à son démantèlement. Le veto russe qui aurait pu être perçu comme un revers sur un objectif circonscrit, a été ainsi réinterprété par le Maroc comme une opportunité porteuse de bien, une occasion de déplacer le débat vers un enjeu autrement plus fondamental, celui de la pertinence et de l’avenir de la mission dans une configuration politique et diplomatique en pleine évolution. C’est précisément dans ce renversement de perspective que prendrait tout son sens la sagesse de la formule : lorsque l’objectif initial se révèle hors d’atteinte, l’enjeu consiste à ne pas s’enfermer dans l’échec, mais à en faire le point de départ d’une ambition stratégique renouvelée.

La vision stratégique de Mohammed VI

Mais cette lecture ne renvoie pas seulement à l’héritage politique de Hassan II. Elle trouve également un prolongement dans la vision stratégique de Mohammed VI concernant la question du Sahara, notamment dans son appel à dépasser une logique de simple gestion du dossier pour s’inscrire résolument dans une logique de changement. Il s’agit, autrement dit, de ne plus se contenter de gérer les contraintes d’un processus devenu récurrent, mais de chercher à en modifier les paramètres, à déplacer les lignes et à créer les conditions d’une nouvelle dynamique politique et diplomatique.

À cet égard, la formule de Hassan II et l’orientation stratégique exprimée par Mohammed VI, peuvent être lues comme deux déclinaisons, inscrites dans des contextes historiques différents, d’une même démarche : transformer l’épreuve en levier, la contrainte en opportunité et la gestion d’une situation en capacité d’en changer le cours.  À l’image de feu Hassan II, qui sut faire preuve de détermination et d’audace face au retrait de la Mauritanie de la province d’Oued Eddahab en 1979, Mohammed VI inscrit résolument son approche du dossier du Sahara dans une même logique de dépassement des contraintes et de retournement des situations. Là où une circonstance pouvait être interprétée comme un revers - en l’occurrence, la non-reconduction du mandat de la MINURSO par le Conseil de sécurité - la vision stratégique marocaine cherche à y déceler les ressorts d’une évolution plus profonde, susceptible de constituer une étape significative vers la clôture définitive du dossier du Sahara au sein des Nations Unies.

C’est dans ce passage de la réaction à l’initiative, de la gestion des contraintes à la transformation des circonstances, que l’on peut établir un rapprochement entre la démarche de Hassan II en 1979 et celle de Mohammed VI aujourd’hui. Il y a, dans cette démarche, une même leçon de diplomatie Royale : ne pas se laisser paralyser par le caractère défavorable, voire hostile, d’une situation, mais savoir identifier les leviers qu’elle recèle pour infléchir le rapport de forces et en modifier les paramètres. Une donnée a priori défavorable (le veto russe qui bloque un texte très favorable au Maroc) est saisie pour opérer une rupture et présenter l’issue comme un renversement de situation. Le communiqué Royal l’inscrit explicitement dans ce registre de transformation, en le liant à la Fête de l’Unité.

Ne pas se résigner au cours des événements, mais chercher à en reprendre la maîtrise, à en infléchir la trajectoire et à convertir les contraintes qu’ils imposent, en leviers de transformation. Telle est l’une des dimensions essentielles de l’action stratégique. Il s’agit, pour un acteur, d’oser s’affranchir des cadres préétablis et de remettre en question les équilibres en vigueur, quitte à assumer une part substantielle de risque et d’incertitude, lorsque cette rupture est susceptible d’ouvrir des perspectives plus favorables à moyen ou long terme. De tels phénomènes méritent d’être appréhendés dans toute leur complexité, à la lumière des contextes particuliers dans lesquels ils prennent forme, mais également au regard des grilles théoriques générales qui permettent d’en comprendre les ressorts, les mécanismes et la portée stratégique.

Ruptures de processus changements de paradigmes

Dans la littérature consacrée à la géopolitique et à la résolution des conflits internationaux, les ruptures de processus et les changements de paradigmes constituent un phénomène particulièrement intéressant, ils correspondent aux moments où un acteur cesse de jouer selon les règles qui ont jusque-là structuré le conflit et parvient à modifier les conditions mêmes dans lesquelles se déroule la confrontation. Il ne s'agit donc pas simplement de changer de stratégie, d'intensifier la pression ou de modifier son discours.

Le phénomène en question consiste parfois à transformer le terrain du conflit, les règles de négociation, les rapports de dépendance, les perceptions internationales et, finalement, les paramètres à partir desquels les acteurs évaluent leurs intérêts et leurs possibilités d'action. On pourrait distinguer dans cette transformation deux opérations complémentaires: D’une part la rupture du processus qui consiste à interrompre une dynamique devenue défavorable, bloquée ou stérile, pour empêcher sa reproduction indéfinie. D’autre part, le changement de paradigme qui vise à substituer à l'ancien cadre de compréhension et de traitement du conflit, un nouveau cadre qui modifie les termes du problème et les possibilités de sa résolution.

Le cas suscité par les dernières évolutions du dossier du Sahara marocain soulève des interrogations quant aux modèles d’analyse du changement stratégique et, plus particulièrement, aux processus de basculement soudain d’un ordre établi vers un nouvel ordre, sous l’effet d’un événement inattendu. Il s’agit notamment de comprendre comment un acteur politique peut choisir de saisir une conjoncture exceptionnelle pour provoquer, malgré les risques élevés qu’elle comporte, une rupture stratégique susceptible de modifier les rapports de force et d’imposer un nouveau paradigme.

Pour mieux comprendre le type de changement stratégique dont il s’agit, il convient d’en identifier trois dimensions indissociables: au départ il y a la surprise stratégique concernant un événement imprévu ou une évolution institutionnelle qui crée une situation nouvelle, ensuite intervient la prise de risque calculée, par laquelle l'acteur décide d'aller au-delà de la gestion ordinaire de l'événement, alors même que l'issue est incertaine, enfin, la rupture paradigmatique qui ne cherche pas simplement à obtenir un avantage dans le cadre existant, mais à modifier les règles, les références et les termes mêmes du jeu. Comment donc un acteur, en l’occurrence le Maroc parvient-il à modifier brusquement le rapport de forces, à exploiter un événement inattendu et à transformer un avantage ponctuel en basculement stratégique ?

La littérature en géopolitique des conflits accorde une attention considérable aux transformations de la distribution de la puissance entre les États, mais également aux configurations dans lesquelles un acteur, sans nécessairement accroître ses ressources matérielles, parvient à reconfigurer les termes de la confrontation et à déplacer à son avantage les équilibres stratégiques. C’est précisément cette seconde dimension qui semble éclairer la nouvelle dynamique du dossier du Sahara marocain : celle d’un renversement stratégique du rapport de forces, résultant moins d’une transformation des capacités matérielles des protagonistes que d’une modification profonde et parfois soudaine de leur position relative. Un tel basculement peut être provoqué par un événement, une initiative ou une décision qui, en redéfinissant les règles du jeu, en restreignant certaines options ouvertes sur des perspectives nouvelles, transforme simultanément les marges de manœuvre des acteurs et les termes de leur pouvoir de négociation. Autrement dit, l’avantage stratégique ne procède pas nécessairement d’une accumulation supplémentaire de puissance, mais peut naître de la capacité à modifier le cadre même dans lequel celle-ci s’exerce.

La surprise stratégique comme grille de lecture

Dans cette perspective, la notion de surprise stratégique, développée par le théoricien américain de la stratégie militaire Michael Handel, offre une grille de lecture particulièrement féconde. Elle renvoie à ces événements inattendus dont l'ampleur et les conséquences sont telles qu'ils ébranlent les fondements mêmes de la stratégie jusque-là poursuivie et obligent les acteurs à reconsidérer leurs anticipations, leurs calculs et leurs options. À cet égard, la réunion du Conseil de sécurité du 30 octobre, marquée par un double veto et suivie du non-renouvellement du mandat de la MINURSO, peut être analysée à travers la catégorie de la surprise majeure conceptualisée par Handel. Elle correspond à la survenue d'un événement qui, échappant aux anticipations sur lesquelles les acteurs avaient fondé leurs stratégies, vient bouleverser leurs cadres de perception, déstabiliser leurs calculs préalables et modifier substantiellement les paramètres de la confrontation, voire la perception même du rapport de forces.

L'intérêt de cette approche réside précisément dans le fait que la surprise stratégique ne se confond pas avec la simple imprévisibilité d'un événement. Elle acquiert sa véritable portée lorsqu'elle remet en question les prémisses qui ont guidé les stratégies des protagonistes, invalide certaines de leurs anticipations et les contraint à évoluer dans une configuration dont les règles, les marges de manœuvre et les perspectives, ne sont plus tout à fait celles qui prévalaient auparavant. En ce sens, la surprise ne tient pas uniquement à ce qui survient, mais surtout à ce que cet événement rend désormais possible, difficile ou caduc.

La mise en perspective de cette séquence de surprise stratégique resterait toutefois incomplète si l'on ne prenait pas en considération le communiqué du Cabinet Royal, intervenu avec célérité et fermeté dans le prolongement de l'événement. Celui-ci apparaît comme un moment charnière, il ne s'agit plus simplement de constater une rupture dans le processus institutionnel antérieur, mais de saisir immédiatement la nouvelle conjoncture pour en infléchir le cours et transformer une situation de blocage institutionnel en une dynamique de basculement stratégique. Autrement dit, l'enjeu consiste à convertir la surprise subie par le système en une opportunité d'action et de repositionnement.

Du blocage institutionnel au basculement stratégique

Cette dynamique qui consiste à transformer un blocage institutionnel en basculement stratégique, peut être décomposée en cinq séquences successives, qui permettent d'en saisir la logique et les mécanismes :

1.L'événement perturbateur : une rupture inattendue vient déstabiliser le fonctionnement de l'ordre institutionnel antérieur et remettre en question les mécanismes jusque-là structurants du processus onusien, notamment autour de la MINURSO.

2.La perception stratégique différenciée : face à une même rupture, les acteurs ne perçoivent ni les mêmes opportunités ni les mêmes contraintes. Le Maroc identifie une fenêtre d'opportunité stratégique là où ses adversaires n'avaient pas anticipé un tel scénario ou ne disposent pas nécessairement des moyens de l'exploiter.

3. La prise de risque décisive : l’acteur (le Maroc) choisit de ne pas subir passivement les conséquences de l’événement, mais d’engager une initiative audacieuse, en assumant pleinement l’incertitude qui entoure son issue. Cette volonté de transformer la rupture en levier d’action stratégique trouve une expression explicite dans le communiqué du Cabinet Royal, qui précise : « Le processus onusien se trouve ainsi suspendu. Des actions similaires seront également menées prochainement au sein des autres organes de l’ONU. »

4.La mutation qualitative du rapport de forces : l'enchaînement de ces initiatives modifie les positions relatives des protagonistes, reconfigure leurs marges de négociation et transforme progressivement les paramètres, les références et les acteurs autour desquels s'organisait jusque-là la confrontation.

5.Le changement de paradigme : lorsque cette nouvelle configuration parvient à s'inscrire dans la durée et à se consolider institutionnellement, l'avantage stratégique acquis peut se transformer en un nouveau cadre de référence pour la recherche d'une solution au conflit.

Il s'agit donc moins d'une simple succession d'événements que d'un processus de conversion stratégique, un blocage initialement subi devient une opportunité identifiée, puis une initiative assumée, avant de produire, potentiellement, une transformation durable des rapports de force et du cadre de règlement du conflit.

En définitive, la diplomatie marocaine, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a une nouvelle fois démontré toute sa portée stratégique en parvenant à convertir un événement institutionnel inattendu en un renversement qualitatif du rapport de forces diplomatique, avant de transformer cet avantage en levier de redéfinition du paradigme international de règlement de ce différend artificiel.

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