COP22 : Pour une Afrique unie face aux défis des changements climatiques

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“Le Maroc est un pays clef. Il faut rappeler que les fondements de l’actuel effort international en faveur de la lutte contre les changements climatiques sont basés sur les accords de Marrakech”

De toutes les régions du globe, l’Afrique demeure la plus touchée par l’impact des changements climatiques, une situation qui requiert la fédération des efforts de tout le continent en vue de mieux le positionner sur la nouvelle carte climatique dont les contours se dessineront à l’occasion de la 22è Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22).

Les études scientifiques abondent au sujet de l’enjeu crucial que représentent les changements climatiques pour l’Afrique. Selon l’une de ces études, dont la fiabilité est établie, le PIB africain devra diminuer de 4,7% en raison de la détérioration du secteur agricole sous l’effet des changements climatiques. 

Il s’agit d’un chiffre extrêmement alarmant pour un continent qui œuvre pour s’affranchir de ses profonds déficits sociaux dont un chômage endémique, pénalisant une population en majorité jeune. 

L’enjeu devient plus aigu si l’on prend en compte d’autres facteurs, dont l’explosion démographique que connaît le continent, avec une urbanisation grandissante. C’est dire combien la tâche est difficile pour un continent où les effets des changements climatiques (sécheresse, désertification et inondations) accentuent les pressions sur un système de production alimentaire déjà fragile, explique Bob Scholes, expert sud-africain en matière de changements climatiques. 

Selon des chiffres onusiens, l’Afrique ne pourra subvenir qu’à 13% de ses besoins alimentaires d’ici à 2050, si rien n’est fait pour changer cette situation. 

La situation paraît injuste lorsqu’on sait que l’Afrique n’est responsable que de 4% seulement des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), cause principale des changements climatiques, souligne ce chercheur à l’université de Wits (Johannesburg). 

L’impact subi par l’Afrique plaide pour une unification des efforts du continent pour s’imposer dans le débat international, a ajouté le professeur Scholes, soulignant que la COP22, qui aura lieu à Marrakech, offre l’occasion de positionner l’Afrique et lui permettre d’avoir son mot à dire dans l’élaboration des plans de lutte contre les effets des changements climatiques. 

Les experts internationaux et africains s’accordent à dire que c’est à Marrakech que l’avenir du continent sera décidé, une situation qui confère au Maroc un rôle crucial qui dépasse le simple statut de pays hôte. 

Selon les experts, le Royaume est appelé à conduire avec la sagesse qui lui est reconnue les débats vers un monde mieux protégé contre les effets des changements climatiques. 

Si l’organisation de la COP22 représente, en elle-même, une reconnaissance internationale du rôle distingué du Maroc, de sa dynamique et ses initiatives, en tant que pays résolument engagé dans le domaine du climat et de la protection de l’environnement, les responsables internationaux ne cessent de mettre en avant cette capacité du Maroc de fédérer les efforts sur un dossier qui divise la communauté mondiale. 

“Le Maroc a un rôle de leader à jouer, lors de la conférence de Marrakech, pour favoriser les consensus sur les questions prioritaires”, a déclaré, Jonathan Pershing, Envoyé spécial du gouvernement américain pour le climat, lors d’un récent déplacement en Afrique du Sud. 

Parmi ses partenaires africains, le Royaume est perçu comme leader et porte-voix du continent dans la nouvelle architecture environnementale mondiale qui émerge des COP. 

Cette réputation n’est point le fruit du hasard. Elle est le résultat d’un engagement de longue date dans les négociations sur les changements climatiques et des avancées dans le domaine des énergies propres. 

“Le Maroc est un pays clef. Il faut rappeler que les fondements de l’actuel effort international en faveur de la lutte contre les changements climatiques sont basés sur les accords de Marrakech (NDLR: accords concluant le processus de Kyoto signés lors de la COP7 tenue dans la ville ocre en 2001)”, a indiqué Maesela Kekana, directeur-général chargé des changements climatiques au ministère sud-africain de l’Environnement. 

Ce haut responsable sud-africain souligne que l’Afrique nourrit d’importantes attentes par rapport au rôle du Maroc pour offrir au continent le meilleur deal à l’occasion de la COP22. 

“Nous n’avons aucun doute que le Maroc sera à la hauteur des attentes de l’Afrique et fera du rendez-vous de Marrakech une occasion pour dégager une action forte et solidaire contre les changements climatiques”, a précisé Kekana. 

En accueillant la COP22, qui marquera l’opérationnalisation de l’Accord de Paris, le Maroc offre à son continent un grand privilège et une occasion de s’imposer dans la définition des nouvelles priorités de la lutte contre les effets des changements climatiques, a-t-il dit. 

C’est ainsi que les yeux du monde seront rivés vers la ville ocre, où les Africains auront l’occasion de parler d’une seule voix et faire entendre leurs aspirations au sujet de questions qui touchent directement à leur vécu et à l’avenir de leurs enfants.