Lutte contre le changement climatique: L’accès au financement reste le maillon faible des projets

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L’accès au financement des différents projets de lutte contre le changement climatique est le maillon faible des programmes des pays en développement, a affirmé le Directeur Général (DG) de l’Agence pour le développement agricole (ADA), Mohammed El Guerrouj.

Dans un entretien accordé au journal ”La Tribune”, publié dans son dernier numéro, M. Guerrouj a indiqué que le financement d’actions de lutte contre le changement climatique demeure l’un des aspects les plus importants des efforts déployés à l’échelle mondiale pour faire face aux multiples défis, notant qu’il s’agit d’un catalyseur essentiel des efforts menés dans les pays en développement pour renforcer leur capacité de résistance aux changements climatiques, limiter les émissions de gaz à effet de serre et soutenir le passage à un développement durable et inclusif.

”Concentrer les efforts sur le transfert des technologies liées au climat, le renforcement des capacités des pays en développement autour de l’ingénierie des projets, de la Finance Climat, la mise en place de mécanisme d’accès direct au financement par l’appui à l’accréditation de nouvelles institutions nationales de mise en œuvre (INM) par les ”Fonds climat”, sont autant de conditions nécessaires pour faire face au défi des changements climatiques”, a-t-il relevé.

La COP22 sera effectivement l’occasion de convenir d’une feuille de route opérationnelle dans le sens, notamment d’une accélération et d’une facilitation de l’octroi de financements pour les projets d’atténuation et d’adaptation aux changements climatique, a-t-il préconisé.

En tant qu’entité accréditée par le Fonds pour l’adaptation et le Fonds Vert pour le Climat, l’ADA a reçu en 2016 des requêtes émanant du Fonds Spécial en faveur de l’Environnement du Tchad pour l’appuyer dans le processus de son accréditation auprès du Fonds d’Adaptation et des propositions de 4 projets de la République Démocratique du Congo et du Cameroun pour les soumettre au financement du Fonds Vert pour le Climat, a fait savoir M.Guerrouj.

l’ADA a été aussi accréditée par le Fonds pour l’adaptation (FA) le 19 Novembre 2012, après avoir satisfait toutes les conditions d’éligibilité liées à la capacité institutionnelle de gestion comptable et financière, ainsi que de la transparence et de gouvernance, soulignant, à cet effet, que ladite agence est l’unique entité de mise en œuvre nationale au Maroc auprès du FA.

“Les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) doivent designer une institution nationale de mise en œuvre pour demander son accréditation auprès du Fonds pour l’adaptation, en vue de bénéficier d’un accès direct aux sources financières allouées aux pays en développement”, a expliqué M. Guerrouj, notant que le FA avait, en Avril 2015, endossé le financement du 1er projet soumis par l’ADA intitulé “Adaptation au changement climatique dans les zones oasiennes-PACCZO” pour un don de 10 millions USD.

Selon lui, les effets du changement climatique pèsent lourdement sur les populations les plus vulnérables du monde et plus particulièrement sur celles de l’Afrique du Nord qui sont les moins préparées et les moins outillées à faire face aux événements et aléas climatiques extrêmes, soulignant la nécessité d’établir des plans cohérents avec des projets précis et bancables de lutte contre le changement climatique, avec pour objectif de bénéficier du financement climatique. 

Conformément à la démarche solidaire, le Maroc ambitionne de jouer un rôle pivot pour faciliter le partenariat triangulaire Nord-Sud-Sud, en attirant le plus d’investissements vers le continent africain, qui ne parvient toujours pas à mobiliser suffisamment les financements des différents Fonds climat, faute de projets bancables, a relevé le DG de l’ADA, invitant, a cet effet, les instituions financières publiques et privées de la région du MENA à œuvrer pour la création d’un mécanisme d’optimisation de l’accès au financement climatique.

Ainsi, l’initiative marocaine pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (“AAA”ou Triple A”) s’assigne comme objectif d’apporter une réponse efficace et concrète au constat d’un triple biais dans le financement de l’adaptation, de l’agriculture et de l’Afrique pour la lutte contre les changements climatiques, a t-il-ajouté.