Tireur, victimes, gardes à vue : ce que l'on sait de l'attentat raciste en France

Tireur, victimes, gardes à vue : ce que l'on sait de l'attentat raciste en France

Des participants et des responsables, dont le maire d'Aubervilliers, Sofienne Karroumi (à droite), prennent part à une marche silencieuse en hommage à Pengo Bossio Wangi, un homme tué lors d'une fusillade perpétrée par un agresseur le 23 octobre. Cette marche, organisée par son club de MMA, s'est déroulée près de la mairie d'Aubervilliers, au nord de Paris, le 25 octobre 2026. (Phoro Sameer Al-Doumy /AFP)

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Un homme de 26 ans tué et cinq personnes blessées : l’attentat raciste commis à Trappes et à La Verrière fait l’objet d’une enquête du Parquet national antiterroriste. La garde à vue du suspect, âgé de 39 ans, a été suspendue pour une évaluation psychiatrique, tandis que quatre membres de son entourage ont été remis en liberté. Au moins quatre des cinq blessés ont des noms à consonance africaine ou maghrébine.

La victime décédée

Pengo Bossio Wangi, espoir du MMA (abréviation d'arts martiaux mixtes en français), a été tué par balles à Trappes. Ce Français de 26 ans était d'origine congolaise, selon un employé du club Atch Academy, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) où il s'entraînait.

Selon son fondateur, Stéphane Chaufourier, il "se dirigeait vers une carrière professionnelle".

Sa petite sœur a confié au média en ligne Blast que son frère, chrétien, était un "hypersensible", "meurtri par les choses du monde".

"C'était un jeune homme très apprécié de tous, d'une gentillesse extrême. Il était toujours prêt à aider les gens, (...) travailleur et passionné de sport", a déclaré à l'AFP l'avocat de sa famille, Me Yassine Bouzrou, précisant qu'il travaillait dans la sécurité.

Selon Almamy Kanouté, cofondateur de l'Assemblée des quartiers (collectif créé pour faire peser les voix des quartiers), et présent samedi lors d'un rassemblement à Trappes, son père est Bolema Bossio Wangi, membre des Black Dragons, bande antiraciste et antiskinheads à la fin des années 1980/début des années 1990.

Les blessés

L'attaque a également fait cinq blessés, au moins quatre ayant des noms à consonance africaine ou maghrébine, selon une source policière.

Parmi eux, une adolescente de 12 ans touchée par huit impacts de balle, d'après le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, qui a indiqué à l'AFP qu'elle était désormais sortie d'affaire.

Parmi les autres blessés figurent un homme de 29 ans, Samba C., et un autre de 21 ans, Ahmed C.

M.Dainville a expliqué que deux hommes de ménage, "de type africain", avaient été blessés alors qu'ils nettoyaient une école. Le maire de Trappes Ali Rabeh a indiqué pour sa part qu'un autre blessé est "d'origine maghrébine".

D'après les pompiers, une cinquième victime, un homme de 40 ans, a été prise en charge à l'hôtel de police de Saint-Quentin-en-Yvelines, où il s'est présenté après avoir été blessé par des éclats de verre.

Le tireur

Selon une source proche de l'enquête, Kévin T., âgé de 39 ans, a été ‘’diagnostiqué schizophrène et suivait un traitement médical. Sa garde à vue a été suspendue à l'issue d'un examen psychiatrique réalisé samedi soir, selon le Parquet national antiterroriste (Pnat).

L'analyse toxicologique a révélé "la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang" au moment de l'attaque, d'après le Pnat.

Son casier judiciaire fait apparaître quatre anciennes condamnations, selon la même source. D'après une source policière, il est inconnu du renseignement territorial. Les raisons de ces condamnations ne sont pas précisées.

Avant d'ouvrir le feu à Trappes puis dans la ville voisine de La Verrière, il avait piégé son appartement - situé à Plaisir selon une source policière - avec des bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur, d'après le Pnat. Dans son véhicule, une Renault Clio, ont été découverts "un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène".

Un exemplaire du livre d'Adolf Hitler, "Mein Kampf", a été découvert chez lui, tout comme une Bible et un Coran, selon une source proche du dossier.

Les gardes à vue

L'enquête est ouverte pour "assassinat" et "tentatives d'assassinats", "en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée".

Kévin T. a été interpellé à Coignières (Yvelines) vendredi une vingtaine de minutes après le début de son périple sanglant, et placé en garde à vue.

Mais celle-ci a été suspendue: Kévin T. "a été transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (à Paris, NDLR) afin d'y être soumis à une période d'observation psychiatrique" pouvant "durer 48 heures", qui "doit permettre d'apprécier si son état de santé psychiatrique est compatible" avec la poursuite de ses auditions, selon le Pnat.

Les gardes à vue de quatre membres de son entourage familial et amical ont par ailleurs été levées, a indiqué le parquet antiterroriste. Parmi eux, figuraient ses parents, selon une source proche du dossier. (Quid avec AFP)

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