Actu
L’art, le cinéma, la mémoire et le patrimoine au cœur d’une dynamique culturelle plurielle
Le Centre d’art moderne de Tétouan accueille une exposition collective rétrospective intitulée « 80 », organisée à l’occasion du 80e anniversaire de la création de l’École préparatoire des beaux-arts
Tétouan, Chichaoua, Casablanca, Agadir et Belgrade ont vu plusieurs initiatives culturelles entre rétrospective consacrée à huit décennies d’enseignement artistique, exposition associant arts plastiques et santé mentale, Cinéma docu, valorisation internationale du caftan marocain et célébration musicale à Casablanca.
Tétouan célèbre huit décennies de création artistique
Le Centre d’art moderne de Tétouan accueille une exposition collective rétrospective intitulée « 80 », organisée à l’occasion du 80e anniversaire de la création de l’École préparatoire des beaux-arts, devenue aujourd’hui l’Institut national des beaux-arts.
Inaugurée en présence de personnalités du monde culturel, artistique et diplomatique, cette manifestation est portée par l’Association des lauréats des Beaux-Arts de Tétouan. Elle rend hommage à une institution qui a profondément marqué l’histoire des arts plastiques au Maroc.
L’exposition réunit 75 œuvres réalisées par 70 artistes issus de différentes générations formées dans cet établissement. Elle coïncide également avec le 70e anniversaire de la disparition du peintre espagnol Mariano Bertuchi, fondateur de l’école.
À travers un parcours chronologique, l’exposition retrace l’évolution des langages plastiques, tout en mettant en évidence les mécanismes de transmission du savoir artistique. Elle interroge aussi la notion d’« École plastique de Tétouan », en montrant comment les artistes ont su conjuguer héritage commun et singularité créative. Le résultat est un vaste panorama de la création marocaine où se croisent continuité, innovation et réinterprétation permanente des références fondatrices.
À Chichaoua, l’art au service de la santé mentale
À plusieurs centaines de kilomètres de là, le Complexe culturel de Chichaoua accueille une exposition itinérante consacrée aux liens entre création artistique et santé mentale.
Initiée par l’Association « Chams Tildat pour la santé mentale », sous l’égide de la Fédération nationale de la santé mentale et de la Coalition régionale de la santé mentale de Marrakech-Safi, cette manifestation s’inscrit dans une démarche de sensibilisation aux enjeux du bien-être psychique.
L’exposition rassemble des œuvres d’artistes venus de différentes régions du Royaume ainsi que des créations réalisées par des personnes en situation de handicap psychique ou vivant avec d’autres formes de handicap. Les travaux présentés illustrent la capacité de l’art à devenir un espace d’expression, de dialogue et de résilience.
Au-delà de sa dimension esthétique, l’initiative vise à lutter contre les préjugés et la stigmatisation entourant les troubles psychiques. Elle rappelle que la santé mentale constitue un droit fondamental et un élément essentiel de la cohésion sociale.
L’événement comprend également un hommage posthume à l’artiste Abbas Saladi, figure marquante de l’art contemporain marocain. Après son étape à Chichaoua, l’exposition poursuivra sa tournée dans plusieurs villes de la région Marrakech-Safi, notamment Marrakech, Benguérir, Safi, Youssoufia et Tahannaout.
Le caftan marocain poursuit son rayonnement international
À Belgrade, le patrimoine marocain a connu une nouvelle mise en valeur grâce à l’entrée d’un caftan marocain dans les collections permanentes du Musée d’Art Africain de la capitale serbe.
La donation a été effectuée à l’occasion du Durbar Day par une famille marocaine, en collaboration avec l’Association Amitié serbo-marocaine et avec le soutien de l’ambassade du Maroc en Serbie.
Cette pièce emblématique permettra aux visiteurs de découvrir une facette essentielle du patrimoine vestimentaire marocain et d’appréhender la richesse des traditions du Royaume.
L’initiative intervient quelques mois après l’inscription du caftan marocain sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, en décembre 2025. Cette reconnaissance internationale a consacré la valeur historique, artisanale et culturelle de ce vêtement devenu l’un des symboles les plus emblématiques de l’identité marocaine.
Au-delà de son intérêt muséal, la présence du caftan à Belgrade illustre le rôle de la culture comme vecteur de dialogue entre les peuples et comme instrument de rapprochement entre le Maroc et la Serbie.
La Fête de la Musique met la jeunesse à l’honneur
À Casablanca, la Fête de la Musique a offert un autre visage de la créativité marocaine à travers un concert organisé à l’espace La Sqala sous le thème « La musique fait escale à La Sqala ».
Portée par les associations Marocains Pluriels, La Sqala et OXY’Jeunes, cette manifestation a réuni plusieurs jeunes artistes autour d’un programme mêlant musique, danse, photographie et graffiti.
L’objectif était double : promouvoir les jeunes talents et valoriser les valeurs du vivre-ensemble à travers des formes d’expression complémentaires reflétant la diversité culturelle du pays.
Les artistes invités ont proposé des créations où le patrimoine musical marocain dialogue avec des influences contemporaines venues d’horizons variés. Parmi les participants figuraient notamment la chanteuse Maria Naciri, DJ Tokyo, le groupe Oxy Vision et le chanteur Salah Iskandar.
La soirée a permis à de jeunes créateurs de présenter leurs propres compositions tout en affirmant leur attachement aux racines musicales marocaines. Elle a également favorisé les échanges entre générations, notamment grâce au partage d’expérience de Maria Naciri avec les jeunes participants.
Au-delà du spectacle, l’événement a constitué une plateforme de valorisation des compétences artistiques de la jeunesse, illustrant le dynamisme d’une scène culturelle en constante évolution.
De Tétouan à Casablanca, de Chichaoua à Belgrade, ces initiatives témoignent d’une même ambition : préserver les héritages, encourager la création contemporaine et renforcer le rôle de la culture comme espace de dialogue, d’inclusion et d’ouverture sur le monde.
FIDADOC : le cinéma comme passerelle
Inscrit dans la Saison Méditerranée 2026, le programme favorise les échanges culturels entre la France et les pays du bassin méditerranéen à travers la circulation d’œuvres cinématographiques réalisées par des femmes.
Huit films et un dialogue
La projection a été suivie d’échanges avec le public autour des thématiques abordées, des choix de programmation et des différentes approches artistiques et cinématographiques proposées.
Le directeur artistique du FIDADOC, Hicham Falah, a souligné l’importance de développer les liens entre établissements pénitentiaires, écoles d’art et institutions culturelles, en faisant du cinéma un outil de formation et de transmission.
Les organisateurs ont rappelé la vocation inclusive du projet. Installé au sein de la prison des Baumettes, le Studio Image et Mouvement développe des activités de création et de diffusion audiovisuelle destinées aux détenues, favorisant l’accès à la culture et l’expression artistique.