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Église catholique au Maroc : un prêtre de Casablanca à son tour visé par une accusation de viol
L'archevêque catholique romain Cristóbal López Romero embrasse des fidèles d'Afrique subsaharienne lors de la messe du premier dimanche de Carême à la cathédrale catholique romaine Saint-Pierre de Rabat, la capitale marocaine, le 10 mars 2019. (Photo Fadel Senna / AFP)
L’Église catholique au Maroc est confrontée à une nouvelle affaire sensible. Après les accusations visant l’archevêque de Rabat, Cristobal Lopez Romero, le curé de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes de Casablanca, André Kemaleu, est accusé par une jeune femme de l’avoir violée en 2026. L’Église affirme qu’une enquête interne n’a pas permis d’établir les faits, tandis que les investigations du Vatican se poursuivent parallèlement dans l’affaire concernant l’archevêque de Rabat.
Une accusation transmise à la hiérarchie
La jeune femme, originaire d’Afrique subsaharienne, s’est confiée au printemps à une religieuse et à un membre du clergé. Son témoignage a ensuite été transmis à l’archevêque de Rabat, avant qu’un lanceur d’alerte ne le fasse parvenir à la nonciature apostolique, représentation diplomatique du Vatican au Maroc.
Cette nouvelle affaire intervient alors que l’Église catholique au Maroc est déjà secouée par les accusations visant son archevêque.
Des enquêteurs du Vatican à Rabat
Deux enquêteurs mandatés par le Vatican se sont rendus à Rabat le 4 août afin de poursuivre l’examen des accusations formulées contre Cristobal Lopez Romero. Plusieurs femmes l’accusent de violences sexuelles ou de comportements inappropriés.
Deux plaignantes ont notamment été entendues à la nonciature, l’une par téléphone et l’autre en présentiel. Leurs témoignages écrits avaient déjà été transmis plusieurs mois auparavant aux services compétents du Saint-Siège.
Le collectif Zéro tolérance, qui rassemble des victimes et des lanceurs d’alerte au Maroc et en Europe, dénonce parallèlement ce qu’il décrit comme des « tentatives de mise à l’écart » de certaines personnes impliquées dans les révélations.
Selon l’association, un lanceur d’alerte ne peut plus accéder à son bureau au sein de l’archevêché après le changement de sa serrure, tandis qu’un autre aurait été invité à prendre une année sabbatique. Deux des cinq femmes mettant en cause l’archevêque ont quitté définitivement le Maroc.
Cristobal Lopez Romero conteste les accusations
L’archevêque de Rabat, qui a annoncé sa mise en retrait le 7 juillet avant de rejoindre l’Espagne, nie les faits qui lui sont reprochés. Il affirme n’avoir commis « aucune agression, ni violence ni harcèlement » et indique ne pas encore avoir été entendu par les enquêteurs du Vatican.
Il demeure officiellement archevêque de Rabat, mais la gestion du diocèse a été confiée depuis le 1er août à Mario Leon Dorado, préfet apostolique de Laâyoune, nommé administrateur provisoire.
Ces affaires ravivent également le souvenir de précédents dossiers impliquant des prêtres ayant exercé au Maroc, notamment Antoine Exelmans, qui avait reconnu des violences sexuelles, ainsi qu’Yves Grosjean, poursuivi en France pour des accusations d’agressions sexuelles sur mineurs.