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Salima Naji décroche le Grand Prix du design 2026 de l’Institut du Monde Arabe
Le Centre d’interprétation du patrimoine de Tiznit constitue l’illustration la plus aboutie de la démarche de Salma Naji. Édifié en terre crue à l’intérieur des remparts historiques, il associe plusieurs matériaux et techniques de construction, notamment le bois, le tataoui, la pierre et la terre.
L’architecte marocaine Salima Naji a remporté le Grand Prix du design 2026 de l’Institut du Monde Arabe, à Paris, pour le Centre d’interprétation du patrimoine de Tiznit. Réalisé en terre crue au cœur des remparts historiques de la ville, le projet distingue une démarche qui conjugue architecture contemporaine, matériaux locaux, savoir-faire artisanaux et sauvegarde du patrimoine.
Une consécration pour vingt ans de travail
L’Institut du Monde Arabe a dévoilé mercredi soir les lauréats de la quatrième édition de ses Prix du design, consacrés à la création contemporaine dans le monde arabe. Parmi les 26 projets finalistes, celui de Salima Naji s’est imposé dans la catégorie Grand Prix.
Présente à la cérémonie de remise des distinctions, organisée notamment en présence de la présidente de l’IMA, Anne-Claire Legendre, l’architecte marocaine s’est dite très émue par cette reconnaissance, qu’elle voit comme l’aboutissement de vingt années d’efforts.
Pour Salima Naji, cette récompense consacre surtout un travail de fond sur « l’héritage tourné vers l’avenir », une approche qui refuse d’opposer conservation et création contemporaine.
Le patrimoine comme matière d’innovation
Le Centre d’interprétation du patrimoine de Tiznit constitue l’illustration la plus aboutie de cette démarche. Édifié en terre crue à l’intérieur des remparts historiques, il associe plusieurs matériaux et techniques de construction, notamment le bois, le tataoui, la pierre et la terre.
Salima Naji souligne que le projet rassemble ainsi différentes manières de bâtir et de travailler la matière. À ses yeux, cet assemblage donne au bâtiment une dimension particulière : celle d’un lieu où se rencontrent des fragments d’architecture et de création, tout en rendant hommage aux artisans qui en maîtrisent les savoir-faire.
Le jury a lui aussi insisté sur cette capacité à faire dialoguer tradition et présent. Il estime que le projet « réactive les matériaux locaux et les techniques ancestrales à travers une architecture contemporaine ». Dans un contexte où l’innovation architecturale est souvent associée à la recherche de nouveauté, cette réalisation rappelle, selon lui, que l’innovation peut également naître d’une compréhension approfondie de l’existant et de sa projection vers l’avenir.
Une architecte engagée dans la conservation
Installée à Tiznit depuis 2008, Salima Naji a suivi ses études d’architecture à Paris. Elle y a également obtenu un doctorat en anthropologie sociale, avant de compléter sa formation par des études en esthétique, arts et technologies de l’image, puis en philosophie de l’art.
Son parcours est marqué par une réflexion constante sur la préservation du patrimoine et sur les conditions de sa transmission. Elle est notamment l’auteure de plusieurs ouvrages, dont Architecture du bien commun, pour une éthique de la conservation.
Son travail a déjà été distingué au Maroc comme à l’international. Elle a notamment reçu la Grande Médaille d’or de l’Académie d’architecture française.
Le Maroc bien représenté à Paris
Le Grand Prix remporté par Salima Naji s’inscrit dans une édition marquée par une forte présence marocaine. Cinq créateurs du Royaume figuraient parmi les finalistes, un signal que les organisateurs présentent comme le reflet du rayonnement croissant de la création marocaine sur la scène internationale.
Les projets sélectionnés sont exposés au siège parisien de l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 20 septembre.
Créé en 2023, le Prix du design de l’IMA entend distinguer des réalisations innovantes dans l’architecture, le design et l’artisanat, tout en valorisant les identités culturelles et les savoir-faire du monde arabe.
Pour Anne-Claire Legendre, le succès croissant du rendez-vous confirme le rôle de l’Institut comme révélateur de talents contemporains, mais aussi comme plateforme capable de relier les créateurs du monde arabe aux réseaux français et européens.
Présidé cette année par l’architecte égyptienne Shahira Fahmy, le jury a décerné plusieurs distinctions, parmi lesquelles les prix Talent émergent, Artisanat contemporain, Impact, Jury et Public, en plus du Grand Prix.