Abdellatif Laâbi de retour parmi les siens

Abdellatif Laâbi de retour parmi les siens

Abdelatif Laabi reprend la parole pour annoncer son retour à domicile et la poursuite de sa convalescence

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Après plusieurs mois de silence imposés par une grave chute et une longue hospitalisation, le poère Abdelatif Laabi reprend la parole pour annoncer son retour à domicile et la poursuite de sa convalescence. Entre gratitude, fidélité à ses engagements et évocation du combat pour la poétesse palestinienne Alaa al-Qatraoui, ce message mêle nouvelles personnelles, reconnaissance et volonté de rester présent dans la vie publique.

Chères amies, chers amis,

J’ai presque envie de m’excuser de mon silence de ces derniers mois. Je ne vous y avais pas habitués. Chaque fois que les circonstances l’imposaient, j’étais présent (nécessité de manifester une solidarité, de m’élever contre l’injustice, mais aussi simples nouvelles de « l’intérieur » quand je publiais un livre ou participais à une manifestation à laquelle je voulais vous associer). Hélas, le destin — oui, le destin, sinon quoi d’autre ? — m’a frappé de plein fouet le 9 mai dernier : une vilaine chute qui a eu pour conséquence la fracture de la première vertèbre lombaire. Opéré quelque temps après, j’ai été hospitalisé pendant près de quatre mois dans plusieurs établissements de la banlieue parisienne.

J’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai quitté l’hôpital la semaine dernière et compte continuer les soins à domicile. Mon rétablissement prendra sans doute du temps car il exige beaucoup de prudence et un travail sans relâche de rééducation.

Mais, pour ne pas manquer à la tradition des heurs et malheurs que j’ai partagée avec vous, j’aurai bientôt l’immense plaisir de vous parler du triomphe du combat qui a été mené par le collectif de Dieulefit (Drôme), auquel j’avais participé en toute conviction : l’arrivée en France de la poétesse palestinienne ghazaouie Alaa al-Qatraoui.

Enfin, pas question d’oublier ici ce que je dois à mon aimée Jocelyne pendant tout ce séjour, elle qui a été au cours de cette épreuve peut-être plus présente auprès de vous que je ne peux l’être moi-même.

Croyez-moi, chères amies, chers amis, je ne compte pas laisser inexploitées les quelques énergies qui me restent.

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