Législatives 2026: 3 questions à Nabil Benabdellah et principaux engagements du électoraux du PPS

Législatives 2026: 3 questions à Nabil Benabdellah et principaux engagements du électoraux du PPS

Secrétaire général du PPS, Mohamed Nabil Benabdellah

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À l’occasion de la campagne électorale pour l’élection des membres de la Chambre des Représentants, prévue le 23 septembre, l'Agence marocaine Maghreb Arabe Presse (MAP) diffuse une série d’entretiens avec les leaders et les dirigeants des partis politiques participant à ces échéances. La programmation de ces contenus se fera selon un ordre chronologique établi sur la base de la date de réalisation des entretiens avec les leaders des partis, fixée en fonction de leurs disponibilités et agendas. Quid.ma, les relaye au fur et à mesure de leur publication par MAP.

Élections législatives: Trois questions au secrétaire général du PPS, Mohamed Nabil Benabdellah

 Propos recueillis par Chahid Andichi - MAP

 Rabat- Dans cet entretien accordé à la MAP et consacré aux élections législatives du 23 septembre, le secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), Mohamed Nabil Benabdellah revient sur le contexte général de ces échéances, les préparatifs du parti et ses ambitions post-électorales.

  Quelle est votre lecture du contexte général dans lequel se tient le scrutin du 23 septembre ?

 A l’échelle nationale, ces élections se tiennent alors que le Maroc se prépare à organiser des manifestations sportives de grande envergure, en premier lieu la Coupe du monde, un événement planétaire qui fera tourner les regards du monde entier vers le Royaume.

 Cette image positive devrait pourtant transcender le cadre des villes hôtes de la compétition pour qu'on puisse donner la juste mesure des progrès réalisés dans les domaines de la démocratie, des droits de l’Homme et de la justice socio-spatiale sur l’ensemble du territoire national.

 Ce scrutin intervient aussi dans un climat de "rejet populaire" auquel fait face le gouvernement actuel, du fait du renchérissement de la vie, de la détérioration du pouvoir d’achat des citoyens, en plus de l'incapacité des institutions élues à créer un changement positif et concret dans la vie quotidienne des Marocains.

  Comment le parti se prépare-t-il à ces échéances ?

 Pour mener à bien ce scrutin, le PPS mise sur des élites politiques renouvelées et qualifiées, composées essentiellement de jeunes, de femmes, de cadres et de compétences, en plus d’acteurs associatifs et de militants chevronnés dotés d’une expérience de terrain.

 A côté de ces nouvelles figures, le parti renouvellera sa confiance dans ses députés qui se sont distingués par leur forte présence sur le terrain et qui s’attachent à poursuivre le travail politique en capitalisant sur leur acquis dans leurs circonscriptions respectives.

 Les critères de sélection des candidats dans l’ensemble des circonscriptions électorales reposent, en premier lieu, sur la rectitude et l’intégrité. Le parti est éloigné de toute pratique ayant pour seule finalité de rafler des sièges électoraux, au mépris des règles éthiques régissant l'action politique, et à ne pas cautionner les personnes soupçonnées de corruption.

  Quelles sont les ambitions du PPS par rapport à sa place dans le futur paysage politique ?

 De par ses potentialités et sa ligne politique claire et audacieuse, le parti est capable d’assumer la responsabilité gouvernementale et de s’adapter avec la réalité marocaine et les constantes constitutionnelles, dans le cadre du développement progressif que connaît le Maroc, sans faire de concessions par rapport à son référentiel de gauche progressiste.

 Le parti a pratiqué, durant les cinq dernières années, une opposition responsable, patriotique et démocratique qui s’est caractérisée par la lutte contre les dérives, les problèmes socio-économiques et la cherté de la vie.

 En cas de forte participation électorale, le PPS entend réaliser "un sursaut qui le permettrait d’occuper les premiers rangs de la scène politique, afin d’ouvrir la voie à une alternative démocratique qui ne laisse personne en marge du développement".

Engagements du PPS

Le PPS place les secteurs de l'éducation, de la santé et de l'emploi au centre de son programme électoral, fondé sur une vision sociétale globale visant le renforcement du développement humain et la réalisation de la justice sociale et spatiale.

  Voici les principaux points de ce programme électoral:

 - Réforme de la santé : Généraliser l'AMO dès fin 2028 aux 8,5 millions de Marocains encore exclus, augmenter le nombre de médecins de 15.000 et d’infirmiers de 33.500.

 - L'école et l'université publiques : Recruter 18.000 enseignants par an dans le primaire et le collège, équiper 30.000 classes supplémentaires, prioritairement en zones rurales, faire entrer au moins une université publique marocaine dans le Top 500 mondial et réduire de moitié le décrochage scolaire.

 - Emploi et lutte contre le chômage : Réduire le taux de chômage national à moins de 10% par la création d'un million d'emplois en cinq ans, étendre la couverture médicale aux travailleurs indépendants et aux auto-entrepreneurs non encore couverts et garantir la soutenabilité des systèmes de retraite.

 - Revenus et pouvoir d'achat : augmenter le SMIG, le SMAG et les salaires des fonctionnaires de 15%, relever le bouclier social à 1.000 DH/mois pour les ménages en pauvreté multidimensionnelle, accorder une allocation "rentrée scolaire" de 1.000 DH/enfant pour les ménages à revenu modeste et créer un Conseil consultatif du dialogue social.

 - Culture et arts : Faire bénéficier 2 millions de ménages à revenu modeste d’un chèque culture défiscalisé de 1.000DH/an, rendre obligatoire l’éducation artistique dans tous les établissements scolaires, augmenter de 50% la fréquentation des sites culturels, construire 300 équipements culturels de proximité et 100 espaces culturels polyvalents et porter les ressources du ministère de la culture à 1% de la dépense publique.

 - Sport : Construire 5.000 terrains de proximité et garantir l’accès à une infrastructure sportive à 80% de la population et assurer 4 heures d’éducation physique par semaine pour tous les élèves de l’éducation nationale.

 - Souveraineté industrielle et économique : Porter à 20% la part de l’industrie dans le PIB et créer 500.000 emplois industriels nets, réduire de moitié le déficit de la balance commerciale en le ramenant à 10% du PIB, réhabiliter 20 zones industrielles sous-utilisées et créer 5 nouvelles zones dans les secteurs d’avenir.

 - Secteur informel et soutien à l'entreprise : Intégrer 20% des unités informelles dans le secteur formel et générer 10 MMDH par an de recettes fiscales et sociales, créer 15.000 TPME par an dont 500 au moins dans chaque région et réduire les défaillances d’entreprises, augmenter de 50% le nombre de grandes entreprises, tournées vers le marché intérieur et compétitives à l’export.

 - Justice fiscale : Relever le seuil d’exonération de l’IR à 60.000 dirhams, instaurer une plus grande progressivité, instituer un impôt de solidarité sur la fortune sur une base déclarative à taux progressif de 0,3% à 0,5%, publier annuellement un rapport d’évaluation de l’impact économique et social des dépenses fiscales et instituer un Conseil consultatif de l’équité et de l'efficacité fiscales.

 - Sécurité hydrique : Porter la capacité de dessalement à 1,7 milliard m3/an et réduire les pertes dans les réseaux de distribution hydrauliques à moins de 20% et réutiliser 50% des eaux usées traitées dans le cadre d’un plan national de l’économie circulaire.

 - Souveraineté alimentaire, agriculture et pêches durables : Assurer l’autosuffisance nationale en fruits et légumes et en protéines animales, réduire de 25% la consommation d’eau agricole et mettre en place des mécanismes de stabilisation des prix des produits alimentaires et renforcer les stocks stratégiques.

 - Territoires, aménagement et habitat : Réduire le déficit en logements de 350.000 unités à moins de 200.000 et orienter la production subventionnée vers des logements de 60 à 100 m2 conformes à des normes de qualité.

 - Transition numérique : Doubler le nombre d’emplois dans les métiers du numérique pour atteindre 300.000 emplois, numériser 100% des services publics prioritaires, déployer un cloud souverain pour l’ensemble des administrations publiques, atteindre 3.000 startups numériques et former 100.000 agents publics à l’usage des outils numériques.

 - Institutions constitutionnelles : Consolider le rôle des instances de bonne gouvernance, de régulation, de protection des droits et d’accès à l’information, renforcer les moyens des instances de bonne gouvernance.

 - Officialisation de l'amazighe : Rendre obligatoire l’enseignement de l’amazigh, garantir l’usage de l’amazigh dans l’administration, les hôpitaux, la justice, etc., et créer un fonds national destiné au financement du chantier amazigh.

 - Égalité et droits de la femme : Consacrer l’égalité des droits entre époux, abolir définitivement le mariage des mineures et instaurer la tutelle légale conjointe des deux parents et garantir l’égalité salariale entre les femmes et les hommes à compétences égales.

 - La jeunesse et la participation politique : Institutionnaliser les mécanismes de consultation et de participation des jeunes dans l’élaboration des politiques publiques, généraliser le "Pass Loisirs Jeunesse" donnant accès aux équipements sportifs, culturels, transports publics..., et animer la vie culturelle dans les maisons de jeunesse en y créant des théâtres, mini-cinémas, studios et festivals.

 - MRE : Sécuriser le patrimoine foncier et successoral des MRE et instaurer un mécanisme d’opposition conservatoire numérique, améliorer les conditions des étudiants marocains à l’étranger, et mettre en place le guichet unique MRE dans l’ensemble des administrations, établissements publics et collectivités territoriales.

 - Civisme et citoyenneté : Adopter un cadre normatif unifié des sanctions administratives civiques, intégrant des peines alternatives à caractère éducatif et réparateur, comme des travaux d'intérêt général et des formations civiques obligatoires.