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Les avocats reconduisent leur grève contre une réforme de la profession
Capture d’écran d’une vidéo AFP : L'Association du barreau marocain (ABAM) annonçant la poursuite de la grève nationale en cours depuis près de trois mois pour. « Cette décision reste en vigueur », a déclaré son président, El Houssain Iziani (aucentre). La réforme, adoptée en août, prévoit notamment une réorganisation de la gestion financière de la profession et des procédures disciplinaires.
L'Association des barreaux du Maroc (ABAM) a annoncé jeudi avoir décidé de poursuivre la grève nationale observée depuis près de trois mois pour protester contre une réforme considérée comme portant atteinte à l'indépendance des avocats.
L'ABAM "a pris aujourd'hui la décision de poursuivre ce mouvement", a déclaré le président de l'association, Me El Houssain Iziani, lors d'une conférence de presse à Rabat, organisée à l'issue d'une réunion consacrée aux suites de la grève, entamée le 15 juin.
Il s'agit d'un "boycott total de la prestation des services professionnels", a-t-il ajouté.
La loi, promulguée et publiée le 20 août au Bulletin officiel, prévoit une réorganisation de fond de la profession allant de la formation à la gestion financière en passant par la gouvernance interne du métier.
Portée par le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi, lui-même avocat, elle est vivement décriée par la profession depuis des mois.
Parmi les dispositions phares du texte, figure la mise en place d'un livre comptable des transactions financières de chaque cabinet et la création d'un compte de dépôt centralisé au niveau de chaque barreau, notamment pour les fonds issus de l'exécution de décisions de justice, placé sous le contrôle de la Cour des comptes.
Le texte prévoit en outre que le parquet supervise les procédures disciplinaires contre les avocats et leur interdit aussi de se mettre d'accord pour cesser totalement de fournir leurs services.
Depuis le début de la grève, de nombreux justiciables se retrouvent sans assistance juridique alors que les procédures judiciaires se poursuivent.
En début d'année, les avocats marocains avaient mené une grève perlée et organisé début février une manifestation nationale ayant rassemblé des milliers de robes noires à Rabat.
Les tensions s'étaient apaisées en février après la décision du gouvernement de créer une commission mixte autour de la réforme, mais l'adoption du texte en commission parlementaire mi-mai a ravivé les crispations. La loi a fini par être adoptée dans les deux chambres.