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Sécurité privée : un programme national pour renforcer le respect du droit du travail
Le ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences a lancé à Rabat un Programme national d’inspection des conditions de travail des agents de sécurité privée
Le ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences a lancé à Rabat un Programme national d’inspection des conditions de travail des agents de sécurité privée. Placée sous le signe « Pour un travail décent », cette initiative vise à renforcer le respect de la législation, notamment en matière de durée du travail, et à améliorer les conditions d’exercice dans un secteur soumis à de fortes contraintes d’organisation.
Un contrôle renforcé sur le terrain
Le programme a été lancé mercredi à Rabat par le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri. Il doit permettre de vérifier l’application effective des dispositions du Code du travail dans les entreprises de gardiennage et de sécurité privée.
L’accent sera notamment mis sur la durée du travail, à la lumière du nouvel amendement de l’article 193 du Code du travail. Des visites d’inspection seront menées directement dans les entreprises afin de contrôler l’organisation du temps de travail et le respect des obligations légales.
Le dispositif repose sur trois axes. Le premier concerne le contrôle sur le terrain. Le deuxième porte sur l’encadrement et la sensibilisation des employeurs comme des salariés aux nouvelles dispositions, ainsi que sur l’identification des difficultés liées à leur application. Le troisième vise à prévenir les infractions et à renforcer la culture du respect de la loi.
Un secteur soumis à des contraintes particulières
Pour Younes Sekkouri, ce programme revêt une importance particulière en raison de la nature même des activités de gardiennage et de sécurité privée. L’organisation du travail y est souvent marquée par les rotations, le travail de nuit, les gardes prolongées et la nécessité d’assurer une présence continue.
Le ministre a souligné que l’une des priorités consiste à garantir l’application effective des dispositions relatives à la durée légale du travail et, plus largement, le respect des droits fondamentaux des salariés.
« Nous voulons que ce programme constitue une étape pratique pour consolider le respect de la législation du travail, promouvoir les conditions de travail des employés de ce secteur et consacrer les principes du travail décent dans les entreprises du secteur », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’amendement de l’article 193 nécessite un accompagnement rigoureux sur le terrain afin de s’assurer que les nouvelles règles sont bien comprises par les entreprises et qu’elles sont appliquées correctement.
Plannings, heures supplémentaires et transparence
Le programme doit également permettre de vérifier que les entreprises mettent en place des plannings clairs et organisés, qu’elles respectent la durée légale du travail et qu’elles comptabilisent avec précision les heures effectivement accomplies.
L’objectif affiché est d’éviter tout contournement de la législation ainsi que l’imposition d’heures supplémentaires illégales. Cette question est jugée particulièrement sensible dans un secteur où les horaires peuvent être longs et les rythmes de travail contraignants.
Vers une évaluation globale du secteur
Au-delà des contrôles individuels, les résultats des inspections serviront à établir un diagnostic plus large de la situation du secteur. Celui-ci portera non seulement sur la durée du travail, mais aussi sur les salaires, la protection sociale et les conditions de sécurité au travail.
Le programme prévoit enfin d’unifier les méthodes de contrôle et de renforcer la coordination entre les services régionaux et provinciaux. Le ministère entend ainsi disposer d’un cadre d’intervention cohérent, susceptible d’améliorer durablement les conditions de travail des agents de sécurité privée tout en responsabilisant davantage les entreprises.