Driss Lachgar : l’USFP aspire à retrouver son rayonnement politique

Driss Lachgar : l’USFP aspire à retrouver son rayonnement politique

Le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar, a affirmé que son parti est déterminé à participer aux prochaines élections législatives, prévues le 23 septembre, avec une ambition ferme de conquérir les premières places

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À l’occasion de la campagne électorale pour l’élection des membres de la Chambre des Représentants, prévue le 23 septembre, l'Agence marocaine Maghreb Arabe Presse (MAP) diffuse une série d’entretiens avec les leaders et les dirigeants des partis politiques participant à ces échéances. La programmation de ces contenus se fera selon un ordre chronologique établi sur la base de la date de réalisation des entretiens avec les leaders des partis, fixée en fonction de leurs disponibilités et agendas. Quid.ma, les relaye au fur et à mesure de leur publication par MAP.

Législatives 2026 : Principaux engagements du programme électoral de l'USFP

 Rabat, MAP - Placé sous le signe "Équité, emploi, dignité : pour un développement équitable et une vie digne", le programme électoral présenté par l'Union socialiste des Forces populaires (USFP) pour les Législatives du 23 septembre repose sur 20 engagements, portant notamment sur les secteurs de l’emploi, de la santé et de l’éducation.

 Le programme repose, également, sur la consolidation de la souveraineté nationale dans les domaines industriel, hydrique et énergétique, la concrétisation de la justice territoriale, l’autonomisation économique des femmes et la consécration des principes d’intégrité et de bonne gouvernance.

Principaux engagements du programme électoral de l'USFP :

 - Réaliser une souveraineté industrielle productive, notamment à travers la conclusion de contrats industriels dans les secteurs de l’agroalimentaire, du médicament et des énergies renouvelables, la création de 250.000 emplois industriels, l’augmentation des exportations industrielles de 40% et un gain de 1,5 point de croissance par an.

 - Faire de l’emploi décent une priorité, en conditionnant toute aide ou exonération fiscale à la création d’emplois, avec pour objectif de ramener le taux de chômage à moins de 8%, ainsi qu'à moins de 10% chez les jeunes, et de porter le taux de participation des femmes à plus de 30%.

 - Assurer une répartition équitable des fruits de la croissance, en liant la croissance à l’amélioration des salaires et des revenus, avec une hausse de 20% du salaire moyen et de 15% du revenu net des salariés, ainsi qu’un soutien à 250.000 familles de la classe moyenne pour l’acquisition d’un logement et une réduction de 20% des dépenses des ménages dans les domaines de la santé et de l’éducation.

 - Instaurer une justice territoriale globale, en orientant l’investissement public vers les régions les moins développées, en augmentant de 50% la valeur des investissements qui leur sont destinés, en réduisant les disparités territoriales de 30%, tout en maintenant le niveau de l’investissement public à hauteur de 30% du PIB.

 - Soutenir les très petites et petites entreprises (TPE/PE), à travers l’accompagnement de 100.000 entreprises via des mécanismes de soutien prévus par la nouvelle Charte de l’investissement, la consécration de 30% des marchés publics à leur profit, ainsi que la création d’un établissement financier public destiné au financement des TPE et des PME et au suivi de leur situation financière.

 - Promouvoir un État social productif, en liant la protection sociale à l’insertion économique, en assurant une couverture sociale à 100% et en intégrant 20% des bénéficiaires de l’aide sociale dans le marché du travail.

 - Garantir une santé publique digne, à travers la mise à niveau des hôpitaux et le renforcement du personnel médical, l’augmentation du nombre de prestataires de soins à 4,5 pour 1.000 habitants, la réduction de 50% du temps d’attente, ainsi qu’un contrôle strict des cliniques privées. Il s’agit, également, d’achever la construction des CHU dans l’ensemble des régions et de doubler le nombre de diplômés des instituts de formation aux métiers de la santé, dans les secteurs public et privé.

 - Promouvoir un enseignement supérieur et une recherche scientifique de qualité, à travers la mise à niveau des universités et des conditions de travail des enseignants-chercheurs, la réduction de 40% du sureffectif dans les filières à accès ouvert, l'augmentation du budget de la recherche scientifique à 2% du PIB et du taux d’insertion des diplômés à 60%, en plus de la création de 10 nouveaux pôles universitaires dans les spécialités d’avenir et la digitalisation à 100% des services universitaires.

 - Promouvoir une agriculture productive et un monde rural digne, en orientant le soutien direct vers le petit agriculteur et en valorisant les chaînes de production, à travers leur articulation avec la transformation et la commercialisation locales, augmenter les revenus des petits agriculteurs de 30%, réduire de 30% la pauvreté rurale, créer 200.000 emplois ruraux, généraliser l’accès à l’eau, aux routes et aux services de santé et d'éducation et accroître d’un point par an la contribution de l’agriculture à valeur ajoutée à la croissance.

 - Mettre en place une administration numérique au service du citoyen, fondée sur la digitalisation à 100% des procédures et la réduction de 70% des délais des traitements des services administratifs.

 - Renforcer l’intégrité et lier responsabilité et reddition des comptes, à travers la révision des lois et l’activation des mécanismes de contrôle et de sanction, avec pour objectif de gagner 30 places dans les indices de gouvernance et d’atteindre la 50e place mondiale dans l’Indice de perception de la corruption.

 - Créer et rénover 50 salles de cinéma et 50 théâtres dans les différentes régions, soutenir la publication de 5.000 titres par an, avec l’octroi de subventions directes aux écrivains et aux maisons d’édition, créer 200 bibliothèques publiques et bibliothèques de proximité et porter le budget du secteur culturel à 1% du budget général de l’État.

 - Passer de la reconnaissance symbolique à la mise en œuvre effective du caractère officiel de l’amazigh, à travers l’adoption d’une communication bilingue dans 100% des administrations territoriales, la généralisation de son enseignement dans toutes les écoles primaires, la mise à disposition de 80% des documents administratifs essentiels en amazigh, le doublement de la production médiatique publique en langue amazighe et sa généralisation dans les tribunaux.

 - Assurer l’autonomisation économique des femmes, à travers le financement, l’accompagnement et le doublement du nombre des entreprises portées par des femmes, le rehaussement du taux de participation de la femme au marché du travail à 30%, la réduction du taux de chômage féminin à moins de 15%, ainsi que l’instauration de la parité dans tous les programmes d’emploi mis en œuvre par l’État.

 - Faire de la sécurité hydrique et énergétique une condition de la stabilité économique et de la souveraineté nationale, en garantissant un approvisionnement durable en eau potable à 100%, en réduisant de 40% les pertes d’eau dans les réseaux, en achevant les projets de dessalement et d’interconnexion des bassins, en portant à 60% la part des énergies renouvelables dans la production de l’électricité et en réduisant de 20% la facture énergétique nationale.

 - Assurer une insertion économique des jeunes, à travers un parcours fondé sur l’orientation, la formation et le financement, avec l’objectif d’intégrer 200.000 jeunes par an dans l’emploi ou l’entrepreneuriat, de soutenir 50.000 entreprises de jeunes sur 5 ans, d’atteindre un taux d’insertion de 80% après la formation professionnelle et de réserver 10% des marchés publics aux start-up et entreprises innovantes.

L’ENTRETIEN

Le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar, a affirmé que son parti est déterminé à participer aux prochaines élections législatives, prévues le 23 septembre, avec une ambition ferme de conquérir les premières places.

 Selon M. Lachgar, ces élections interviennent dans un contexte démocratique particulier consacrant le caractère institutionnel et régulier des rendez-vous électoraux dans le Royaume.

 Dans cet entretien accordé à la MAP, M. Lachgar revient sur le contexte et les enjeux de ce scrutin, les préparatifs du parti de la Rose, ainsi que ses ambitions politiques en prévision de ces élections.

  Dans quel contexte s’inscrivent les prochaines élections législatives et quels sont les principaux défis du système électoral actuel ?

 Les prochaines élections législatives, prévues le 23 septembre, s’inscrivent dans un contexte démocratique marqué par la régularité des échéances électorales dans le Royaume, désormais inscrites dans un calendrier connu à l’avance.

 Les consultations nationales relatives au système électoral ont constitué un acquis majeur pour consolider la concertation et moderniser les mécanismes démocratiques. Je me félicite de la situation actuelle de la pratique électorale et de l’efficacité de l’administration territoriale, d’autant plus que nous constatons une absence des facteurs traditionnels de discorde ainsi que l’unanimité des acteurs politiques quant au niveau de transparence et de bonne gouvernance caractérisant la gestion du processus électoral dans le Royaume.

 L’USFP a fait montre de responsabilité nationale vis-à-vis des projets de lois électoraux et contribué activement en faveur de l’adoption des dispositions portant sur la lutte contre la fraude électorale. Bien que l’USFP ait choisi de s’abstenir de voter, l’ensemble de ses revendications n’ayant pas été satisfaites, nous avons présenté des propositions novatrices en faveur d'une représentation féminine supérieure au tiers, outre l’adoption des listes électorales à la place de celles régionales, et la présentation de propositions facilitant la participation des Marocains du Monde.

Quelle est la stratégie organisationnelle déployée par l’USFP pour aborder ce scrutin, et quelle place est accordée aux candidatures des femmes et des jeunes ?

 L’USFP a abordé le processus des investitures à travers ses instances locales et sectorielles, dans le cadre d’un dialogue démocratique et responsable et via de larges concertations. Notre objectif est de couvrir l’ensemble des circonscriptions électorales aux niveaux local et régional à 100%.

 Les efforts de soutien et d’intégration des jeunes et des femmes émanent d’une conviction profonde au sein de notre parti. Les différentes circonscriptions locales devront connaître une forte participation féminine.

 Il s’agit également d’encourager les femmes disposant d’une expérience parlementaire ou communale solide à se porter candidates au niveau local, outre l’intégration des jeunes dans les circonscriptions locales.

 En effet, cette démarche incarne la vision du parti qui érige les jeunes en citoyens responsables, capables d’impulser un renouvellement générationnel effectif, tout en renforçant la présence qualitative des femmes et des jeunes au sein des institutions élues.

Quelles sont les ambitions de l’USFP pour ces législatives et quels résultats souhaitez-vous atteindre ?

 Lors de ces échéances, l’USFP aspire à retrouver son rayonnement politique, d’autant plus que le parti jouit aujourd’hui de la résilience, de la force et de la présence sur le terrain dans différents secteurs, ce qui permettra d'aborder ces législatives en toute sérénité.

 Le parti, qui occupe actuellement la quatrième place à la Chambre des représentants, ambitionne légitimement d’améliorer son positionnement lors du prochain scrutin et rejoindre la future coalition gouvernementale, voire la conduire.

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