Al-Qods, récit universel de paix et de dignité – Par Abdeljelil Lahjomri

Al-Qods, récit universel de paix et de dignité – Par Abdeljelil Lahjomri

Al-Qods n’est pas seulement un ensemble de pierres, de murailles et de monuments. Elle est une mémoire vivante qui habite la conscience des croyants et un miroir révélant ce qui subsiste de capacité à rendre justice dans la conscience humaine ( A.Lahjomri)

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À l’occasion d’une rencontre organisée par le Comité Al-Qods à l’Académie du Royaume du Maroc dans le cadre de la célébration de Rabat, capitale des médias arabes 2026, Abdeljelil Lahjomri évoque Al Qods comme une responsabilité intellectuelle, morale et humaine. Au-delà des enjeux politiques, la Ville sainte apparaît comme un symbole universel de justice, de coexistence et de paix fondée sur le droit. Dans un discours de cœur et de raison, le secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume rappelle que le Maroc a placé Al-Qods au cœur de ses constantes fondamentales et a fait de sa défense une composante d’une vision équilibrée qui conjugue responsabilité politique, initiative humanitaire et préservation de la dimension spirituelle et civilisationnelle de la Ville sainte.

Abdeljelil Lahjomri, secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc

Al-Qods, à la confluence de la mémoire, du sacré et du droit

Lorsque Al- Qods s’invite dans le débat de la pensée, les paroles acquièrent une gravité particulière. Parler de la Ville Sainte ne ressemble pas à l’évocation d’une cité ordinaire dans les annales de l’histoire, ni à celle d’un lieu traversé par la politique avant d’être oublié. Al-Qods est une cité qui se tient à la confluence de la mémoire, du sacré et du droit. Elle place le monde face à une question qui ne vieillit jamais : comment l’être humain peut-il préserver le sacré, protéger la dignité et faire de la paix le fruit de la justice plutôt qu’un voile dissimulant les blessures ?

Al-Qods n’est pas seulement un ensemble de pierres, de murailles et de monuments. Elle est une mémoire vivante qui habite la conscience des croyants et un miroir révélant ce qui subsiste de capacité à rendre justice dans la conscience humaine. Dans ses ruelles, l’histoire parle d’une voix discrète mais profonde. Dans ses lieux saints, la dimension spirituelle côtoie l’exigence de protection. Dans son présent se révèle le besoin d’un langage nouveau qui ne se contente pas de décrire la souffrance, mais qui cherche à rendre au droit sa place, à la paix sa dignité et à l’être humain son honneur.

Une rencontre intellectuelle au service d’une nouvelle vision

La réunion de haut niveau dans l’enceinte de l’Académie du Royaume du Maroc sur « Al-Qods, titre d’un récit universel pour la paix », organisée dans le cadre de la célébration de Rabat comme capitale des médias arabes pour l’année 2026, confère à cette rencontre une portée particulière. Elle associe le prestige de l’institution académique, la mission des médias dans la construction de la conscience collective et la place centrale de Jérusalem dans la conscience arabe et humaine. En accueillant cet événement intellectuel, Rabat rappelle la vocation la plus noble des médias : être un instrument d’expression responsable, un gardien de la vérité et un pont entre la mémoire et la justice.

Cette rencontre ne vise donc pas à ajouter un discours de plus à une longue série de discours. Elle ambitionne de construire une signification plus profonde de la Ville Sainte en la présentant comme le symbole d’une paix fondée sur le droit et non d’une simple accalmie dépourvue de justice ; comme le symbole d’un dialogue qui protège les lieux saints et non d’un dialogue qui vide les causes de leur substance.

C’est dans cette perspective que cette réunion trouve toute sa valeur : élaborer pour Al-Qods un récit digne de son histoire, fidèle à ses habitants et capable d’ouvrir au monde un horizon où la Ville Sainte apparaît comme un espace de dignité partagée plutôt que comme un terrain de conflit permanent.

Une responsabilité morale et intellectuelle

Le thème même de cette rencontre nous place face à une responsabilité intellectuelle et morale majeure. Al-Qods n’a pas besoin d’un discours médiatique éphémère, ni d’une émotion détachée de la sagesse. Elle a besoin d’un nouveau récit qui rende justice à son histoire, préserve son caractère sacré, protège ses habitants et ouvre à l’humanité une voie permettant de passer de la logique de la force à celle du droit, et du langage de la division à celui de la dignité commune.

Depuis le Maroc, cette rencontre revêt une signification particulière. Le Royaume a placé Al-Qods au cœur de ses constantes fondamentales et a fait de sa défense une composante d’une vision équilibrée qui conjugue responsabilité politique, initiative humanitaire et préservation de la dimension spirituelle et civilisationnelle de la Ville sainte.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, porte cette vision en sa qualité de Président du Comité Al-Qods. Le Maroc assume ainsi une responsabilité historique avec constance dans ses positions, sagesse dans son action et fidélité à ses engagements.

L’Appel d’Al-Qods et la vocation universelle de la paix

Cette vision royale trouve son expression universelle dans « l’Appel d’Al-Qods », signé à Rabat en 2019 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, et Sa Sainteté le Pape François.

Cet appel a présenté Jérusalem au monde comme un patrimoine commun de l’humanité, une terre de rencontre et un symbole de coexistence pacifique entre les fidèles des trois religions monothéistes. C’est là que se révèle l’essence même d’un récit universel de paix : Al Qods n’est pas un sujet de confrontation religieuse, mais un espace d’écoute, un lieu de miséricorde et un foyer des valeurs de dialogue et de respect mutuel.

Dans cette perspective, la paix ne signifie ni l’oubli des droits ni l’abandon de la mémoire des peuples. La paix véritable repose sur la justice, protège les lieux saints et garantit à l’être humain son droit à la sécurité et à la dignité.

Dès lors, la défense d’Al-Qods ne peut être dissociée de la défense du peuple palestinien et de son droit à la vie, à l’éducation, à la santé, au logement et à la sérénité sur sa terre, dans sa maison et dans sa ville.

Les initiatives humanitaires ordonnées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Président du Comité Al-Qods, incarnent cet engagement dans sa dimension concrète. Le Maroc ne se limite pas à formuler des positions de principe ; il traduit sa fidélité en actions, transforme la solidarité en réalisations tangibles et fait du service de Jérusalem le prolongement naturel de ses valeurs religieuses, nationales et humaines.

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