Lalla Mimouna au-delà de l’émotion : Les lois existent appliquons-les !

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Une commission interministérielle est constituée pour étudier les conditions de travail dans les unités de culture et les conserveries liées aux fruits rouges. On croit rêver. Il a fallu un cluster avec 700 contaminés au Covid 19 pour créer une commission est encore réservée au seul secteur des fruits rouges. Cela manque de sérieux.

Au Maroc, et depuis l’indépendance, les lois sont claires. L’employeur est responsable des conditions sanitaires dans lesquelles travaillent ses employés. On a attendu le coronavirus, pour se dire qu’il y a peut-être un problème.

Nous avons chaque année des milliers de morts liées au travail, presqu’autant que les accidents de la circulation et la guerre des routes. Ni le parlement, ni les syndicats n’en font un problème. Et pourtant c’est un drame !

Sur les chantiers les gens travaillent sans casques, ce qui fait que la moindre chute devient mortelle. Les ouvrières sont transportées debout par camions, au péril de leurs vies. Des ouvriers agricoles travaillent sous les serres, à 50 degrés à l’ombre, sans repos régulier pour se réfrigérer. Tout cela est su depuis des décennies, mais sans que l’inspection du travail, ou la santé publique ne réagissent.

La loi impose à toute entreprise qui emploie plus de 50 salariés d’avoir un médecin du travail. C’est à celui-ci de signaler des manquements. Seules les entreprises modernes s’y plient. Les autres emploient des médecins juste pour effectuer les contres visites.

Dans le cas de Lalla Maymouna, le médecin du travail, s’il existe, a une responsabilité morale et probablement judiciaire.

Les lois sociales sont encore moins appliquées que les autres. La création d’emplois devient un passe-droit extraordinaire, même pour les investisseurs étrangers. Lalla Maymouna ne fait que nous rappeler ce manque d’exigence. Nous avons deux ministres qui ne déclarent pas leurs employés à la CNSS. Des administrations qui choisissent des sous-traitants qui font travailler les gens au black. 

C’est peut-être le moment de se souvenir qu’un pays, un Etat se gouvernent par la force de l’exemple. C’est aussi le moment de rappeler que la vie des salariés compte, que le travail doit être lié à la dignité humaine. Sinon, c’est un asservissement. Nous n’avons pas besoin d’un effort législatif, d’une commission, mais de courage politique. Les lois existent, appliquons-les.