Essaouira : le gnaoua et le piyut réunis pour clore les Andalousies Atlantiques

Essaouira : le gnaoua et le piyut réunis pour clore les Andalousies Atlantiques

La rencontre entre le gnaoua et le piyut marocain a finalement pris corps sur la scène du festival, au terme d’un travail de création associant Hind Ennaira et HaPiyut Ensemble.

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La 21e édition du Festival des Andalousies Atlantiques s’est achevée samedi soir à Essaouira sur une rencontre musicale entre la chanteuse gnaoua Hind Ennaira et HaPiyut Ensemble, consacré aux chants liturgiques juifs marocains. Une création qui illustre la richesse d’un patrimoine où les traditions musicales se rencontrent sans perdre leur identité.

Une rencontre musicale préparée depuis 2022

Il aura fallu plusieurs années pour concrétiser ce projet. Esquissée en 2022 à Dar Souiri, la rencontre entre le gnaoua et le piyut marocain a finalement pris corps sur la scène du festival, au terme d’un travail de création associant Hind Ennaira et HaPiyut Ensemble.

Cette formation intergénérationnelle de 18 artistes œuvre à la préservation et à la transmission du piyut, poésie liturgique chantée profondément enracinée dans la tradition juive marocaine.

Pour préparer le concert, les musiciens gnaoua ont partagé leur répertoire avec l’ensemble, qui a adapté leurs mélodies et leurs rythmes à des textes de « Yaguel Yaakov », recueil de piyoutim composés au Maroc par la famille Abihssira.

Pendant près d’une heure et demie, la voix puissante de Hind Ennaira a accompagné les chants de HaPiyut Ensemble, dans une création respectueuse des singularités de chaque tradition.

Heureuse de clôturer le festival dans sa ville natale, Hind Ennaira a rappelé ses précédentes expériences de fusion, notamment avec l’orchestre andalou d’Amsterdam. Ces collaborations lui ont permis d’explorer les possibilités de rencontre du gnaoua avec d’autres genres musicaux.

Pour Avraham Cohen et Yair Harel, membres de HaPiyut Ensemble, cette création est l’aboutissement d’un long travail musical. Ils y voient également un message de paix et de rapprochement entre les peuples et souhaitent la présenter sur d’autres scènes internationales.

Le flamenco rejoint la fête

Autre temps fort de cette soirée, la première participation au festival de la danseuse et chorégraphe espagnole Olga Pericet, figure du flamenco contemporain.

L’artiste a présenté « Perspectiva de un baile sonoro », une création qui revisite le flamenco traditionnel, avant de partager la scène avec Hamid Ajbar, musicien marocain reconnu pour son travail autour des liens entre musique arabo-andalouse et flamenco.

Olga Pericet a salué une rencontre qui dépasse la simple prestation commune et exprime, selon elle, la dimension spirituelle et les liens profonds entre les traditions musicales marocaine et andalouse.

Un patrimoine aux multiples expressions

La dernière journée avait débuté à Dar Souiri avec « Marhba Blli Ja Andna », réunissant Nouhaila El Kalai autour du chaâbi fassi, Anass Belhachemi pour la taqtoqa jabalia et Hicham Dinar autour du répertoire musical des Juifs marocains.

Mohamed Aaboud a également proposé un programme associant musique andalouse, mawwals, chants de zaouïas et chansons populaires du Nord du Maroc.

Organisée par l’Association Essaouira-Mogador sous le thème « Alif x Alef : deux lettres, une même histoire », cette 21e édition a réuni des artistes de différents horizons autour d’un héritage musical partagé.

En faisant cohabiter sur ses scènes le gnaoua, le piyut, le flamenco et les traditions populaires marocaines, le festival confirme la vocation culturelle d’Essaouira : une ville où la diversité des héritages nourrit la création contemporaine et où la coexistence demeure une réalité vivante.