Avec l'art et l'espoir, des Zailachis illuminent le chemin de sortie du confinement

5437685854_d630fceaff_b-

Assilah

323
Partager :

Assilah - Les circonstances exceptionnelles liées à la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19), n’y changent rien, la Fondation du Forum d'Assilah a choisi de tracer sa propre voie pour se débarrasser des effets psychologiques du confinement, en faisant appel à l'art, pour semer l'espoir dans l'esprit et le coeur des Zailachis.

L'ancienne médina d'Assilah, renouant avec sa tradition de s'orner de fresques murales, réalisées, tout au long des quatre dernières décennies, par des artistes marocains et étrangers à l'invitation de la Fondation du Forum d'Assilah, a choisi cette année, les peintures murales à un goût très particulier. 

Dans leur majorité réalisées par des talentueux artistes zailachis et un groupe de jeunes et d'enfants créateurs, qui ont plongé leurs pinceaux dans les couleurs de l'espoir pour embellir le chemin de sortie du confinement et, pourquoi pas, de la pandémie, les fresques se sont s'affranchie de l’angoisse et des effets de l'isolement.

L'artiste-peintre zailachi, Mohamed El Anzawi, responsable de l'atelier de peinture murale de la Fondation du Forum d'Assilah, veut la session de cette année est "exceptionnelle". Comment ne le serait-elle pas vu que tous les festivals et manifestations ont été annulés au Maroc et ailleurs, à cause de la pandémie du Covid-19. Mais il en faut un peu plus pour décourager les zailachis qui ont lancé une initiative soutenue par des artistes locaux, afin de réconforter les habitants et accueillir les visiteurs de la ville dans une atmosphère de plaisir et de joie.

A la hauteur de l’évènement, le peintre El Anzaoui a vu dans le coronavirus les phalanges espagnoles de Franco et s’ est inspirée du tableau "Guernica" de Pablo Picasso, qui a marqué l'histoire de l'art et de crimes de guerre, tout en modifiant certaines caractéristiques des traits de visage de ses personnages, en leur faisant porter des masques de protection pour représenter au mieux le contexte actuel de crise sanitaire mondiale liée à la pandémie du Covid-19.

Hiba El Fekhari, artiste en herbe a donné à sa peinture murale une autre perspective, portée par la colombe de la paix dans le ciel d'une ville d'authenticité et de charme. Son but déclaré coller au thème de cette session "Coronavirus ... confrontation et espoir".

La jeune artiste assure que "l'espoir est le meilleur moyen de vaincre le virus, et l'art reste le meilleur outil pour exprimer la souffrance après la pandémie", ajoutant "cette édition du Moussem d'Assilah se veut une occasion pour alléger le sentiment de perte et de manque que nous avons vécu lors du confinement" imposé par la pandémie.

Dans le même sillage, l'artiste plasticien, Hakim Ghailan, a dit avoir choisi de participer à une fresque murale sur le thème "chats ludiques" sur un fond d'un jaune lumineux qui trompe l'œil, notant que le but est de faire passer un message clair pour préserver l'espoir et garder l'esprit actif dans le contexte de la pandémie.

"J'ai choisi les chats parce que ce sont des animaux connus pour leur esprit joyeux et leur capacité à apporter joie et plaisir à l'être humain", a-t-il fait savoir.

Les chats dessinés par cet artiste dépasseront les limites de cette murale pour se promener entre les ruelles étroites d'Assilah, alors que M. Ghailan cache une surprise pour les habitants et les visiteurs de la ville atlantique, qui portera sur 70 chats dessinés sur les murs de la ville, et l'organisation d'un concours pour trouver le plus grand nombre de chats et partager les photos sur les réseaux sociaux, pour gagner un tableau artistique original.

Quant à Abdelkader El Aâraj, artiste spécialisé dans les peintures murales et l'un des trois artistes participant à cette initiative qui vivent en dehors d'Assilah, il incarne le sentiment d'appartenance à cette cité des artistes et son interaction avec son architecture, ses habitants, ses couleurs et ses formes.

M. El Aâraj, qui crée depuis 40 ans des peintures murales qui ornent les murs de la ville tout au long de l'année, a dit que le thème choisi pour sa fresque murale est "la ville d'Assilah elle-même, qui se distingue par son architecture, ses arches magnifiques et ses ruelles", ajoutant "je ne choisis pas les couleurs et les formes, mais je dessine seulement ce que je ressens quand je suis ici. Assilah en elle même est une toile".

"Assilah est une ville pleine d'art, de culture et de peintures murales, l'une des activités initiées par la Fondation du Forum d'Assilah Assilah pour aider les gens à surmonter la pandémie du Covid-19, aux côtés de l'organisation d'expositions et de la pose de sculptures sur les principaux ronds-points de la ville", a indiqué Taoufiq El Ouzari, le deuxième vice-secrétaire général de la Fondation, assurant que toutes les activités sont menées dans le respect des restrictions de précaution et des mesures préventives, liées notamment au port du masque, la désinfection et la distanciation sociale.

Il ressort de ce regain d'intérêt populaire pour les arts et la participation des artistes et des familles à la réalisation de peintures murales que la Fondation a gagné le pari de la lutte contre le coronavirus à travers l'art.

L'objectif de ces activités, qui se tiennent du 15 au 30 juillet, est de réduire l'impact du confinement sur les habitants et les visiteurs de la ville, créer la joie dans le cœur des enfants et des jeunes, et impliquer les artistes locaux dans l'embellissement de la ville, en plus de la création d'une atmosphère de plaisir et de détente.

Si la pandémie a empêché, de façon inhabituelle, l'arrivée d'artistes et d'intellectuels des quatre coins du monde pour participer à l'édition de cette année du Moussem culturel international d'Assilah, les habitants de la ville étaient à l'heure pour maintenir une tradition annuelle qui a marqué l'histoire de la ville atlantique au cours des dernières décennies: les fresques murales par lesquelles la Fondation du Forum d'Assilah a contribué à la démocratisation de l'art plastique et son rapprochement du grand public.