Au Monumental, l'Albiceleste fait ses adieux à Lionel Messi

Au Monumental, l'Albiceleste fait ses adieux à Lionel Messi

L'attaquant argentin n° 10, Lionel Messi lors d'un hommage rendu à l'issue du match amical international de football opposant l'Argentine au Bénin, au stade Mas Monumental de Buenos Aires, le 6 octobre 2026. (Photo Luis ROBAYO / AFP)

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Dans un Monumental gagné par l’émotion, Lionel Messi a fait ses adieux à l’Albiceleste après plus de vingt ans sous le maillot argentin. Devant plus de 85.000 spectateurs, le capitaine a ponctué sa dernière apparition d’un 126e but en sélection, avant une longue communion avec ses coéquipiers et un public venu célébrer une légende devenue indissociable de l’histoire du football argentin.

  Par Idriss Tekki - MAP

  Buenos Aires - Ce qui devait être un match d’adieu s’est mué en une immense fête, une longue communion entre Lionel Messi, ses coéquipiers et plus de 85.000 spectateurs venus saluer celui qui aura incarné l’Albiceleste pendant plus de deux décennies.

 L’Argentine a battu le Bénin 3-0 en match amical, mais le score est vite passé au second plan. Mardi soir au Monumental, tout ramenait au numéro 10 : les chants, les embrassades, les larmes et jusqu’au maillot spécialement confectionné pour ce dernier rendez-vous.

 Pendant l’hymne national, Messi avait les yeux humides, alors que Scaloni, son entraîneur et plusieurs joueurs peinaient à contenir leur émotion. Une équipe rompue aux grands rendez-vous affrontait une épreuve inhabituelle, celle de dire au revoir à son capitaine.

 Un Monumental debout

 À la 10e minute, le jeu s’est interrompu quelques instants: le stade s’est levé d’un seul mouvement et le nom de Messi a déferlé des tribunes, tandis que les joueurs béninois se joignaient à l’hommage.

 Sur le terrain, le capitaine a pourtant refusé que sa dernière soirée se résume à une cérémonie, en transformant un penalty, le troisième but argentin de la soirée, son 126e avec l’Albiceleste, offrant au Monumental une dernière célébration.

 Après le coup de sifflet final, face à un stade qui refusait de se vider, Messi a d’abord évoqué son père, décédé quelques mois auparavant, avant de revenir sur ses vingt années sous le maillot national.

 « Porter ce maillot pendant vingt ans a été très important pour moi », a-t-il dit, remerciant ses coéquipiers qui lui ont permis de « devenir champion de tout ». Puis est venue cette phrase, simple mais lourde de sens : « Ne plus revenir sera une grande douleur ».

 Autour de lui, les accolades se sont multipliées. Rodrigo De Paul avait raconté combien Messi l’avait aidé à devenir « une meilleure personne, un meilleur père et un meilleur ami ». Ángel Di María, compagnon des désillusions comme des plus grands triomphes, avait lui aussi reconnu combien il serait difficile d’imaginer désormais le Onze national sans « Leo ».

 De la défiance à la consécration

 Messi quitte l’Albiceleste avec 208 sélections et 126 buts, records absolus de matches et de réalisations avec l’Argentine, dont il est également le meilleur passeur.

 Son histoire avec l’Argentine n’a pourtant pas toujours été simple. Parti très jeune en Espagne, longtemps comparé à Diego Maradona et critiqué après plusieurs finales perdues, il avait même annoncé son retrait après la Copa América 2016.

 Puis tout a changé avec le sacre continental de 2021 qui a ouvert la voie à la Finalissima 2022, puis au titre mondial au Qatar. Une nouvelle Copa América en 2024 et une finale de Coupe du monde en 2026, perdue face à l’Espagne, ont achevé de transformer une relation longtemps tourmentée en communion.

 La stature de Messi dépasse largement l’Albiceleste. Octuple Ballon d’Or, quadruple vainqueur de la Ligue des champions et sextuple Soulier d’Or européen, il a passé plus de vingt ans au sommet du football mondial et inspiré plusieurs générations.

 Les hommages venus des grandes figures du jeu ont rappelé cette dimension. Neymar a salué tout ce que son ancien coéquipier au Barça et au PSG avait apporté au football, tandis que Ronaldinho, qui l’avait accompagné à ses débuts au FC Barcelone, a résumé son héritage en quelques mots : « Ton nom est gravé dans l’histoire de ton pays et du monde entier ».

 Une fête qui ne voulait pas finir

 La fête s’est prolongée longtemps après le match. Le Monumental est resté plein, les chants ont continué et des milliers de téléphones sont demeurés levés pour retenir encore quelques instants cette dernière image du capitaine.

 Puis le ciel de Buenos Aires est devenu à son tour une scène. Jeux de lumière, feux d’artifice et drones ont prolongé l’hommage, faisant notamment apparaître « Gracias Argentina » et « Gracias Leo » au-dessus du stade.

 L’Albiceleste devra désormais apprendre à avancer sans lui. Égaler, et plus encore dépasser, l’héritage de Lionel Messi paraît aujourd’hui une tâche immense. Mais l’Argentine a déjà montré qu’elle savait réinventer ses légendes.

 Après Diego Maradona, beaucoup pensaient déjà que l’Argentine ne connaîtrait plus une figure capable d’atteindre une telle dimension. Messi a prouvé le contraire. L’histoire dira si un autre suivra. 

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