Sport
Foot: Sénégal et Maroc se disputent la CAN-2025 devant le TAS
Le secrétaire général de la Fédération royale marocaine de football, Tarik Najem (à droite), aux côtés du supporter marocain Noureddine Falah, alias « Dolmy » (à gauche), à l'issue d'une audience devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) concernant l'appel interjeté par le Sénégal contre le Maroc après une finale chaotique de la Coupe d'Afrique des nations, à Lausanne, le 8 octobre 2026. (Photohoto de Fabrice Coffrini / AFP))
Dix mois après une finale tumultueuse de la CAN-2025 remportée par le Sénégal, mais attribuée sur tapis vert au Maroc par la Confédération africaine de football (CAF), le litige entre les deux sélections est désormais entre les mains du Tribunal arbitral du sport (TAS). Réunis jeudi à Lausanne, les représentants des deux fédérations ont défendu leurs positions lors d’une audience de plus de cinq heures. Le TAS espère rendre sa décision dans les prochains jours ou semaines, au terme d’une procédure dont dépend l’attribution définitive du titre continental.
Des Lions de l'Atlas ou de la Téranga, qui sera le champion d'Afrique ? Dix mois après la finale de la CAN-2025, le Tribunal arbitral du sport a examiné jeudi le recours sénégalais contre la victoire du Maroc sur tapis vert, en espérant trancher rapidement.
Pendant un peu plus de cinq heures à Lausanne, sur les rives suisses du Léman, la juridiction suprême du sport a démêlé à huis clos un litige inédit, aucune sélection n'ayant jamais perdu de cette manière un titre conquis sur le terrain.
"Je sais bien que l'attente des supporters, aussi bien sénégalais et marocains que tous les fans africains, est très longue", a reconnu face à la presse Matthieu Reeb, directeur général du TAS, visant "une décision motivée dans les plus brefs délais": "ça devrait durer quand même quelques jours, voire quelques semaines", a-t-il averti.
Aucune des parties n'a commenté le fond de l'affaire: les représentants marocains sont sortis sans un mot, alors que le secrétaire général de la Fédération sénégalaise, Abdoulaye Sow, attend désormais "que le droit du sport soit dit et que ce match là soit plié, pour la dignité et pour l'honneur de l'Afrique".
Trophée toujours sénégalais
Le 18 janvier dernier à Rabat, le Sénégal avait été sacré champion d'Afrique en dominant le Maroc (1-0) au bout de la prolongation et du chaos: contestant un penalty accordé aux Marocains dans le temps additionnel, finalement manqué par Brahim Diaz, une grande partie des Sénégalais avaient quitté le terrain, et n'y étaient revenus qu'un quart d'heure plus tard, tandis que des supporters sénégalais saccageait les sièges.
Saisi par la fédération marocaine, le jury d'appel de la CAF avait prononcé le 17 mars la défaite par forfait du Sénégal, sur un score de 3-0, en se référant aux articles 82 et 84 du règlement de la CAN qui interdisent de "quitter le terrain avant la fin réglementaire du match sans l'autorisation de l'arbitre".
Selon Thibault Ulrich, chercheur en droit du sport à l'Université de Lausanne, le jury d'appel de la CAF a fait une "lecture extrêmement stricte" du règlement de la CAN, qui n’aurait pas tenu compte du fait que l'arbitre congolais de la finale, Jean-Jacques Ndala, a laissé la rencontre reprendre après le retour des Sénégalais.