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Messi éternel, l’Argentine renverse l’Angleterre et rêve d’un doublé historique
L'attaquant argentin n° 10, Lionel Messi (à gauche), et l'attaquant anglais n° 09, Harry Kane (à droite), se saluent à l'issue de la demi-finale de la Coupe du monde de football 2026 opposant l'Angleterre à l'Argentine, au stade d'Atlanta, le 15 juillet 2026. (Photo : Odd Andersen / AFP)
Quid avec MAP et AFP
Menée pendant une grande partie de sa demi-finale face à l’Angleterre, l’Argentine a une nouvelle fois puisé dans ses ressources pour s’imposer 2-1 et rejoindre l’Espagne en finale de la Coupe du monde 2026. Guidée par un Lionel Messi de 39 ans, toujours décisif malgré le poids des années, l’Albiceleste s’offre une nouvelle occasion d’entrer dans l’histoire en visant un deuxième titre mondial consécutif, un exploit inédit depuis le Brésil de Pelé et Garrincha en 1958 et 1962.

L'attaquant argentin n° 10, Lionel Messi, exulte après la victoire de son équipe lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football 2026 opposant l'Angleterre à l'Argentine, au stade d'Atlanta, le 15 juillet 2026. (Photo : Odd Andersen / AFP)
Le génie de Messi fait encore la différence

L'attaquant argentin n° 22, Lautaro Martinez, marque le deuxième but de son équipe face au gardien anglais n° 01, Jordan Pickford, lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football 2026 opposant l'Angleterre à l'Argentine au stade d'Atlanta, à Atlanta, le 15 juillet 2026. (Photo : Jewel Samad / AFP)
Les années passent, mais Lionel Messi continue de défier le temps. À 39 ans, le capitaine argentin a une nouvelle fois prouvé qu’il restait l’un des joueurs les plus influents du football mondial. Sans inscrire le moindre but, il a porté son équipe vers la victoire grâce à deux passes décisives d’une précision chirurgicale qui ont totalement changé le destin d’une demi-finale longtemps menée par l’Angleterre.
Pendant plus de quatre-vingts minutes, l’Argentin a pourtant été contenu par le pressing anglais. Elliot Anderson et ses partenaires ont limité son influence, réduisant ses espaces et l’obligeant à décrocher très bas pour toucher le ballon. Mais comme souvent avec les plus grands, quelques instants de liberté lui ont suffi pour renverser la rencontre.
À la 85e minute, Messi a trouvé Enzo Fernández d’un centre parfaitement dosé. Le milieu argentin, laissé étonnamment seul à l’entrée de la surface, a ajusté Jordan Pickford d’une frappe croisée pour remettre les deux équipes à égalité.
Quelques minutes plus tard, dans le temps additionnel, le capitaine argentin a encore frappé. Après une tentative d’Alexis Mac Allister repoussée par le poteau, Messi a récupéré le ballon sur le côté droit avant d’adresser un centre précis vers Lautaro Martínez. L’attaquant de l’Inter Milan a conclu de la tête pour offrir la qualification à l’Albiceleste au terme d’un scénario renversant.
Une demi-finale longtemps verrouillée
Avant ce dénouement spectaculaire, la rencontre avait pourtant pris l’allure d’un affrontement tactique où chaque espace était chèrement disputé.
La première période s’est résumée à une succession de duels physiques et d’interventions défensives. Les deux sélections se sont neutralisées sans véritable occasion franche, privilégiant l’équilibre et la discipline.
Au retour des vestiaires, Julián Álvarez a tenté d’accélérer le rythme avec deux frappes successives, mais l’Angleterre est restée solide. Les Three Lions ont finalement ouvert le score à la 55e minute grâce à Anthony Gordon, parfaitement servi par Morgan Rogers.
Cette ouverture du score a profondément modifié la physionomie du match. Les hommes de Thomas Tuchel ont progressivement choisi de défendre leur avantage, abandonnant la maîtrise du ballon à une Argentine de plus en plus entreprenante.
Jordan Pickford a longtemps retardé l’échéance. Le gardien anglais s’est illustré par plusieurs arrêts exceptionnels, notamment devant Nicolás González puis Alexis Mac Allister. Mais la succession sans répit des vagues argentines a fini par faire céder une défense britannique de plus en plus acculée.
Une équipe qui refuse de renoncer
Cette qualification confirme une constante du parcours argentin durant ce Mondial. L’équipe de Lionel Scaloni semble puiser sa force dans l’adversité.
Avant cette demi-finale, l’Albiceleste avait déjà frôlé l’élimination à plusieurs reprises. Face au Cap-Vert, elle ne s’était imposée qu’après prolongation. En huitième de finale contre l’Égypte, elle était encore menée 2-0 à dix minutes de la fin avant d’opérer une remontée spectaculaire. En quart de finale, la Suisse avait également poussé les champions du monde jusqu’aux prolongations.
À chaque fois, l’Argentine a trouvé les ressources mentales pour inverser le cours des événements.
Lionel Messi symbolise cette capacité de résistance. Désormais en semi-retraite sportive à l’Inter Miami, il ne possède plus l’explosivité de ses jeunes années. En revanche, sa lecture du jeu, sa précision technique et son sens du moment décisif demeurent exceptionnels.
Déjà meilleur buteur du tournoi avec huit réalisations à égalité avec Kylian Mbappé, il s’impose également comme l’un des meilleurs passeurs de la compétition. Plus qu’un finisseur, il est devenu le véritable chef d’orchestre d’une sélection capable de hausser son niveau lorsque la pression atteint son maximum.
Les hommages affluent
Après la rencontre, Lionel Scaloni n’a pas caché sa satisfaction.
Le sélectionneur argentin a salué le caractère de son groupe, soulignant sa capacité à renverser une situation compromise. Il a également rendu hommage à son capitaine, dont le leadership continue de porter l’équipe dans les moments les plus délicats.
Scaloni s’est déjà projeté sur la finale face à l’Espagne. Selon lui, la Roja mérite pleinement sa qualification après son succès contre la France et représente un adversaire d’un très haut niveau. Le technicien assure toutefois connaître parfaitement les qualités espagnoles et promet une finale spectaculaire pour les amateurs de football.
Même du côté anglais, les éloges ont été nombreux.
Harry Kane a reconnu que son équipe avait globalement réussi à limiter Messi pendant une grande partie du match. Mais il a rappelé qu’il suffit au génie argentin de quelques ballons dans les trente derniers mètres pour faire basculer une rencontre.
Le capitaine anglais a regretté que son équipe lui ait laissé davantage d'espace dans les vingt dernières minutes, offrant ainsi aux Argentins les conditions idéales pour reprendre confiance.
Thomas Tuchel, lui, a assumé pleinement ses choix tactiques. Le sélectionneur allemand a défendu son passage à une défense à cinq après l’ouverture du score, estimant que cette décision répondait à la nécessité de réduire les espaces laissés aux attaquants argentins. Malgré l’élimination, il considère que ses joueurs ont livré l’une de leurs meilleures prestations du tournoi et affirme ne nourrir aucun regret.
Une victoire célébrée comme un symbole national
À Buenos Aires, le coup de sifflet final a immédiatement déclenché une immense vague de célébrations.
Des dizaines de milliers de supporters se sont rassemblés autour de l’Obélisque, transformant le centre de la capitale en une gigantesque fête populaire. Les chants traditionnels dédiés à Messi ont résonné jusque tard dans la nuit, tandis que les drapeaux bleu et blanc recouvraient les principales artères de la ville.
Cette victoire contre l’Angleterre possède une portée qui dépasse largement le cadre sportif. Comme lors des confrontations historiques entre les deux nations, notamment au Mondial 1986, de nombreux supporters ont également évoqué les îles Malouines à travers des banderoles et des chants rappelant la revendication argentine sur cet archipel.
Les autorités avaient mobilisé un important dispositif de sécurité afin d’encadrer les festivités, qui se sont déroulées sans incident majeur. Cette nouvelle démonstration de ferveur confirme la place unique qu’occupe le football dans l’identité nationale argentine.
Le rendez-vous avec l’histoire
Dimanche, au MetLife Stadium d’East Rutherford, dans la banlieue de New York, l’Argentine retrouvera l’Espagne pour une finale qui s’annonce exceptionnelle.
Au-delà d’un simple titre mondial, les hommes de Lionel Scaloni poursuivent un objectif historique. En cas de victoire, ils conserveraient leur couronne conquise quatre ans plus tôt et deviendraient la première sélection à réaliser un doublé mondial depuis le Brésil de Pelé et Garrincha en 1958 et 1962.
L’Espagne, impressionnante tout au long de la compétition, représente cependant un défi d’une tout autre ampleur. La Roja possède l’une des meilleures maîtrises collectives du tournoi et a démontré sa capacité à dominer les grandes nations européennes.
Face à elle, l’Argentine misera une nouvelle fois sur son expérience, son incroyable résilience et, surtout, sur un Lionel Messi qui semble repousser les limites du temps. À 39 ans, celui qui a déjà tout gagné pourrait encore écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du football en offrant à son pays une quatrième étoile mondiale et un doublé inédit depuis plus de six décennies.