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Mondial-2026: "inoffensifs", "absents", la presse française sévère avec des Bleus ‘’sans Français’’
L'attaquant français n° 10, Kylian Mbappé, à bout de souffle lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football 2026 opposant la France à l'Espagne, au Dallas Stadium d'Arlington, le 14 juillet 2026. (Photo : Franck Fife / AFP)
Éliminée par l'Espagne (2-0) en demi-finale de la Coupe du monde 2026, l'équipe de France essuie de vives critiques dans la presse nationale, qui dénonce une prestation sans relief, marquée par un manque d'inspiration, de personnalité et d'efficacité. Si plusieurs médias saluent la supériorité collective de la Roja, la défaite relance également la polémique autour des propos de l'ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy sur une équipe de France "sans Français", des déclarations qu'il persiste à assumer malgré les réactions indignées qu'elles ont suscitées.
Paris, France - "Fébrile et peu inspirée", "triste visage", "aucune personnalité" : c'est le constat sans appel dressé par la presse française mercredi matin après l'élimination d'une équipe de
France "surclassée" par la Roja en demi-finale de la Coupe du monde.
"La France a tellement sombré qu'on peine à sauver des joueurs au niveau, dans cette demi-finale qui restera un cauchemar (0-2). Lucas Digne a commis l'irréparable, Michael Olise n'a rien réussi et a entraîné toute l'équipe par le fond", cingle le quotidien La Voix du Nord, pour qui "la classe était espagnole".
"La casse à Dallas" côté Bleus, déplore L'Equipe en Une de son site Internet. "Asphyxiée dans tous les secteurs du jeu, l'équipe de France s'est logiquement inclinée", écrit le journal.
"En ce 14 juillet, leur jour de gloire n'est pas arrivé", les joueurs français "sans aucune personnalité" subissant au contraire "presque une leçon de football des Espagnols", juge encore l'Equipe.
Les Bleus disputeront samedi la troisième place contre le perdant d'Angleterre-Argentine, marquant "la dernière de Didier Deschamps" en tant que sélectionneur, souligne enfin le quotidien sportif.
Pour Libération, l'équipe de France a fait "le coup de la panne" et n'a "jamais semblé entrer dans sa demi-finale" face à "la qualité de pied et la finesse des internationaux espagnols".
"Triste à pleurer"
Le quotidien Ouest-France titre sobrement en Une "La fin du rêve américain", au-dessus d'un cliché de Kylian Mbappé, la main sur le visage. De son côté, Le Télégramme résume la rencontre d'un mot, "La Désillusion", affichant en couverture le capitaine français grimaçant au sol, symbole d'une soirée cauchemardesque pour les tricolores.
La presse française a unanimement salué la supériorité des Espagnols "maîtres du jeu", "solides et bien organisés", a notamment souligné le Figaro en première page, tout en critiquant une équipe de France qui a "souvent été fébrile et peu inspirée".
"Les Bleus ont subi le collectif espagnol parfaitement au point" abonde les Dernières Nouvelles d'Alsace, tandis que le quotidien Aujourd'hui en France titre "Tombés de haut" et relève en Une que les Bleus "menés dès la mi-temps, n'ont jamais trouvé la clé contre l'armada espagnole".
"La France battue, triste à pleurer", titre ce matin Midi Libre au-dessus d'une photo de Désiré Doué accroupi avec la tête enfouie dans son maillot. "Inoffensifs hier, les Bleus ont été dominés (...) par une Espagne inflexible en route vers un triplé Euro, JO, Mondial", souligne le journal.
"Si les Bleus ne décrochent pas leur troisième étoile, leur parcours reste toutefois remarquable", nuance le quotidien régional Nord Eclair, sous une photo estampillée de la mention "Défaite nationale" montrant les joueurs français marchant tête basse à l'issue du match.
Des Bleus "sans Français" : Rajoy ne s'excuse pas
L'ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, qui avait qualifié les Bleus d'équipe de football "sans Français", provoquant une vive polémique en France, s'est félicité mercredi dans une nouvelle tribune de l'"attention" portée à ses propos polémiques, sans présenter ses excuses.
Le dirigeant conservateur, à la tête du gouvernement espagnol entre 2011 et 2018, a remercié, sur un ton ironique, "les autorités pour l'attention qu'elles m'ont portée durant ce Mondial".
"Dommage que tant d'efforts consacrés à vanter mes vertus les aient détournées d'autres sujets (...) qui comptent pour les Espagnols", a-t-il cinglé de sa plume dans le journal en ligne El Debate.
Mariano Rajoy est à couteaux tirés avec l'actuel gouvernement de gauche, emmené par le socialiste Pedro Sánchez, arrivé au pouvoir en 2018 à la suite d'une motion de censure qui avait fait tomber le dirigeant conservateur.
Sa nouvelle tribune a été publiée tard mardi soir, dans la foulée de la victoire de l'Espagne contre la France à la Coupe du monde de football aux États-Unis (2-0).
"Certains accordent plus d'importance à dénoncer un ministre étranger ou à faire une révérence à un Premier ministre afin de faire du bruit, détourner l'attention, susciter l'émoi, et tout cela pour qu'on ne parle pas de ce que nous vivons", a encore dénoncé Mariano Rajoy.
Ces propos font allusion à la réaction de Pedro Sánchez qui avait dénoncé ces derniers jours les "déclarations xénophobes" de son prédécesseur.
Lundi, en marge du défilé du 14-Juillet à Paris, le dirigeant socialiste avait dit à son homologue français Sébastien Lecornu "avoir tellement honte".
Sur des images captées par des caméras, on a pu apercevoir le Premier ministre espagnol porter ses mains à sa poitrine, s'incliner légèrement en forme d'excuse devant Sébastien Lecornu et Brigitte Macron, l'épouse du président français.
"Eux ne demandent pardon pour rien. C'est apparemment toujours aux autres de le faire", a critiqué Mariano Rajoy, faisant là référence aux multiples affaires judiciaires qui touchent l'entourage privé et professionnel de Pedro Sánchez, ainsi que le Parti socialiste (PSOE), qu'il dirige. (AFP)