CAN féminine Maroc-2026 : les Lionnes de l’Atlas à l’assaut du trône africain

CAN féminine Maroc-2026 : les Lionnes de l’Atlas à l’assaut du trône africain

Après deux finales perdues en 2022 et 2024, la sélection marocaine aborde cette nouvelle Coupe d’Afrique avec une ambition clairement affichée : monter sur la plus haute marche du podium.

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Quid avec MAP

La Coupe d’Afrique des nations féminine 2026 s’est ouverte au Maroc avec une affiche ambitieuse et un enjeu majeur pour les Lionnes de l’Atlas. Finalistes des deux dernières éditions, les Marocaines espèrent profiter du soutien du public pour décrocher enfin le titre continental, tout en assurant leur qualification pour la Coupe du monde 2027 au Brésil. Face à elles, les grandes puissances africaines et plusieurs outsiders entendent toutefois bouleverser la hiérarchie.

Le Maroc veut transformer l’argent en or

Après deux finales perdues en 2022 et 2024, la sélection marocaine aborde cette nouvelle Coupe d’Afrique avec une ambition clairement affichée : monter sur la plus haute marche du podium. Les Lionnes de l’Atlas ne veulent plus se contenter d’une place d’honneur. À domicile, devant un public désormais habitué aux grands rendez-vous du football féminin, elles espèrent franchir le dernier obstacle qui les sépare du sacre.

Depuis l’édition 2022, également organisée au Maroc, l’équipe nationale a considérablement progressé. Elle a disputé deux finales continentales consécutives et atteint les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2023, dès sa première participation à la compétition. Ce parcours inédit a installé le Maroc parmi les nouvelles références du football féminin africain.

Sous la direction de Jorge Vilda, les Marocaines disposent désormais d’une équipe plus expérimentée, mieux organisée et consciente de son potentiel. Leur large victoire contre le Cap-Vert, 5 à 0 en match amical de préparation au stade Père Jégo de Casablanca, a renforcé la confiance du groupe à la veille du tournoi.

L’objectif ne se limite toutefois pas au titre africain. La compétition sert également de tournoi qualificatif pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil. Les quatre équipes qui atteindront les demi-finales décrocheront leur billet pour le rendez-vous mondial. Pour le Maroc, une élimination prématurée constituerait donc un double échec, sportif et symbolique.

Un groupe A loin d’être une formalité

Les Lionnes de l’Atlas évolueront dans un groupe A composé du Kenya, de l’Algérie et du Sénégal. Sur le papier, le Maroc part avec le statut de favori, mais aucun de ses trois adversaires ne doit être sous-estimé.

Le premier match, programmé le 26 juillet au stade Moulay El Hassan de Rabat, opposera les Marocaines aux Harambee Starlets du Kenya. La sélection kényane signe son retour en phase finale dix ans après son unique participation. Emmenées par leur capitaine Mwanahalima Adam Jereko, les Kényanes abordent le tournoi sans pression, mais avec l’ambition de surprendre les formations les mieux établies.

Cette rencontre d’ouverture sera déterminante pour le Maroc. Une victoire permettrait de lancer la compétition dans de bonnes conditions, d’installer une dynamique positive et de réduire la pression avant les deux rendez-vous les plus délicats du groupe.

Le 30 juillet, les Lionnes de l’Atlas retrouveront l’Algérie dans un derby maghrébin qui promet intensité et engagement. Les Algériennes ont validé leur qualification avec autorité. Après avoir largement dominé le Soudan du Sud, elles ont éliminé le Cameroun, l’une des valeurs sûres du football féminin africain. Leur victoire à Oran, suivie d’un succès à Douala, témoigne d’une équipe capable de résister à la pression et de s’imposer loin de ses bases.

Le troisième match du Maroc, prévu le 3 août face au Sénégal, pourrait décider de la première place du groupe. Les Lionnes de la Teranga ont atteint les quarts de finale lors des éditions 2022 et 2024. Après une longue absence de la scène continentale, elles se sont installées avec régularité parmi les formations compétitives du continent. Leur solidité, leur engagement physique et leur progression collective en font un adversaire particulièrement dangereux.

L’Afrique du Sud en quête de revanche

Dans le groupe B, l’Afrique du Sud s’avance comme la principale favorite. Championnes d’Afrique en 2022, les Banyana Banyana avaient ensuite échoué au pied du podium en 2024. Elles abordent donc cette édition avec la volonté de reconquérir une couronne passée entre les mains du Nigeria.

Sous la conduite de Desiree Ellis, les Sud-Africaines s’appuient sur une équipe expérimentée et sur plusieurs individualités capables de faire la différence. Leur attaquante Thembi Kgatlana demeure l’un de leurs principaux atouts. Sa vitesse, sa mobilité et son efficacité dans les grands rendez-vous en font l’une des joueuses les plus redoutées du tournoi.

L’Afrique du Sud devra néanmoins se méfier d’un groupe particulièrement ouvert. La Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Tanzanie disposent chacune d’arguments susceptibles de compliquer la tâche des championnes de 2022.

Repêchées après l’élargissement de la compétition à seize équipes, les Ivoiriennes font leur retour en phase finale après une longue absence. Leur dernière participation remontait à 2014, année où elles avaient obtenu la troisième place, leur meilleure performance continentale.

La sélection ivoirienne est désormais dirigée par Reynald Pedros, ancien sélectionneur du Maroc. Sa connaissance du football africain et son expérience du haut niveau pourraient permettre aux Éléphantes de jouer un rôle majeur dans ce groupe. Elles compteront aussi sur le talent offensif de Habibou Ouedraogo pour déstabiliser les défenses adverses.

Des outsiders décidés à créer la surprise

Le Burkina Faso arrive également au Maroc avec des ambitions renforcées par une campagne qualificative convaincante. Les Étalons Dames ont éliminé le Burundi sur un score cumulé de 5 à 1, avant de dominer le Togo 3 à 0. Cette efficacité témoigne d’une équipe en progrès, capable de se montrer solide défensivement et réaliste devant le but.

Sous la direction de Pascal Sawadogo, les Burkinabè chercheront à franchir la phase de groupes pour la première fois de leur histoire. Leur attaquante Adama Congo devrait occuper une place centrale dans leur dispositif offensif.

La Tanzanie complète ce groupe B. Les Twiga Stars retrouvent la compétition après leurs participations en 2010 et 2024. Leur qualification obtenue aux dépens de la Guinée équatoriale et de l’Éthiopie leur a permis d’aborder le tournoi avec davantage de certitudes.

La jeune attaquante Clara Luvanga incarne les espoirs d’une génération ambitieuse. La Tanzanie devra toutefois faire preuve d’une grande rigueur pour résister à des adversaires plus expérimentés et espérer décrocher l’une des places qualificatives.

Le groupe B débutera le 27 juillet à Casablanca. L’Afrique du Sud affrontera la Tanzanie au stade Moulay Rachid, tandis que la Côte d’Ivoire rencontrera le Burkina Faso au stade Larbi Zaouli. Les confrontations entre Sud-Africaines et Ivoiriennes, puis entre les différentes formations lors de la dernière journée, pourraient rendre la course à la qualification particulièrement indécise.

Les cadres marocaines au cœur du projet

Pour atteindre son objectif, le Maroc s’appuiera sur une ossature composée de joueuses expérimentées. Ghizlane Chebbak demeure la figure centrale de l’équipe. Capitaine, organisatrice du jeu et spécialiste des coups de pied arrêtés, elle apporte à la fois maîtrise technique, leadership et connaissance des grands rendez-vous.

À ses côtés, Fatima Tagnaout offre une importante capacité de percussion. Sa vitesse, sa créativité et la précision de ses centres permettent au Maroc d’étirer les défenses et de créer des décalages sur les côtés. Sa faculté à provoquer et à servir ses partenaires pourrait être décisive contre des équipes regroupées.

Dans l’axe, Ibtissam Jraidi représentera la principale menace offensive. Son sens du placement et son efficacité dans la surface en font une finisseuse capable de convertir les temps forts marocains. Sa relation avec les milieux et les joueuses de couloir sera l’une des clés du rendement offensif de la sélection.

Dans les buts, Khadija Er-Rmichi apportera son expérience et sa sérénité. Ses interventions ont souvent permis au Maroc de rester dans les matches les plus disputés. Son rôle ne se limitera pas aux arrêts : elle devra également guider la défense et contribuer à la stabilité d’un collectif soumis à une forte attente populaire.

Une compétition riche en vedettes africaines

La CAN féminine 2026 réunira plusieurs des meilleures joueuses du continent. La Zambienne Barbra Banda figure parmi les attaquantes les plus attendues. Puissante, rapide et redoutable devant le but, elle possède les qualités nécessaires pour faire basculer une rencontre à elle seule.

Le Nigeria pourra, de son côté, compter sur Rasheedat Ajibade et Asisat Oshoala. La première apporte son dynamisme, sa capacité à progresser balle au pied et sa polyvalence. La seconde dispose d’une expérience internationale considérable et d’un palmarès qui en fait l’une des grandes figures du football africain.

La présence de ces joueuses confirme la montée en puissance du football féminin sur le continent. Le tournoi marocain constituera une vitrine pour des sélections de plus en plus structurées, mais aussi pour des talents capables d’attirer l’attention des grands clubs internationaux.

Entre la quête de revanche des anciennes championnes, les ambitions des équipes émergentes et la volonté du Maroc de s’imposer enfin à domicile, cette 14e édition est particulièrement disputée. Pour les Lionnes de l’Atlas, le défi est désormais clair : assumer leur nouveau statut, résister à la pression et transformer plusieurs années de progression en un premier titre continental.