L’Europe de l’UE veut la FIFA et la tête d’Infantino, les aura-t-elle ?

L’Europe de l’UE veut la FIFA et la tête d’Infantino, les aura-t-elle ?

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, lors du match de football de la Coupe du monde 2026, comptant pour le groupe D, qui opposait les États-Unis au Paraguay au Los Angeles Stadium d'Inglewood, le 12 juin 2026. Fréderic J. Browna/AFP)

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Après avoir semblé renforcé par le succès commercial et populaire de la Coupe du monde nord-américaine, Gianni Infantino est-il fragilisé par l’abandon de son projet d’ouverture des compétitions de la FIFA aux investisseurs privés. Des fédérations , l’UEFA en particulier envisagent de lui retirer leur soutien, sans que sa chute soit acquise : le président de la FIFA conserve des appuis importants en Afrique et en Océanie, tandis qu’aucun adversaire déclaré ne s’est encore imposé pour l’élection de 2027.

Vent debout, les médias occidentaux ne supportent plus, au double sens du terme, Gianni Infantino. Porté par le succès global de la Coupe du monde nord-américaine il est aujourd’hui voué aux gémonies depuis qu’il a été contraint par l’offensive de l’UEFA de renoncer à son projet Après l'échec de réforme de la Fifa,

Illustration de l'impression de puissance qu'il dégageait encore le 19 juillet à l'issue de la finale du Mondial, l'Italo-Suisse avait couru pour tenter d'obliger Donald Trump, qui s'attardait sur le podium, à ne pas voler la vedette aux Espagnols champions du monde.

Imperméable aux critiques pendant ce tournoi hors norme, Infantino semblait intouchable, prêt à poursuivre son règne sans opposition après ce qu'il considère comme "la meilleure Coupe du monde de l'histoire", écrit l’agence française AFP. La plus rentable, aussi, avec près de 15 milliards de dollars de revenus générés, 6,6 millions de spectateurs dans les stades et des records d'audiences télévisées.

Deux semaines ont passé, et l'ex-secrétaire général de l'UEFA, arrivé à la tête de la Fifa en 2016, est aujourd'hui dans les cordes, lâché, toujours selon l’AFP qui est un peur le reflet de ce que pensent les médias européens d’Infantino, par ses plus proches collaborateurs et contraint de renoncer à son projet d'ouvrir les Coupes du monde aux investisseurs privés.

Il n'a fallu que quelques jours depuis l'annonce mardi de ce projet pour que l'Italo-Suisse chute du piédestal qu'il avait mis 10 ans à gravir.

- Péché d'orgueil -

"Je ne pense pas que nous ayons jamais assisté à une chute aussi rapide d'un dirigeant sportif", a déclaré à l'AFP Michael Payne, ancien responsable du marketing au Comité international olympique qui clairement ne porte pas Infantino dans son coeur.

"Il y a une semaine encore, Infantino était au sommet de sa gloire. Aujourd’hui, on se demande même s'il verra la fin du mois. Comment en est-il arrivé là ? Quel orgueil démesuré !", poursuit-il.

Avant cet épisode, Infantino avait toujours crânement fait front face aux critiques, qu'elles aient porté sur l'organisation des coupes du monde en Russie ou au Qatar, sur l'attribution du Mondial-2034 à l'Arabie saoudite, l'élargissement de 32 à 48 équipes, la création d'un nouveau Mondial des clubs, sur sa proximité avec Trump, sur l'affaire Balogun, l'instauration de "pauses fraîcheurs" transformées en espaces publicitaires...

Même son projet de nouvel élargissement du Mondial à 64 équipes, loin de faire l'unanimité, semblait en bonne voie d'être adopté à une large majorité: Infantino comptait encore sur le soutien de plus de 200 pays membres (sur 211) à la fin du Mondial, selon le quotidien anglais The Guardian.

A en croire la presse britannique, les Européens réunis au sein de l'UEFA et plusieurs membres de la Concacaf, qui regroupe les fédérations d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes, envisagent aujourd'hui de retirer leur soutien au dirigeant de 56 ans pour le pousser à une démission ou l'exposer à une motion de censure.

Pour l’instant sans chalenger  

Pour Terrence Burns, ancien responsable de la stratégie marketing dans deux dossiers de candidature à l'organisation de la Coupe du monde, la position d'Infantino est "précaire", mais pas irrémédiable, même si un adversaire venait à se présenter aux prochaines élections, prévues en 2027.

L'UEFA, qui regroupe 55 fédérations, a eu recours selon lui à "l'option nucléaire" en brandissant la menace d'un boycott "unanime" de la Coupe du monde. Mais les confédérations, rappelle-t-il, "ne votent pas en bloc" et chaque membre conserve sa propre voix.

Dans ce contexte, c'est l'Afrique et l'Océanie, moins critiques envers la gouvernance d'Infantino - et dont plusieurs fédérations voyaient d'un bon œil ses promesses d'augmentation des ressources consacrées au développement du football -, qui pourraient bien "faire pencher la balance", estime Burns.

"Il n'avait pas d'adversaire en 2019 et en 2023, car les candidats sérieux ne se présentent pas contre quelqu'un qui est imbattable. Je pense que ce calcul a changé cette semaine, avant la date limite de dépôt des candidatures fixée au 18 novembre", présente-t-il.

Selon plusieurs médias spécialisés, le vice-président de la Fifa et président de la Concacaf Victor Montagliani pourrait se présenter au scrutin, en comptant sur le soutien des membres de l'UEFA. (Quid. avec AFP)