Expo’ : ''Monnayage du Maroc antique: Effigies et symboles'' à Tanger

5437685854_d630fceaff_b-

L’xposition est consacrée à un point de vue artistique et essentiellement iconographique du monnayage de la Maurétanie dans son ancrage immédiat et celui méditerranéen proche.

1
Partager :

Tanger - Le vernissage de l'exposition temporaire "Monnayage du Maroc antique: Effigies et symboles" a eu lieu, jeudi à la Galerie d'art contemporain Mohamed Drissi à Tanger, en présence d'un parterre de chercheurs, d'intellectuels et d'acteurs culturels.

Organisée par le Musée de Bank Al-Maghrib (BAM), dans le cadre de la célébration de son 20è anniversaire, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, cette exposition est consacrée à un point de vue artistique et essentiellement iconographique du monnayage de la Maurétanie dans son ancrage immédiat et celui méditerranéen proche.

Par un ensemble de mises en liens et de correspondances, de moments de transitions et d’anachronismes, cette exposition, qui se poursuivra jusqu'au 31 décembre, offre un kaléidoscope d’images autour de la monnaie.

Les points de rencontres convergent vers le sujet du portrait et de l’expression symbolique des astres, de la faune et de la flore qui unissent les cultures et civilisations de l’antiquité.

Le goût pour l’effigie y transcrit le pouvoir politique, les symboles de faune et de flore, les activités agricoles et économiques, tandis que le langage des astres et de l’effigie divine renvoie, quant à lui, au culte et aux croyances, véritables attributs culturels.

Dans une déclaration à M24, la chaîne de l’information en continu de la MAP, le directeur des musées de BAM, Rochdi Bernoussi, a souligné que cette exposition, qui s'inscrit dans le cadre de la célébration du 20è anniversaire de la visite du Roi Mohammed VI au musée de BAM, est consacrée à l'art et la monnaie dans la haute antiquité.

M. Bernoussi a précisé que le choix de Tanger pour abriter cette exposition est dû à la place qu'occupe cette ville enracinée dans l'histoire antique marocaine, mais également tournée vers l'avenir, et qui présente tout un mélange d'inventivité et de créativité, relevant que cette exposition parle de la monnaie ancienne dans un esprit de création artistique, puisque la monnaie est une traduction de l'art créatif humain.

"La monnaie n'est pas seulement un moyen d'échange, mais également un métal sur lequel l'Homme a gravé une histoire, des idées, la religion...Tout cela constitue l'histoire du Maroc, qui n'a pas cessé, depuis la haute antiquité jusqu'à nos jours d'être florissante et partagée par des gens de provenance diverse", a-t-il fait savoir, notant que cette exposition s'inscrit dans le cadre d"un esprit de créativité et d'enracinement de la culture millénaire marocaine unique.

"Notre approche par correspondances n’est pas uniquement chronologique, elle est substantielle de la forme des éléments exposés : monnayage, objets archéologiques, et oeuvres artistiques offrent des traversées de temps parallèles allant de l’objet domestique, à l’objet du culte, à la peinture et à la photographie artistique contemporaine", a expliqué le responsable.

Il a tenu à remercier les partenaires de BAM, notamment le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, et la Fondation nationale des musées (FNM), qui sont les prêteurs de l'exposition, pour leur assistance et leur soutien à cet événement, invitant les habitants de Tanger et les visiteurs de la ville à venir massivement visiter cette exposition inédite.

La commissaire d'exposition, Nadia Sabri, a indiqué que cette exposition porte sur le monnayage du Maroc antique et ses rapports notamment avec l'iconographie et l'art, soulignant qu'il s'agit d'un point de vue inédit, qui consiste à montrer d'abord comment est ce-que ces représentations iconographiques dans le monnayage ne sont pas exclusivement limitées à la monnaie, mais aussi on les retrouve dans des objets d'archéologie.

"Ce point de vue de faire rencontrer les médiums artistiques et les époques est assez intéressant pour cette exposition, parce que cela m'a permis de ne pas considérer la pièce de monnaie uniquement dans sa valeur historique et archéologique, mais surtout dans sa valeur culturelle et symbolique relative à l'imaginaire", a-t-elle relevé, faisant observer que l'exposition est ouverte géographiquement au Maroc antique, mais avec un certain nombre de correspondances à d'autres cultures du bassin méditerranéen.

De son côté, le directeur régional de la Culture à Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Kamal Ben Laymoun, a mis l'accent sur l'importance de cette exposition, qui vise à permettre aux habitants de Tanger et aux visiteurs de la ville, marocains et étrangers, de s'imprégner des images sur la monnaie du Maroc antique et des civilisations de la Méditerranée en général, et d'explorer leurs univers culturels, par le biais des inscriptions, des iconographies et des symboles.

Le responsable a affirmé que cette exposition ambitionne de valoriser le patrimoine matériel et immatériel du Maroc et de renforcer la dynamique culturelle dans la ville du Détroit.

Le monnayage du Maroc antique nous fait traverser les géographies et leurs iconographies pour aboutir à leur dimension universelle et atemporelle, lit-on dans le catalogue de l'exposition.

Cette dimension atemporelle des images illustre les archétypes, les mythes, et les récits fondateurs. Ainsi certaines représentations sont-elles des constances de l’expression humaine : le visage, les animaux symboles de force et de pouvoir, le végétal-ressource et l’astre-fenêtre sur l’univers.

Ces images et leur langage formel nous rendent proches du Maroc antique, ces traces restent jusqu’à nos jours dans la géographie des sites archéologiques, et dans les toponymies des villes, Tingi, Lixus, Banassa, Maqom Shamsh. Ces noms nous renvoient à un monde lointain dans le temps et pourtant si proche par la force de ses images et de ses symboles, qui traversent le temps pour rester encore présents sur le monnayage actuel.

Cette cérémonie, qui s'est déroulée en présence notamment du secrétaire général du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Abdelilah Afifi, a été marquée par une performance artistique donnée par un groupe folklorique.