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Festivals, création et dialogue des cultures
La 55e édition du Festival national des Arts populaires (FNAP) s'est poursuivie à Marrakech
De Marrakech à Casablanca, en passant par Fès et Assilah, les grands rendez-vous culturels de l'été ont offert un panorama de musiques populaires, créations contemporaines, arts plastiques et ateliers dédiés à la jeunesse.
Marrakech célèbre les patrimoines vivants
La 55e édition du Festival national des Arts populaires (FNAP) s'est poursuivie à Marrakech avec plusieurs soirées mettant à l'honneur la diversité du patrimoine musical marocain. Sur l'esplanade du Palais municipal, un large public composé de Marocains et de visiteurs étrangers a assisté à une rencontre artistique entre les traditions du Royaume et plusieurs expressions musicales africaines.
La soirée a réuni la chanteuse gnaouie Hind Ennaira aux côtés de formations représentant la Dakka marrakchie, les Tqitqat de Marrakech, les troupes Ahwach de Ouarzazate et de Tata ainsi qu'un ensemble venu de Côte d'Ivoire. Cette programmation a illustré les multiples influences qui façonnent le patrimoine immatériel marocain tout en soulignant ses profondes connexions avec l'Afrique.
Le FNAP, considéré comme le plus ancien festival du Royaume, poursuit ainsi sa mission de sauvegarde et de valorisation des arts populaires sous le thème « Les arts populaires... Trésors d'hier et d'aujourd'hui ». L'édition s'est achevée avec la « Nuit des Étoiles », marquée par un hommage rendu à la chanteuse Zina Daoudia pour l'ensemble de son parcours artistique.
Nabila Maan enchante le Palais Bahia
Autre temps fort du festival, le concert de Nabila Maan au Palais Bahia a offert au public une soirée placée sous le signe de l'élégance musicale. Accompagnée d'une formation mêlant contrebasse, guitare, bendir et percussions, l'artiste a proposé un répertoire inspiré de la musique andalouse et de la chanson marocaine revisitée.
Après avoir ouvert son récital avec « Ana Fnit », elle a interprété plusieurs de ses œuvres emblématiques, dont « Rah Lb3id », « Tayr Al 3Ali », « Lama Bada » et « Ah Ya Soltani ». Son approche artistique, qui conjugue fidélité aux mélodies traditionnelles et arrangements contemporains, a suscité un vif enthousiasme du public.
La soirée s'est conclue par une création collective réunissant Nabila Maan, le groupe Gnawa Lhrar et la troupe Reggada de Taza, illustrant l'esprit de dialogue et de métissage qui caractérise cette édition du festival. Le cadre historique du Palais Bahia a renforcé le caractère exceptionnel de cette rencontre musicale.
Fès mise sur le dialogue entre art et nature
À Fès, la neuvième édition de « La Médina Florissante » a accueilli l'exposition « La Nature et l'Homme » de l'artiste finlandais Tuomo Tapio Rosenlund à la galerie Mohamed El Kacimi.
Organisée sous le signe du dialogue interculturel entre les deux rives de la Méditerranée, cette exposition invite les visiteurs à réfléchir aux relations entre l'être humain et son environnement. Le vernissage a rassemblé des personnalités des milieux artistique, culturel et diplomatique autour d'une démarche qui privilégie les échanges entre cultures et sensibilités artistiques.
La manifestation, organisée par la section marocaine de la Fondation Francesco Paolo et Annamaria Ducci en partenariat avec le Centre international pour le dialogue interculturel (CIDI), confirme la vocation de Fès comme espace de rencontre entre création contemporaine et dialogue des civilisations.
Assilah fait grandir les talents de demain
Le Moussem culturel international d'Assilah poursuit, de son côté, son engagement en faveur de la jeunesse à travers un atelier d'écriture destiné aux enfants.
Organisée à Dar Al-Sabah, cette initiative a permis à une trentaine de jeunes participants de découvrir les mécanismes de l'expression littéraire tout en s'inspirant des célèbres fresques murales qui transforment chaque été la ville en galerie à ciel ouvert.
Les enfants ont rencontré les artistes marocains et étrangers qui réalisent ces œuvres monumentales, découvrant leurs techniques et leurs démarches créatives avant de traduire leurs observations sous forme de récits, de journaux et de textes littéraires.
Au-delà de l'apprentissage de l'écriture, cette expérience vise à développer l'esprit critique, la sensibilité artistique et l'imagination des jeunes générations, tout en renforçant le rôle du Moussem comme laboratoire de création et de dialogue culturel.
Jazzablanca ouvre sa scène aux musiques afro-contemporaines
À Casablanca, la 19e édition de Jazzablanca a consacré une soirée aux musiques afro-contemporaines sur la scène Casa Anfa.
L'artiste nigérian Oxlade a ouvert les festivités avec plusieurs titres de son répertoire, confirmant l'essor international de l'afrobeats. Il a été suivi par la chanteuse franco-haïtienne Naïka, dont les compositions mêlent influences caribéennes, africaines et européennes.
Sur la scène 21, le saxophoniste haïtien Jowee Omicil a proposé une prestation largement ouverte à l'improvisation, avant que Keziah Jones ne fasse vibrer le public avec son style « blufunk », fusion originale de funk, rock et rythmes yoruba.
Parallèlement, le rappeur marocain Tchubi s'est produit au Parc de la Ligue Arabe dans une programmation consacrée aux nouvelles scènes urbaines nationales.
Jusqu'au 11 juillet, Jazzablanca poursuit une programmation réunissant quarante concerts à Anfa Park et dix spectacles gratuits au Parc de la Ligue Arabe. Le festival confirme ainsi son ambition d'offrir un espace de rencontre entre artistes marocains et internationaux autour du jazz, de la soul, des musiques gnaoua, de l'afrobeats et des créations contemporaines.
Une scène culturelle en pleine effervescence
Ces différentes manifestations témoignent de la diversité de l'offre culturelle estivale au Maroc. En associant patrimoine, création contemporaine, transmission aux jeunes générations et ouverture aux influences internationales, elles contribuent au rayonnement culturel du Royaume tout en mettant en valeur la richesse de ses expressions artistiques.