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Polluants éternels : les capacités de dépollution restent très insuffisantes, selon une étude
Schéma illustrant le cycle de dispersion des PFAS, les « polluants éternels », dans l'environnement. Émis par les activités domestiques, industrielles et agricoles, ainsi que par certains produits comme les mousses anti-incendie, les pesticides ou les revêtements imperméabilisants, ces composés se propagent par l'air, les sols et les eaux de surface. Très persistants, ils contaminent tout sur leur passage.
Les technologies actuelles de dépollution ne permettraient d'éliminer que moins de 2 % des émissions de PFAS, ces « polluants éternels » largement utilisés par l'industrie, révèle une étude publiée dans la revue Environmental Science: Processes & Impacts. Les chercheurs appellent à privilégier la prévention plutôt que la seule dépollution.
Une pollution qui dépasse les capacités de traitement
L'étude s'appuie sur plus de 12.000 sites européens potentiellement contaminés, ainsi que sur des données relatives aux eaux, aux boues d'épuration et aux décharges. Malgré les efforts engagés, les auteurs estiment que les procédés actuellement disponibles ne permettent de traiter qu'une fraction infime des émissions de PFAS, des substances chimiques réputées pour leur extrême persistance dans l'environnement.
Des coûts en forte hausse
Selon les chercheurs, près de 100 milliards d'euros seraient consacrés chaque année au traitement des PFAS dits « émergents », notamment l'acide trifluoroacétique (TFA), très difficile à éliminer. Ce montant est cinquante fois supérieur aux estimations liées aux PFAS historiques, désormais soumis à une réglementation stricte en Europe.
Prévenir plutôt que dépolluer
Pour Alison L. Ling, chercheuse à l'Université Saint-Thomas (Minnesota), la dépollution ne peut suivre le rythme des émissions actuelles. Face à la persistance et à la mobilité de ces substances, elle plaide pour une stratégie reposant avant tout sur la réduction de leur production et la prévention de leur diffusion dans l'environnement.