Déficit budgétaire : Le Maroc gagne des places mais l’essentiel reste à faire

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couv-graphicQuid.maEn mati?re de comp?titivit? le Maroc a encore du chemin ? faire. Dans son dernier rapport su le sujet, le World Economic Forum (WEF) classe le Royaume dans la 72?me places gagnant ainsi quelques 5 petites places par rapport ? une ann?e auparavant. Une l?g?re progression due essentiellement, selon le rapport, ? la maitrise du d?ficit budg?taire. Les derni?res statistiques du d?partement de Mohammed Boussa?d en t?moignent. La situation ? fin juin 2014 refl?te nettement un all?gement du d?ficit budg?taire de 3,9 milliards de DH pour avoisiner les 29 milliards. Cette bouff?e d?oxyg?ne a r?sult? de l?am?lioration des recettes ordinaires qui a ?t? plus importante que la hausse des d?penses globales. En ligne avec les pr?visions initiales de la Loi de Finances, les recettes ont ?t? r?alis?es ? hauteur de 53,1%, totalisant 110,2 milliards de DH, en hausse de 10,4% par rapport ? fin juin 2013. ?Cette manne provient essentiellement de la hausse significative des recettes non fiscales. Celles-ci ont consid?rablement progress? de 54,7% pour s??tablir ? 17,1 milliards de DH. Ce r?sultat a d?coul? de l?encaissement d?une recette de privatisation de 2 milliards de DH et des dons du Conseil Consultatif du Golfe (CCG) de l?ordre 6,8 milliards de DH.

Quant aux d?penses, elles ont ?t? ex?cut?es ? hauteur de 51,7%, avec une l?g?re augmentation de 1,6% pour atteindre 111,4 milliards de DH. Cette ?volution s?explique, surtout, par la hausse des d?penses de biens et services de 4,9% ? 79,3 milliards de DH. En revanche, la charge de compensation a recul? de 11% ? 18,7 milliards de DH. De leur c?t?, les d?penses d?investissement ont augment? de 15,7% ? 27,7 milliards de DH, soit un taux de r?alisation de 63,4%. Les d?penses d?investissement progressent ?galement pour atteindre 7,3 milliards de DH pour un taux de r?alisation de 15,2%. Ce qui est un bon signe, sauf si dans ces d?penses se cachent de vraies d?penses de fonctionnement reclass?es avec un programme d?investissement. Les cas existent mais personne ne peut dire aujourd?hui s?ils sont significatifs ou marginaux.

Notons, par ailleurs, que l?am?lioration des indicateurs ?conomiques et des finances publiques a ?t? salu?e par le Fonds Mon?taire International (FMI) qui a approuv? une seconde Ligne de Pr?caution et de Liquidit? (LPL) au profit du Maroc d'environ 5 milliards de dollars et d?une dur?e de 2 ans.

Dans ces conditions, L?agence de notation internationale Moody?s a r?cemment revue la perspective de la note souveraine du pays. Toujours en Ba1, sa perspective passe de n?gative ? stable. Pour Moody?s, cette am?lioration s?explique par le d?clanchement du processus de d?compensation des produits ?nerg?tiques ainsi que par l?ambition de l?ex?cutif concernant sa politique industrielle qui promet une augmentation des investissements directs ?trangers. Chose qui n?est toutefois pas gagn?e d?avance. A fin juillet, les flux des IDE se sont repli?s de 15% pour atteindre 14,2 milliards de DH.

La probl?matique du d?ficit budg?taire ne sera pas r?solue de si t?t. Certes, compar?e aux records avoisinant les 90 milliards de DH d?il y a ? peine quelques ann?es, la situation s?est nettement am?lior?e. Cela dit, il reste l?un des d?fis majeur que l?ex?cutif ?n?arrive toujours pas ? surmonter. Dans la lettre de cadrage de la Loi de Finances 2015, le r?tablissement des ?quilibres macro?conomiques demeure donc toujours une priorit?. Comme son pr?c?dent, le projet de Loi de Finances de cette ann?e reconduit le principe de ma?trise des d?penses de fonctionnement des administrations publiques, en les confinant au ?strict minimum indispensable?. Dans ce sens, la mutualisation des moyens, l'efficacit? ?nerg?tique, le contr?le a priori des achats sont les m?canismes phares mis en avant par le texte d?orientation. Les d?penses d?investissement ne sont pas en reste de cet effort de rationalisation. Enfin, la question de r?duction de la masse salariale des fonctionnaires est toujours ? l?ordre du jour. La note oriente les diff?rents minist?res vers une ma?trise de la masse salariale. L?ex?cutif n?y va pas par plusieurs chemins?: le g?le de la cr?ation de nouveaux postes en les limitant au strict minimum.