Entente sur les prix des carburants : Le Conseil de la concurrence, habitué aux fuites, a tout dit sauf l’essentiel

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Driss Guerraoui, président du conseil de la concurrence : une « fuite » de plus sur l’affaire des pétroliers « soupçonnés de présumés pratiques » anticoncurrentielles.

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C’est un scoop, ou présenté comme tel, que Medias24, qui cite une source de l’intérieur du Conseil de la concurrence, a balancé en annonçant que Driss Guerraoui, en l’occurrence président de ce Conseil, a « frappé fort [en imposant] une amende de 9% du chiffre d’affaires », ce qui n’est pas rien, presque le plafond prévu par la loi, aux groupes pétroliers accusés d’entente anticoncurrentielle. 

Dans le collimateur du Conseil, Total, le plus grand bénéficiaire de ce « condominium » selon une enquête parlementaire, Afriquia et GPM. L’affaire avait fait grand bruit et l’objet d’une enquête parlementaire qui a débouché sur l’accusation des groupes pétroliers d’entente sur les prix du carburant au détriment du consommateur. 

Si elle se vérifie, la sentence du Conseil de la concurrence est en effet historique, c’est la première fois que pareil jugement serait rendu au Maroc, et c’est aussi la première fois que le Conseil de la concurrence sévirait effectivement et donnerait corps à sa mission. L’un des signes, donc, annonciateurs d’un nouveau Maroc. 

Seulement samedi, lendemain de cette annonce, le Conseil de la Concurrence se fend d’un communiqué où il indique que « ses délibérations sont toujours en cours concernant l'existence d’éventuelles pratiques restrictives à la concurrence libre et loyale dans le marché des carburants liquides. » En toute logique, on devrait conclure que Medias 24 a tout faux et que le Conseil n’a encore rien décidé. 

Mais ce n’est pas un démenti catégorique qu’on a là et ne veut pas dire que l’amende fixée à 9% n’est pas sur la table et que probablement elle bénéficie d’un large consensus. Si bien que le Conseil de la concurrence qui n’en est pas sur ce sujet à sa première « fuite », il en devient même un habitué, reste à peine réservé sur la question, « dégage [encore une fois NDLR] toute responsabilité concernant les informations relatées par certains organes de presse » et se contente de préciser que le moment venu le conseil,«  seul habilité », « communiquera aux différentes parties concernées ainsi qu’à l’opinion publique nationale, la décision concernant " cette affaire.