Génération Green, du développement agricole au développement rural

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C’est à un exercice ardu auquel s’est livré Aziz Akhannouch devant SM le Roi ce jeudi 13 février 2020, il s’agissait d’exposer les grandes lignes des nouvelles stratégies « Génération Green 2020-2030 » et « Forêts du Maroc ». Les difficultés sont multiples et les attentes grandes.

 

Comment transformer l’essai du Plan Maroc Vert (PMV), grand chantier qui a permis de doubler notre PIB agricole et de multiplier nos exportations par 2.4, en consolidant ses acquis et en ouvrant de nouveaux horizons au monde agricole qui prennent en considération le nouveau paradigme énoncé par le Roi de la centralité du facteur humain dans tout processus de développement.

Depuis quelques mois le Maroc est un grand chantier de production d’idées et d’initiatives visant à capitaliser sur nos diverses réalisations et expériences de développement. Le NMD, la régionalisation avancée, la réforme de l’enseignement, les nouvelles lignes de financements pour la TPE/PME…

Les grandes orientations stratégiques sont là, l’organisation territoriale et le financement aussi, il fallait mettre en cohérence le tout dans un programme de développement agricole ambitieux. 

Doubler le PIB agricole actuelle en dix ans comme objectif quantitatif, augmenter les compétences et sécuriser l’homme à travers : la formation, l’encadrement par les techniciens et les corps intermédiaires, la protection sociale et l’élargissement de l’assurance agricole. 

Doubler la production pour que l’homme puisse en profiter d’abord en lui fournissant les moyens matériels et financiers pour réaliser ses ambitions : mise en valeur et valorisation  d’un million d’ha de terres collectives, création de 350.000 exploitations nouvelles avec une gestion moderne, mise à disposition de lignes de financement à des taux bonifiés (1.75%). Résultats des courses élargir la classe moyenne agricole qui bénéficiera d’un cadre de vie meilleur à travers une nouvelle organisation du territoire que prône la régionalisation avancée, l’accès généralisé et la proximité des services sociaux et culturels, un habitat meilleur dans des regroupements conviviaux. Bref il faut « urbaniser les campagnes » pour que les villes soient moins attractives. Cela peut sembler difficilement réalisable, cependant d’autres pays l’ont fait avant nous : Espagne, Italie et la France.

Le saut qualitatif dans l’approche de la politique agricole que propose « Génération Green » est fruit du cumul d’une multitude d’expériences qui avait avantagé le volet « productiviste » au détriment du volet humain. Tout en ne négligeant pas la mise en valeur de la terre (production agricole) on s’est rendu compte que la valorisation (transformation/conditionnement) est aussi importante et accroît la valeur ajoutée de l’exploitation agricole, toutefois celle-ci ne peut être menée que par un exploitant formé et appelant de ses vœux une inclusion dans de nouvelles relations économiques et sociales avec les citadins. La mise en place de nouveaux circuits de distribution, limitant les effets néfastes de l’intermédiation spéculative, devrait compléter le dispositif.

A travers ce plan Aziz Akhannouch et ses équipes ont relativisé l’idée qu’il faut changer de management au bout d’un certain temps pour renouveler les approches, la continuité permet également une capitalisation qui est aussi pertinente.

Le Maroc à travers la « régionalisation avancée » souhaite se doter d’une grande politique d’aménagement et de valorisation du territoire. « Génération Green » est un des premiers jalons de cette politique au bonheur de notre monde rural qui est une de nos fiertés et nous permettra de passer du développement agricole au développement rural, notion plus ambitieuse.