Pandémie: premières vaccinations aux Etats-Unis et au Canada, l'inquiétude monte en Europe

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L'infirmière spécialiste des soins intensifs Sandra Lindsay (à gauche) est vaccinée contre le Covid-19 par la Dr Michelle Chester au Long Island Jewish Medical Center

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Une infirmière new-yorkaise est devenue lundi la première Américaine à être vaccinée contre le Covid-19, lançant une campagne de vaccination symbole d'espoir pour le pays le plus endeuillé au monde, alors que dans l'Union européenne la contamination s'accélère en attendant l'autorisation des premiers vaccins.

"Premier vaccin administré. Félicitations aux Etats-Unis, félicitations au MONDE !", a tweeté le président Donald Trump dans les minutes suivant l'injection, survenue six jours après les premières vaccinations au Royaume-Uni, premier pays à avoir autorisé l'antidote des laboratoires Pfizer/BioNTech.

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Un employé d'UPS porte une boîte contenant des vaccins contre le Covid-19 à Montréal le 14 décembre 2020

Peu après, le président élu Joe Biden, qui doit prendre ses fonctions en janvier, tweetait à son tour: "Gardez espoir, des jours meilleurs arrivent". 

Après s'être fait piquer au bras devant les caméras au Long Island Jewish Medical Center, grand hôpital new-yorkais, Sandra Lindsay, infirmière en soins intensifs, a affirmé en souriant "se sentir très bien". "Je ne vois aucune différence avec le vaccin grippal", a-t-elle souligné.

D'origine jamaïcaine, elle s'est dit "très fière de pouvoir encourager la population à avoir confiance dans ce vaccin", alors que la méfiance envers le remède est forte parmi les minorités noire et hispanique, pourtant particulièrement touchées par la pandémie.

Pour elle qui a été aux avant-postes de la première vague particulièrement dévastatrice à New York, le vaccin "signifie espoir, guérison, restauration de la santé publique".

"Ça a été intense émotionnellement. J'ai vu beaucoup de douleur, de souffrance, de morts. Alors j'ai ressenti un immense soulagement après avoir reçu le vaccin. Je n'étais pas nerveuse (...), je n'ai eu aucune hésitation", a-t-elle ajouté.

D'autres soignants, notamment dans les Etats de l'Ohio et de Pennsylvanie, ont été vaccinés dès lundi matin. 

Près de trois millions de doses doivent être distribuées d'ici mercredi, avec l'objectif de vacciner quelque 20 millions d'Américains avant fin décembre et 100 millions avant fin mars.

La campagne de vaccination américaine, qui vise en priorité les soignants les plus exposés et les maisons de retraite, débute alors que la pandémie explose aux Etats-Unis: le seuil des 300.000 morts est en passe d'être atteint et plus de 16 millions de cas ont été recensés.

"C'est la lumière au bout du tunnel, mais le tunnel est long", a averti le gouverneur de New York Andrew Cuomo.

Accélération en Europe 

Le Canada a été l'autre grand pays à lancer la vaccination ce lundi, avec une aide-soignante, Anita Quidangen, vaccinée à Toronto. 

Au Moyen-Orient, Abou Dhabi a aussi démarré les injections, cinq jours après que les Emirats ont approuvé le vaccin du géant chinois du médicament Sinopharm.

En Asie, Singapour s'est ajoutée lundi à la liste des Etats ayant approuvé le vaccin Pfizer/BioNTech, après le Royaume-Uni, le Canada, Bahreïn, l'Arabie saoudite, le Mexique et les Etats-Unis.

En Europe, continent le plus frappé avec 480.650 décès et plus de 22 millions de cas, l'Agence européenne du médicament doit rendre un avis d'ici fin décembre. 

Comme aux Etats-Unis, l'inquiétude d'une aggravation de l'épidémie monte sur le Vieux continent à l'approche des fêtes de fin d'année, et la deuxième vague de l'épidémie s'accélère notamment en Allemagne et en Italie.

Selon les données compilées par l'AFP, l'Europe est la zone ayant enregistré le plus de nouvelles contaminations cette semaine (+236.700 en moyenne par jour).

En Angleterre, pionnière dans le lancement les vacinations, Londres et certaines régions du sud-est s'apprêtaient lundi à passer au troisième niveau d'alerte, avec fermeture des hôtels, pubs et restaurants, en raison d'une augmentation "exponentielle" des cas de Covid-19. 

La nouvelle poussée pourrait être liée à une mutation du virus, selon les autorités, qui ont cependant estimé "hautement improbable" que cette nouvelle variante ne réponde pas au vaccin.

En France commence une opération de dépistage massif ciblée sur quelques agglomérations, dans l'espoir de faciliter un déconfinement. 

Des milliers de professionnels de l'hôtellerie-restauration ont manifesté lundi à Paris pour demander la réouverture de leurs établissements. 

L'Allemagne, où la pandémie "est hors de contrôle" selon le dirigeant de la Bavière Markus Söder, entre dans un confinement partiel mercredi, pour plus de trois semaines: les commerces non essentiels seront fermés et les vacances scolaires étendues.

Aux Pays-Bas, de nouvelles restrictions étaient attendues lundi, comme la fermeture des commerces non essentiels et lieux de sorties. Et en Lituanie, la plupart des magasins doivent fermer à partir de mercredi, la Première ministre Ingrida Simonyte citant "des chiffres effrayants".

 Troisième vague en Corée du Sud 

En Asie, la Corée du Sud, longtemps modèle de gestion de la crise saitaire, affronte une troisième vague d'infections et a signalé dimanche 1.030 nouveaux cas, deuxième record journalier consécutif. 

En Afrique, le Premier ministre du petit royaume d'Eswatini est décédé dimanche à 52 ans après avoir été diagnostiqué positif au Covid-19. Les autorités n'ont pas confirmé la cause de son décès.

Au Nigeria, au moins 26 généraux ont été testés positifs au nouveau coronavirus - et l'un d'eux est décédé - après avoir participé à une conférence à Abuja. 

Alors que les soignants sont partout en première ligne face au virus, un rapport de l'OMS et de l'Unicef signale qu'un établissement de santé sur quatre dans le monde ne dispose pas de services d'approvisionnement en eau. Un sur trois ne permet pas de garantir l'hygiène des mains là où les soins sont prodigués.

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