Education : De Polytechnique Benguerir à Polytechnique Paris ou l’autorité clé de la réussite

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Ecole polytechnique en France

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Pour la première fois dans l’histoire du Maroc 42 marocains formés au Maroc ont réussi l’écrit du concours d’entrée à la prestigieuse école polytechnique en France. Ils seraient tous à Benguerir pour passer les oraux entre jeudi prochain et dimanche parce que le site le permet, mais surtout la moitié d’entre eux proviennent du lycée d’excellence de cette ville phosphatière. 

Pour la majorité, les candidats de Benguerir proviennent des régions excentrées et des populations les plus défavorisées. Ils sont totalement pris en charge par l’office, mais ce n’est pas le plus important. S’ils réussissent ce n’est pas parce qu’ils ont droit aux standards les plus élevés concernant le campus. Je suis sûr que c’est important, mais que ce n’est pas décisif. Ils ont accès à une piscine, à des installations sportives, à de la verdure, c’est agréable. Mais ils sont obligatoirement internes et baignent dans une ambiance de travail, ce qui me paraît plus important. Tous les enseignants du lycée de  Benguerir, sans la moindre exception sont issus de la fonction publique, du ministère de l’éducation nationale. Des enfants issus des couches les plus défavorisées, des enseignants qui font carrière dans l’école publique nous créent une élite d’excellence. Il faut au moins se poser la question de pourquoi on n’y arrive pas ailleurs ? Ce n’est sûrement pas parce qu’ils ont accès à une piscine. J’ai une théorie qui vaut ce qu’elle vaut. Il faut remettre le minaret au milieu du village. Akhchichène a eu des milliards de dirhams, il les a dépensés sans le moindre résultat. La relation entre l’enseignant et l’apprenant est l’essence même de la pédagogie. Dans nos lycées c’est le bordel général, à Benguerir les règles de respect mutuel sont strictes.

 Les enseignants, restaurés dans leur rôle de maître, s’investissent beaucoup plus en faveur de leurs élèves. Parce que rien n’est plus grisant que d’aider un individu à s’élever par la connaissance. C’est le plus beau métier du monde. L’élève, l’apprenant, fait confiance à son maître.

Tant qu’on n’a pas restauré cette relation cela ne sert à rien de demander plus d’argent pour l’école publique. Plus de murs, même s’il en faut, ne nous mènerait pas vers l’excellence. Que parents, élèves, enseignants, sanctuarisent l’école, comme lieu de transmission du savoir, creuset d’intégration et moteur de l’ascension sociale et nous y arriverons