L’enseignant que j’admire

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L’enseignant qui fait honnêtement son travail et qui se bat pour améliorer sa situation, qui ne se trompe pas de combat, qui ne fait pas la guerre à l’école

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A la veille d’une rentrée scolaire et universitaire toute particulière, qui dérange la quiétude et perturbe le sommeil de tous les acteurs du monde de l’éducation, administration, enseignants et parents ; j’ai une tendre pensée pour mes maîtres de jadis, ceux de l’école primaire, du collège, du lycée et de l’université. De même, je ressens de la nostalgie pour ces institutions qui ont contribué à ma formation. 

Je suis un pur produit de l’enseignement public de qualité et je mesure combien ma chance a été grande d’en avoir bénéficié. J’admire la compétence et l’abnégation de ces personnages auxquels je voue à jamais ma reconnaissance. Je leur réserve dans ma mémoire le même respect que celui qui émaille l’hommage dévot que le prince des poètes, Ahmed Chaouki, leur avait dédié, les assimilant à de quasi-prophètes.

 Je souscris à cette belle reconnaissance à l’égard de l’instituteur, ce personnage vénérable. Je le fais en souvenir des maîtres altruistes qui m’ont fait aimer l’école. Ces icônes à la blouse grise et au grand cœur, alliant savoir et savoir-faire, joie juvénile devant l’exploit d’un élève qui trouve une solution ou prononce un mot correctement, et sévérité du père à l’endroit de ceux qui cherchent la facilité. 

En leur mémoire, je voudrais exprimer mon admiration et mon respect à tout enseignant qui prend son travail à cœur et exerce sa mission comme un vrai sacerdoce.

J’admire l’enseignant qui se préoccupe de l’avenir des apprenants et qui leur prodigue sans compter le temps, l’écoute, la compréhension, le conseil et l’empathie.

J’admire l’enseignant qui développe chez ses élèves la volonté d’apprendre, la curiosité scientifique et l’esprit critique constructif. 

J’admire l’enseignant ouvert aux nouveautés du monde du savoir et qui renouvelle continûment ses connaissances. L’enseignant qui a toujours soif d’apprendre et de transmettre.

J’admire et je respecte l’enseignant qui s’assume. Celui qui s’engage sans regret et par vocation dans un métier réputé pour être impécunieux et où la plus grande satisfaction est de voir ses anciens disciples réussir dans la vie, car bien préparés et armés pour ce faire.

J’admire l’enseignant qui ne fait pas payer à ses élèves ses fins de mois difficiles, ses querelles domestiques ou professionnelles, ses déceptions politiques ou sociales, ses difficultés existentielles et son mal-vivre.

J’admire l’enseignant qui fait honnêtement son travail et qui se bat pour améliorer sa situation. L’enseignant qui ne se trompe pas de combat. Celui qui ne fait pas la guerre à l’école.

J’admire l’enseignant sérieux qui respecte son métier, son école, son collège, son lycée, sa faculté ou son école, ainsi que son auditoire. L’éducateur qui se respecte et qui se fait respecter.

J’admire et je respecte l’enseignant qui n’attend rien d’autre de ses apprenants que d’honorer ses enseignements et de lui faire honneur. Celui-là qui a de la dignité et de l’estime de lui-même et des autres. 

Hommage à tous ceux nombreux chez qui j’ai rencontré, en totalité ou en partie, toutes ces belles qualités. Qualités qui, hélas, ont tendance à se raréfier de nos jours.

Aziz Hasbi,

Rabat, le 2 septembre 2020

 

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