La presse à l'épreuve de la pandémie (Par Driss Ajbali)

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Depuis le 20 mars 2020, la moitié de la population mondiale est rentrée dans une longue période sabbatique. Comme dans un long dimanche de printemps, nous sommes privés, pour notre bien, de la première des libertés, celle de circuler dans l’insouciance. Depuis plus de quatre semaines, nous assistons, claustrés, au chancellement d’un monde, devenu désormais ancien. Du confinement, mesure rarissime et expérience sociologique inédite, outre qu’il n’a pas encore livré tous ses secrets, on ignore quand on n’en sortira ni comment. Certains parlent de trois scénarii possibles : en V, U ou W. En V comme vague, c’est la descente au fond avec un rebond de la même allure. C’est l’hypothèse aux moindres dégâts. Elle serait pire en U, une descente avec une période, plus ou moins, longue de confinement avant la remontée. Le scénario apocalyptique serait en W. Comme c’est le cas pour Singapour, c’est l’échec de l’endiguement de la première vague qui serait suivie d’une autre. 

En tout état de cause, le prix, humain et social, à payer sera, à ne pas en douter lourd. La résilience prendra du temps. Des économistes prennent la crise de 1929, comme cadre de référence. D’autres se réfèrent aux deux guerres mondiales du siècle dernier. Avec la différence qu’ici les outils de production ne seront pas détruits. Mais les imprédictibles pertes de l’activité économique, avec son cortège de chômage et de faillites, seront probablement cataclysmiques.

La pandémie Codiv19 a pris en otage l’actualité mondiale et local. Le paysage médiatique est chamboulé. L’information est devenue monomaniaque. Le confinement et l’expertise médical ont préempté les Unes des journaux et les plateaux télé. La presse écrite, sur papier, est confrontée à une rude épreuve. Ce n’est pas le lecteur qui lui fait défaut. Ce sont les évènements. En France, la vocation d’un journal comme l’Equipe n’a plus de raison d’être sans les tournois sportifs de tennis, le tour de France, ou les matchs de football dont la couverture fait le bonheur du lecteur. Avec les interminables annulations des festivals cinématographiques, soient-ils ou musicaux, les pages Culture des Tabloïds sont en souffrance.

Cependant, les journaux qui ont réussi leur bascule numérique continuent à préserver le contact avec leur lectorat. C’est le cas d’un journal comme le Monde, Médiapart ou les sites marocains à qui sied le télétravail. En tant qu’entreprises, l’effondrement des annonces publicitaires, les difficultés d’imprimer mais aussi le problème de distribution (difficulté d’honorer les abonnements pour cause de poste en confinement compris) sont des facteurs qui mettent à mal et ébranlent ce qui a prévalu, jusqu’à là, comme modèle économique. 

A l’instar de la MAP, plus que jamais les Agences s’affirment comme d’un irremplaçable apport. Non seulement elles ont su s’adapter aux circonstances, mais elles ont innové. La MAP a, par exemple, mis à la disposition de ses usagers, des produits quotidiens et gratuits. Elle assure ainsi, et c’est l’essentiel, la continuité d’une information sourcée, vérifiée et complète. Elle est produite, grâce au télétravail, par des professionnels qui obéissent à des règles claires et contraignante.

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