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Aguelmam N’Tifounassine, un paysage du Moyen Atlas à préserver collectivement
Après plusieurs mois consacrés à l’évaluation de la résilience du paysage, les participants à la rencontre devront définir des actions concrètes en faveur de la préservation des écosystèmes, du renforcement des capacités d’adaptation des communautés locales et d’une valorisation durable des ressources naturelles
À Ifrane, le Groupe de recherche pour la protection des oiseaux au Maroc et l’Association Forêt Modèle d’Ifrane réunissent, les 17 et 18 septembre, les acteurs concernés par le devenir d’Aguelmam N’Tifounassine. Objectif : transformer un diagnostic partagé en plan d’action concret pour renforcer la résilience de ce site du Moyen Atlas, préserver sa biodiversité et mieux associer les communautés locales à sa gestion.
Un atelier pour passer du diagnostic à l’action
Organisée au Centre de formation Al Akhawayn, la rencontre s’inscrit dans le cadre du programme international COMDEKS, relevant de l’Initiative Satoyama. Elle rassemblera les principaux acteurs institutionnels, techniques, associatifs et communautaires concernés par ce territoire.
L’enjeu est désormais de franchir une nouvelle étape. Après plusieurs mois consacrés à l’évaluation de la résilience du paysage, les participants devront définir des actions concrètes en faveur de la préservation des écosystèmes, du renforcement des capacités d’adaptation des communautés locales et d’une valorisation durable des ressources naturelles.
Situé à près de 1.913 mètres d’altitude, à une quarantaine de kilomètres d’Azrou, Aguelmam N’Tifounassine compte parmi les zones humides remarquables du Moyen Atlas. Sa superficie varie entre 60 et 70 hectares en fonction des conditions hydrologiques.
Classé Site d’intérêt biologique et écologique, il appartient également aux zones humides d’importance écologique du bassin du Sebou.
Un écosystème soumis à plusieurs pressions
Le lac présente un intérêt important pour l’avifaune et la biodiversité aquatique. Il contribue aussi au fonctionnement hydrologique du territoire, notamment grâce aux interactions entre les eaux de surface et les systèmes souterrains.
Cet équilibre reste toutefois fragile. La raréfaction des ressources hydriques, la récurrence des épisodes de sécheresse, le surpâturage et les risques de pollution constituent autant de pressions susceptibles d’altérer durablement le site.
Ces menaces concernent non seulement les écosystèmes, mais également les populations dont les activités restent liées aux ressources naturelles environnantes.
C’est dans ce contexte que le programme COMDEKS a retenu Aguelmam N’Tifounassine parmi ses paysages pilotes au Maroc, aux côtés du Haut Atlas central et de l’Oued Laou.
Associer les communautés au diagnostic
Ces derniers mois, le GREPOM/BirdLife Maroc et l’Association Forêt Modèle d’Ifrane, avec l’appui d’animateurs communautaires, ont déployé un outil d’évaluation de la résilience des paysages socio-écologiques.
La démarche a été conçue pour placer les habitants et les usagers du territoire au cœur du diagnostic. Traduit en arabe, en français et en amazigh, l’outil a permis de recueillir les perceptions et les connaissances des éleveurs, agriculteurs et autres acteurs locaux.
Les échanges ont porté sur plusieurs dimensions : biodiversité, résilience économique, gouvernance locale ou encore transmission des savoirs traditionnels.
La première journée de l’atelier sera consacrée à la présentation et à la discussion des résultats de cette évaluation. Ceux-ci devront ensuite être validés collectivement afin d’établir une situation de référence commune avec le Comité de paysage.
Construire un plan d’action partagé
La seconde journée sera tournée vers l’élaboration du Plan d’action du paysage. Réunis en groupes de travail, les participants devront identifier des mesures concrètes concernant notamment la gouvernance, la restauration de la biodiversité, la résilience économique et la valorisation des savoirs locaux.
Les organisateurs souhaitent que chaque action soit accompagnée d’un budget, d’indicateurs de suivi et d’une répartition claire des responsabilités. L’objectif est de faciliter, à terme, l’intégration de ces mesures dans les outils de planification territoriale.
La démarche doit également favoriser l’émergence de solutions adaptées aux réalités locales, qu’il s’agisse d’écotourisme, de gestion durable des activités dépendant des ressources naturelles ou de gestion concertée des espaces pastoraux.
Au-delà de la seule protection du lac, l’enjeu est donc de faire d’Aguelmam N’Tifounassine un projet collectif, associant conservation de la biodiversité, développement local et participation communautaire.
L’atelier d’Ifrane entend ainsi consolider une vision commune de l’avenir de ce paysage emblématique du Moyen Atlas, en faisant de la connaissance du territoire et de l’implication des populations locales deux piliers de sa préservation.